Cette phrase d’Alassane Ouattara adressée aux “mutins”, dans un contexte politique particulier, qui a vu la chute du régime de Ouaga, dévoile l’état d’âme de « l’homme fort d’Abidjan , dont le but est d’établir, avant tout, de manière subtile, une comparaison entre Ouaga et Abidjan : « Un Ouattara fait ce qu’il dit (il tient sa promesse), un Compaoré non (Je ne suis pas Blaise Compaoré, semble-t-il dire en substance) ! ». Ce Chef d’État africain installé par la France conforte son pouvoir parce qu’il joint l’acte à la parole : « cinq millions pour une vie » fut la promesse faite à ces « pauvres » mercenaires, et elle sera tenue affirme ce fils du Mandingue, fier des origines de son patronyme Ouattara. Il demande, par ailleurs, à ses soldats de lui être reconnaissants puisqu’ils sont devenus, par sa volonté, contrairement aux accords de Ouaga, des soldats ivoiriens qui côtoient des professionnels de ce métier ; les FDS, qu’ils ne peuvent s’empêcher de narguer, quotidiennement, puisque ces derniers, vaincus, au cours de la guerre livrée par Ouattara à la Côte d’Ivoire, « son propre pays », sont désarmés, à la merci, aussi bien de « fanatiques » pour lesquels le patronyme Ouattara est une clé de sésame que de mercenaires mus par des préoccupations pécuniaires.

Après avoir acheté des vies humaines pour accéder au pouvoir, Ouattara, face aux mutins, verse des larmes de crocodile, et prétend avoir vraiment « souffert » de voir des « Ivoiriens » s’entretuer pour le porter au pouvoir, lorsque, confiné à l’hôtel du Golf, il était protégé par les casques bleus et l’armée française.
Si nous analysons ses propos contradictoires, nous nous rendons compte qu’étaient, en réalité, opposés, durant la crise postélectorale, des pseudo-ivoiriens, qui offraient leur vie pour cinq millions (les partisans de Ouattara) à ceux dont le combat était idéologique ; il s’agit des démocrates, des partisans de Gbagbo, président de la République ivoirienne, au moment des faits. Menacer aujourd’hui de faire tomber le régime d’Abidjan, s’ils ne perçoivent pas leur dû, est un acte des mutins qui contredit la thèse de Fatou Bensouda, selon laquelle Gbagbo aurait ourdi un complot visant à exterminer les Ivoiriens du Nord de notre pays. Gbagbo, Chef d’État, avait pour devoir de défendre son pays contre toutes formes d’agressions.

Ébranlé, justement par les mutins, qui l’ont porté au pouvoir, l’attitude de Ouattara a démontré la fébrilité de son régime, sa dépendance vis-à-vis des mercenaires, qui ont vu toutes leurs doléances acceptées. Sa phrase, désormais, célèbre : « Un Ouattara donne sa parole et la tient » n’est qu’un slogan, qui s’inscrit dans le cadre d’un marketing politique dont le but est de rassurer les cibles suivantes : l’opinion publique internationale, précisément, la France et ensuite les mercenaires burkinabé, étrangers, tous affolés par la chute imprévisible de Compaoré. Comment Ouattara, un
mortel, réussit-il, contre vents et marées, à faire ce qu’il désire ?
La réponse nous vient de la mutinerie ; il se contente d’acheter aussi bien la conscience que la vie des uns et des autres. Il atteint ses objectifs au moyen de l’argent et des armes (en faisant usage de la violence). Ceux qui, une fois « achetés », refusent de se soumettre à son dictat, courent, à l’instar d’IB, le risque d’être éliminés physiquement de l’arène politique, afin de ne pas gêner sa montée politique fulgurante, opposée à toute forme de contradiction. Victime de son immaturité politique, manipulé par ses maîtres, les témoignages audio-visuels d’IB dévoilent que les objectifs originels que s’étaient assignés les fils du Nord ne sont pas ceux de Ouattara dont les mercenaires prennent, jusqu’à ce jour, plaisir à tuer, à torturer les Ivoiriens, à leur inspirer la crainte d’un mortel, qui s’élève, au rang des « dieux », sinon du Dieu unique, en affirmant tenir toujours ses promesses. N’ayant plus pour base-arrière le Burkina Faso, qu’envisage faire Ouattara désireux de conquérir, pour la seconde fois, le pouvoir d’État en Côte d’Ivoire ?

Ses actions sont assez perceptibles puisque depuis son arrivée sur la scène politique ivoirienne notre pays connaît de fortes douleurs de l’enfantement. Il a déjà réussi, plus ou moins, à « dompter » l’Alliance politique qu’est le RHDP, en « s’imposant » comme candidat unique aux élections présidentielles de 2015. Au sein du FPI, ses taupes jouent le va-tout ; elles abattent toutes leurs cartes, en vue des élections de 2015, car la défaite de Ouattara sonnerait, pour elles, comme un glas ; la fin de leur carrière politique.
Continuer de suivre, contre leur gré, Gbagbo serait, pour elles, aller à vau-l’eau ; faire signe de passivité, d’inaction, face à l’adversaire « redoutable » qu’est Ouattara ; l’homme de la France. Cette crise du FPI, qui n’en est pas une, en réalité, grâce à la figure charismatique du président Gbagbo, disculpe, en effet, de manière providentielle, le leader socialiste et son ministre Blé Goudé, emprisonnés à la Haye.
L’impossibilité pour Fatou Bensouda d’établir un lien direct entre Gbagbo et les crimes contre l’humanité dont il est accusé, démontre que des personnalités proches du célèbre prisonnier, furent « achetées » par des adversaires politiques, dans le but de saper, de l’intérieur (au sein du FPI), sa gouvernance, de nuire à sa personne, en l’empêchant de réaliser ses politiques de développement. Une analyse politique logique, exempte de tout préjugé, qui aurait pour objet de son étude l’opposition de certains dirigeants du FPI à la candidature de Gbagbo à la tête de ce parti socialiste, mettrait, automatiquement, en évidence, comme l’ont déjà souligné, d’illustres personnalités, des sentiments de jalousie, de convoitise, de haine, et surtout de vengeance, puisque Gbagbo avait choisi, cahin-caha, de gouverner, selon la justice, notre pays, en n’intervenant pas dans des procès de certains de ses proches.

