Elle se refait une vie en Belgique avec son époux François Kency depuis la chute de Laurent Gbagbo, son mentor. Elle, c’est Hanny Tchelley, l’une des figures emblématiques de la résistance pro-Gbagbo.
Qui vraisemblablement ne semble pas prête à retourner sur les terres de ses ancêtres. En tout cas pas de sitôt si l’on en croit ses dernières publications sur Facebook. Il y a quelques jours, s’appuyant sur ce qu’elle a qualifié de « Nouveau massacre de détenus à Abidjan» relativement à la fusillade qui s’y est déroulée le 06 Février dernier, l’actrice et réalisatrice de cinéma s’insurgeait contre la venue prochaine de François Hollande à Abidjan.

Hier encore, Dimanche 08 Février, la promotrice du Fica (festival international du court métrage d’Abidjan) et membre de l’ex-galaxie patriotique s’est fendue dans un long sermon, qui on l’imagine, avait pour objectif de ramener ses compagnons de lutte à plus de cohésion et à plus de respect les uns envers les autres.

« Avons-nous oublié le pays de non droit qu’est devenu la Côte d’Ivoire, la misère des populations? (…) Si nous ne savons pas qui est notre adversaire, si à la moindre « faute» nous sommes prêts à nous entre-déchirer publiquement, c’est à désespérer de la Côte d’Ivoire de demain! » estime-t-elle.

A un moment où des caciques du camp Gbagbo (Marcel Gossio, Affi N’Guessan, Eugène Allou pour ne citer que ceux-là) parlent de plus en plus de réconciliation et où de nombreux militants du Fpi ne sont plus en phase avec les discours guerriers qui ne les font pas avancer, il faut se demander ce que recherche Hanny Tchelley en tenant de tels propos.

Au fond, “Le pays de non-droit” dont elle parle n’est-il pas celui que vient de regagner Marcel Gossio (ex-Dg du port autonome d’Abidjan) et bien d’autres militaires proches de Laurent Gbagbo.

N’est-ce-pas ce “pays de non-droit” dans lequel des militaires qui avaient déserté les rangs de l’armée ont été réintégrés et viennent même de percevoir leur solde? N’est-ce pas aussi ce “pays de non-droit”, comme elle le dit si bien qu’a accepté de visiter François Hollande et bien d’autres chefs d’Etat avant lui? Bref, Hanny Tchelley a vraisemblablement laissé tomber le métier des arts de la scène, un métier qui lui réussissait si bien.

L’on se souvient de ce famueux rebelotte avec Bamba Bakary dans le film de Bal poussière de Henri Duparc. On se souvient aussi de ce festival qu’elle avait organisé pour redonner au cinéma ivoirien ses lettres de noblesse. Pourquoi, ne reviendrait-elle pas à ce métier qui l’a révélé au public ivoirien pour justement contribuer à la dynamique de paix et à la réconciliation nationale ? Question de bon sens.

Francis K.
Source : Le Démocrate