Abidjan - Des organisations de défense des droits de l‘homme de la sous-région ont dénoncé, jeudi, à Ouagadougou (Burkina Faso), la présence de troupes et de matériels militaires étrangers notamment français sur le sol africain et leurs interventions en Afrique de l’Ouest. 

« 35 participants venant du Benin, du Burkina Faso, de la Côte d’Ivoire, du Mali et du Niger dénoncent la présence de troupes et de matériels étrangers ainsi que les interventions militaires étrangères en Afrique de l’Ouest et exigent le respect du droit des peuples de la sous -région à régler leurs différends sans ingérence extérieure », a déclaré le secrétaire général du MBDHP Aly Sanou.

M. Sanou qui s’exprimait lors d’un point de presse marquant le bilan d’un colloque régional sur « la démocratie, la paix, la sécurité et le développement de l’Afrique de l’Ouest », organisé les 25 et 26 novembre 2013 par son ONG, a appelé à la « constitution d’une plateforme d’organisations régionales en vue de la défense de la souveraineté des Etats de la région ».

« La démocratie, la paix et la sécurité sont les raisons généralement avancées pour tenter de justifier ces ingérences militaires », ont souligné les participants, ajoutant qu’« en réalité, l’Afrique de l’Ouest dans son ensemble, regorge d’immenses ressources minières et énergétiques qui attisent la convoitise des grandes puissances ».

« La présence militaire obstrue le développement réel des forces armées nationales de la région, perpétue également le système de domination hérité de la période coloniale », a martelé M. Sanou.

A titre illustratif, sur les neuf points d’appui militaire français sur le continent africain, cinq sont situés en Afrique occidentale à savoir, la Cote d’Ivoire, le Sénégal, le Mali, le Niger et le Burkina Faso, a-t-il relevé.

Les défenseurs des droits de l’homme ont décidé de renforcer leur collaboration et de mettre en œuvre une synergie d’actions en vue de jouer leur rôle d’éducation et de sensibilisation des populations à la base sur les dangers que constituent les ingérences militaires extérieures.

Créée en Février1989, le Mouvement burkinabè des droits de l’homme et des peuples (MBDHP) s’est assigné pour mission, la promotion et la défense des droits fondamentaux et des libertés individuelles et collectives de la personne humaine.

Cette levée de bouclier intervient au moment où, des troupes françaises, sous mandat de l’ONU, s’apprêtent à intervenir en République centrafricaine, en appui à la force de l’Union Africaine, pour mettre fin aux nombreuses exactions et exécutions sommaires en cours dans le pays, après le coup d’Etat qui a renversé le Président François Bozizé, et également après l’intervention française au Mali qui a permis de chasser les Djihadistes de ce pays.

(AIP)