En politique, dit-on, il n’y a pas de trahison, il y a des différences d’opinions, si et seulement si, cette adversité rampante, au sein du FPI, vis-à-vis de son leader charismatique, démontre, par exemple, le dynamisme, l’attachement de ses militants aux valeurs propres à la démocratie. Il y a, cependant, trahison lorsque nos positions radicales nuisent à la vie de nos adversaires, à la survie de notre famille politique. Judas Iscariote ne fut appelé traître que lorsqu’il livra son maître à ses bourreaux. Bien avant ce jour fatidique, ses points de vue sur la charité ou d’autres questions fondamentales inhérentes à notre existence, forgeaient la conscience de tous les disciples puisqu’il poussait le maître à leur enseigner comment séparer l’ivraie de la bonne herbe. Si Gbagbo était un dictateur, comme veut l’insinuer Fatou Bensouda, nous n’aurions pas assisté, au sein du FPI, à tous ces débats ouverts, houleux, et constructifs. Les leaders de ce parti politique ont, contrairement, à ce qu’affirment des taupes, une lecture objective, éclairée, des événements politiques que traverse notre pays. Un exemple édifiant nous a été récemment donné, lorsqu’il fut demandé, expressément, à Gbagbo, d’exprimer à Affi son intention de reprendre les rênes du FPI. Une telle requête aurait permis à Fatou Bensouda de défendre son frère mandingue Ouattara, en accusant le leader socialiste de s’accrocher au pouvoir, et d’avoir tout planifié pour empêcher Ouattara et les fils du Nord de gouverner la Côte d’Ivoire. Ce piège subtil a été déjoué puisque Gbagbo n’a fait que répondre, positivement, à la volonté de son peuple, et non à la sienne, en adressant une lettre aux instances de son parti politique, dont l’authentification est assermentée par maître Robbert Buurke, notaire résident à Amstelveen, Pays-Bas (Connectionivoirienne.net).

La candidature de Gbagbo à la tête du FPI lui aurait été donc préjudiciable s’il exprimait un désir personnel, contraire à la majorité des militants. L’implosion souhaitée du FPI, subtilement évitée, qu’envisage, concrètement, Ouattara dont le soutien militaire est branlant? Les récents événements politiques nous montrent que la France et Ouattara veulent, en définitive, conformément à la realpolitik, se débarrasser de Compaoré, afin d’avoir, surtout, le contrôle de ses troupes stationnées en Côte d’Ivoire, en l’extradant, non à la Haye, mais au Burkina Faso, où il sera possible d’étouffer de nombreux secrets d’État. Compaoré en prison, les mutins burkinabé seront obligés de n’obéir qu’à Ouattara, qui fait toujours ce qu’il dit. Il a, en effet, besoin de cette armée de mercenaires burkinabé, et non du vote des populations ivoiriennes pour conquérir le pouvoir d’État en 2015. En France, commence à pointer du nez, un de ses soutiens indéfectibles, Sarkosy. Ce qu’il faut donc redouter dans notre pays, c’est l’anticipation des plans machiavéliques que peut préconiser un régime fébrile. La fin justifiant les moyens, nous avons déjà commencé à assister à des arrestations dont le but est de susciter la colère des Ivoiriens, des militants du FPI, et créer, ainsi, les conditions d’un état d’exception. Pour semer le chaos en Lybie, Sarkosy n’a pas hésité à créer les conditions de l’assassinat de Kaddhafi, pour se débarrasser du commando invisible d’Abobo, l’on n’a pas lésiner sur les efforts pour éliminer leur général IB. Quelles sont les prochaines victimes sur cette liste macabre qui s’inscrit dans la stratégie politico-militaire de la terre brûlée ? « Quand un Ouattara donne sa parole il la tient », méfions-nous de cette maxime qui s’apparente à la « prophétie » suivante : « Je rendrai ce pays (la Côte d’Ivoire) ingouvernable ». Il est opportun de poser cette question à la juriste Fatou Bensouda, diplômée en droit maritime, procureure de la CPI : « Qui de Gbagbo ou de Ouattara est susceptible de planifier le plan d’extermination d’un peuple, est-ce celui qui a choisi de le rendre ingouvernable, en se substituant à l’État (puisqu’il fait ce qu’il dit) ou Gbagbo, le Chef suprême des Armées ivoiriennes qui a choisi de le rendre gouvernable, en obéissant à la Constitution de son pays, qu’il avait devoir de défendre contre l’agression de rebelles basés au Burkina ?

Une contribution par Isaac Pierre BANGORET (Écrivain)