source  notre Voie  du samedi 7  juin 2014

Le 11 avril 2011, la France a fini par intervenir directement militairement pour
renverser Laurent Gbagbo. Pendant dix ans, elle s’est cachée derrière une
rébellion qui n’a jamais eu la capacité de faire le boulot. Laurent Gbagbo,
lui, savait depuis longtemps ce qui se tramait. Devant la jeunesse africaine
réunie sous la houlette de Charles Blé Goudé à l’hôtel Ivoire, il avait clairement
présenté les dessous de la rébellion de septembre 2002. A quelques
jours de la décision des juges de la Cpi confirmant ou non les charges, il
n’est pas superflu de faire un petit rappel. Extrait d’un discours historique.

«Certains disent, les rebelles descendaient du nord et les français les ont arrêtés dans le centre, ce n’est pas vrai. ils ont attaqué d’abord abidjan. ils ont concentré le plus gros de leurs forces à abidjan. ils ont attaqué le Bae (la brigade
anti émeutes), la gendarmerie d’agban, ils ont bloqué
la route du camp militaire d’akouédo. nos soldats se sont
battus et les ont chassés d’abidjan. et c’est dans leur fuite que nous n’avions pas les moyens logistiques
de projeter nos militaires derrière eux. Parce qu’ils fuyaient
pour aller en direction du nord. C’est à ce moment que j’ai demandé de l’aide à la france. J’ai demandé à la france de mettre deux ou trois hélicoptère à notre disposition pour qu’on les aide à partir d’où ils venaient. naturellement,
la france a refusé, on comprendra plus tard pourquoi.
Ce coup d’etat a échoué, puisqu’ils ont été repoussés. Jusqu’à la fin de la médiation d’eyadéma à Lomé, il y avait une nature de cette attaque que je vais vous expliquer. dès
qu’ils ont attaqué, la Cedeao a convoqué une réunion à accra. Ce qu’on a appelé accra i. on a discuté, les chefs d’etat m’ont manifesté leur solidarité. on a pris une très belle résolution, la plus belle d’ailleurs depuis que cette crise existe. La plus belle sur papier. et, on a créé un comité de médiation
qu’on a confié au président eyadéma. mais jusque-là, on considérait qu’il y avait des rebelles contre l’etat de Côte d’ivoire. et que ces rebelles-là, il fallait les convaincre
pour qu’ils déposent les armes et qu’ils partent. accra i et Lomé, c’était le sens. donc l’etat que je représente, a envoyé une délégation conduite par le président du conseil économique et social, Laurent dona fologo, comprenant
tous les partis qui étaient au gouvernement. Cette médiation, on ne l’a pas laissée aller jusqu’à son terme. Pendant qu’elle se déroulait, on a convoqué marcoussis. a partir de marcoussis, la nature du conflit a été changée par les négociants. on n’a plus considéré l’etat de Côte d’ivoire. on a parqué des partis politiques à marcoussis et on leur a demandé de signer une déclaration. moi-même, j’ai pris
connaissance de ce document une fois que je suis arrivé à Paris pour la réunion de kléber. J’ai été mis devant le fait accompli. mais, je ne suis pas un pleureur, je ne pleure
pas. mais, j’ai regardé le papier, le contenu était simple : Gbagbo, pour le moment tu vas rester là, mais donnes ton pouvoir à quelqu’un que nous te désignons et puis petit à petit, on va te pousser à la porte. et après, tu partiras
et puis celui que nous attendons viendra s’installer. mais moi, je ne ferai pas ça. mais, moi, je ne ferai
pas ça ! J’ai regardé le papier et j’ai dit : la lutte ne fait que commencer. et la lutte a commencé effectivement.»