Alassane Dramane Ouattara, a soutenu, le lundi 6 janvier 2013, à la cérémonie de présentation de vœux au palais présidentiel à Abidjan-Plateau, avoir instruit le ministre de l’intérieur, et le ministre de la défense, à l’effet de mettre fin aux activités paramilitaires des dozos et de les ramener dans leur sphère naturelle. Il a, par ailleurs, révélé avoir réinséré 27000 ex-rebelles dans le tissu social. Par ces deux faits, Ouattara avoue son incapacité à régler la question cruciale des dozos et à traiter les Ivoiriens (ex-rebelles et ex-combattants) avec équité.

Disons-le tout net ! Il n’est en fait un secret pour personne que les dozos qui, à l’origine, étaient une confrérie de chasseurs traditionnels sont devenus depuis la rébellion armée de septembre 2002, une milice armée pro-Ouattara. Après avoir tué, torturé, contraint à l’exil ou chassé, en connivence avec les rebelles, tous ceux qu’ils soupçonnaient d’être pro-Gbagbo ainsi que les fonctionnaires et agents de l’Etat dans les zones ex-CNO où ils régnaient en maîtres absolus, ils ont envahi toutes les autres régions du pays depuis la guerre postélectorale suite à laquelle leur mentor, Alassane Dramane Ouattara, a été installé au pouvoir. Leur mission à travers le pays est d’intimider par tous les moyens ou même torturer les populations pour les amener à renier le président Laurent Gbagbo. Ils ont pour ce faire érigé des camps de fortune et des barrages dans des milliers de villages et hameaux du pays.
Et comme les Frci, dozos et autres milices pro-Ouattara sont visiblement les seuls à détenir illégalement des armes en Côte d’Ivoire, au su des autorités, les populations civiles craignant pour leur vie sont tétanisées par la peur. Jouissant d’une totale impunité parce qu’ils ont contribué à installer Alassane Ouattara au pouvoir par les armes, les dozos pourraient également être utiles en 2015 pour un nouveau passage en force de leur mentor. C’est donc Alassane Dramane Ouattara, lui-même, qui peut ordonner le désarmement de sa milice et son retour dans sa sphère géographique d’origine. Ce dont visiblement il n’est pas capable. C’est ce que l’opinion nationale et internationale attend de M. Ouattara. Autre déclaration qui a aussi retenu notre attention au cours de la cérémonie de présentation de vœux, c’est l’annonce fait par Ouattara d’avoir réinséré dans le tissu social, 27000 ex-combattants. De quels ex-combattants parle-t-il ? Puisque seuls les ex-rebelles pro-Ouattara sont pris en compte par cette fameuse réinsertion. Aucun ex-combattant ayant défendu la république incarnée par le Président Gbagbo n’a été réinséré. L’unique sort que Ouattara a réservé aux ex-combattants pro-Gbagbo, c’est soit la prison, soit l’exil. C’est ainsi que les geôles du régime Ouattara sont pleines d’ex-combattants pro-Gbagbo. Dans un récent débat contradictoire sur les antennes de la radio française, Rfi, l’ex- ministre Alphonse Douati, vice-président du Fpi, avait dénoncé l’exclusion dont sont victimes les jeunes ivoiriens qui ont défendu la république sous le président Gbagbo. Ses contradicteurs, Mamadou Touré, conseiller d’Alassane Ouattara et l’ex-ministre Dagobert Banzio du PDCI n’ont apporté pas la preuve du contraire. Banzio a maladroitement tenté de justifier l’exclusion de ces jeunes gens par le fait qu’ils sont en exil. Oubliant qu’ils y ont été contraints par le régime Ouattara. Et que, par ailleurs, ceux d’entre eux qui sont en Côte d’Ivoire sont traqués et jetés en prison.
Quand Ouattara affirme avoir réinséré 27000 ex-combattants de l’ex-rébellion armée et aucun des partisans de Gbagbo, il montre qu’il n’est pas capable de traiter les Ivoiriens sur un même pied d’égalité. En clair, Alassane Dramane Ouattara gouverne la Côte d’Ivoire au profit de ses partisans. C’est d’ailleurs tout le sens de la politique de rattrapage comparable à l’apartheid qu’il a instaurée. Une politique qui fait la part belle aux ressortissants du nord au détriment des autres Ivoiriens. Une politique abjecte, à banner

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