La fin de la visite d'Etat d’Alassane Dramane Ouattara dans la région de Yamoussoukro a été marquée notamment par la douche froide que M. Ouattara a prise à Djèkanou.
Les populations de Djèkanou n'ont pas eu la langue de bois pour évoquer des malheurs que l'ex-rébellion armée pro-Ouattara leur a infligés à partir de septembre 2002. C’était face au chef de l’Etat, Alassane Dramane Ouattara, vendredi dernier. Pour les populations de ce jeune chef-lieu de département, faisant partie des localités fortement affectées par la rébellion armée de 2002, Alassane Ouattara se présentait comme la personne la mieux indiquée pour écouter ses pleurs. Etant entendu qu’il est intimement lié à la rébellion armée que dirigeait Guillaume Soro Kigbafori, son actuel président de l'Assemblée nationale. « De Djèkanou, la coquette, nous sommes à Djèkanou, la sinistrée. Djèkanou est face à une pauvreté galopante comme partout dans le Bélier », lance le premier adjoint au maire, M'bra Koffi Joseph. Puis, le porte-parole des populations enfonce le clou. « La crise de 2002 a occasionné ici de nombreuses pertes en vie humaine, des mutilés, des disparus, des destructions massives des biens et la profanation des lieux sacrés », a dit, amer, le député Brou Koffi Réné. Devant un public qui a du mal à retenir ses larmes. Piqué au vif, Ouattara lâche : « pardonner est un acte très fort. Quand il s'agit de ceux qui ont souffert ». Mais pardonner à qui ? Ouattara ne dit rien à ce sujet. Au grand dam des populations.
Bouclant sa visite d'Etat dans le Bélier, samedi dernier, avec un meeting à la place Jean-Paul II où il s'est réjoui du dialogue entre le Fpi et le Rdr. « J'encourage le Fpi à continuer le dialogue », déclare-t-il.
Revenant sur l'actualité lors de sa conférence de presse, il se montre dur envers l'Onu.
« Le rapport des experts de l'Onu est faux, indigne et mensonger. Je l'ai déjà dit. J'ai appelé Ban Ki-Moon au téléphone. Nous en avons parlé. Ces soi-disant experts en auront pour leur compte ». C'est sur ce ton vindicatif, qu'Alassane Ouattara a répondu au journaliste qui demandait sa réaction sur le récent rapport de l'Onu faisant état de ce que le régime ivoirien, par des mercenaires interposés, étaient aux trousses des exilés politiques pro-Gbagbo au Ghana pour tenter de les assassiner

notrevoie