Arrêtez affi n’Guessan. C’est tout ce qu’on peut retenir de l’interview d’ahoussou Kouadio Jeannot parue dans le quotidien
gouvernemental fraternité matin du mercredi 16 avril dernier.

l’ex-premier ministre ahoussou Kouadio Jeannot, actuel
ministre d’etat auprès du chef de l’etat alassane Dramane
ouattara en charge du dialogue politique avec l’opposition,
a accordé une longue interview, le mercredi 16 avril
2014, au quotidien gouvernemental fraternité matin. Dans
cette interview publiée sur deux pages, l’ex-premier ministre
de ouattara menace le président du front populaire
ivoirien (fpi) si celui-ci ne se tait pas et ne ferme pas les
yeux sur les dérives du gouvernement. Du moins, si le
président affi ne se conforme pas aux desiderata du gouvernement dans la conduite du dialogue politique. «Comme je
l’ai plusieurs fois indiqué, j’appelle M. Pascal Affi NGuessan
à éviter de prononcer des discours mortifères. Nul n’est audessus
de la loi et le fait d’être président d’un parti politique
n’offre aucune immunité. La fragilité de la paix reconquise
reste encore le talon d’Achille de notre pays et le gouvernement
saura se montrer ferme et situer par-là même les responsabilités
en cas de trouble à l’ordre public. La paix si chèrement
acquise doit être protégée et elle le sera». voilà les
propos tenus par ahoussou Jeannot à l’endroit du président
du fpi. Quand on parcourt cet entretien, on se rend compte
qu’ahoussou Jeannot entendait juste intimider pascal affi
n’Guessan en brandissant la menace de se voir arrêter.
en réalité, le régime ouattara a été sonné par les dernières
décisions prises par le comité central du fpi suite au
refus du gouvernement de prêter une oreille attentive à
ses revendications. et surtout après le transfèrement de
charles blé Goudé à la cour pénale internationale (cpi). a
savoir le fait de prendre acte de la rupture du dialogue politique
et le boycott du recensement général de la population et de l’habitat (rgph). manquant d’argument et de méthode pour ramener le fpi à la table de discussions, celui à qui ouattara a
confié le dialogue politique avec l’opposition n’a pas tardé
à montrer sa face. celle du tyran qui ne connaît que la
voie de la violence et de la répression sauvage.
la posture adoptée par ahoussou Jeannot montre
qu’il ne connaît vraiment pas le fpi et qu’il refuse même de
tirer les leçons du passé récent. on se souvient très bien
que c’est le même ahoussou Jeannot qui, poussé par le ministre
Kobena Kouassi adjoumani, a fait prisonnier le président
affi et tous les autres pro-Gbagbo qui s’étaient mis à l’abri des tueurs de l’ex-rébellion à la nouvelle pergola. c’est aussi lui qui a pris l’unique décision du gel des avoirs des pro-Gbagbo. c’est
encore lui qui avait décidé de transférer tous les prisonniers
politiques dans les maisons d’arrêt dans le nord du pays
qui était sous contrôle de l’exrébellion. mais ces privations
arbitraires de liberté dans des conditions humiliantes n’ont
pas ramolli affi et ses camarades du fpi. bien au contraire, la prison les a plutôt confortés dans leur combat pour l’avènement d’une société juste, démocratique et libre. Dès lors, ahoussou
Jeannot aurait dû comprendre que la prison ne peut constituer
un moyen de dissuasion, pas même pour le dernier des
militants du fpi. a plus forteraison pour le premier d’entre
eux, le président affi n’Guessan

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