Sauf changement, Michel Gbagbo, le fils de l'ancien président ivoirien Laurent Gbagbo, est attendu le 17 février prochain au tribunal de grande instance (TGI) de Nanterre, dans une commune en région Île-de-France.

Il y a été convoqué par la juge d'instruction Sabine Kheris, qui souhaite l'entendre suite à la plainte qu'il a déposée via son avocat, Me Habiba Touré, contre des personnalités ivoiriennes pour '' enlèvement, séquestration, traitements inhumains et dégradants '' pendant son arrestation et sa détention à la faveur de la crise post-électorale. Selon la Lettre du Continent (LC) qui donne l'information dans sa dernière livraison, « Sabine Kheris (re)convoque Michel Gbagbo. Après avoir vu une première demande d'audition à Paris torpillée par les autorités ivoiriennes, la juge d'instruction près le TGI de Nanterre, Sabine Kheris, a de nouveau convoqué Michel Gbagbo. Selon nos sources, la date du 17 février a été arrêtée. Tenace, la magistrate souhaite toujours entendre le fils de Laurent Gbagbo dans le cadre de la plainte que ce dernier a déposée en juin 2012, en France, pour "enlèvement, séquestration, traitements inhumains et dégradants" », lit-on dans la LC. Qui précise que la première audition de Michel Gbagbo, qui a aussi la nationalité française, devait avoir lieu le 05 novembre 2013.

Mais le fils de Laurent Gbagbo, qui fait l'objet d'une procédure judiciaire en Côte d'Ivoire, n'a pas pu honorer ce rendez-vous. Il aurait été empêché de quitter la Côte d'Ivoire, informe la Lettre du Continent, par le ministre de l'Intérieur et de la sécurité, Hamed Bakayoko, qui lui aurait notifié« personnellement cette décision par téléphone la veille de son départ. Un appel d'autant plus surprenant - sur la forme comme sur le fond - que Michel Gbagbo ne fait l'objet d'aucune interdiction officielle de sortie du territoire ivoirien ». Qu'en sera-t-il pour la convocation du 17 février prochain ? Attendons de voir.

Toutefois, faut-il le rappeler, le fils de l'ex-président a été arrêté le 11 avril 2011, en même temps que son père, suite au bombardement de la résidence présidentielle à Cocody, pendant la guerre de contrôle du pouvoir à Abidjan. Conduit au Golf l'hôtel, alors QG d'Alassane Ouattara, il a eu droit à un accueil des plus mouvementé. Coups, blessures et injures, tout y est passé dans cette atmosphère de colère généralisée contre les membres du régime déchu. Michel Gbagbo sera ensuite emprisonné à Bouna, dans l'extrême nord du pays. Son séjour carcéral sera émaillé de plusieurs ennuis de santé, notamment des crises dentaires qui obligeront ses geôliers à le faire hospitaliser quelquefois. Après plus de deux ans de détention, il a bénéficié d'une mesure de mise en liberté provisoire depuis le 5 août 2013.

 

     Source L'inter