À la faveur de la phase finale de la coupe du monde de football au Brésil, l'humoriste intervient sur la chaîne canal+ Horizons avec l'émission ''Prof de Foot'', dans un rôle de Professeur de Football. Dans cet entretien accordé à L'inter, entre deux spectacles, l'humoriste aborde la débâcle des Eléphants tout en évoquant ses rapports avec ses collègues ivoiriens.

Comment êtes-vous devenu subitement ''Prof de foot'' ?
Nous avons remarqué qu'à la faveur de la coupe du monde de football, tous les téléspectateurs ont, unanimement un amour pour le football. Mieux, ils veulent voir leurs équipes nationales aller le plus loin. Malheureusement il y a quelquefois beaucoup de déception. Certains, à force d'avoir des déceptions régulières ne veulent plus supporter leurs équipes. Il fallait donc intéresser, autrement cette catégorie de supporters à ce tournoi, qui est quand même, une grande fête de football. Il nous revenait donc de créer une lucarne pour intéresser les gens tout en expliquant de façon terre à terre ( ndrl langage plus simple), mais plus comique quelques mots du football pour ces ''novices''. On ne pouvait trouver que le titre de professeur. Parce que c'est sur les bancs qu'on apprend.

On pourrait dire que le mondial vous sourit à vous personnellement?
Oooh, Le mondial m'a souri, en quelque sorte oui. En tant que comédien, on a toujours voulu participer à ce genre de fête. Et l'occasion nous a été donnée, de le faire. Et on l'a saisie.

Pouvez-vous nous parler de cette collaboration avec Mamane, auteur du texte de cette capsule?
Avant tout propos, je voudrais commencer par dire que Prof de foot est une idée de Mamane avec sa structure Gondwana City Production (GCP). Il y a eu de nombreux prestataires qui ont postulé. Et le choix s'est porté sur moi. Je me suis alors dit que c'était une autre opportunité qui venait de s'offrir à l'Afrique de pouvoir s'exprimer. Cette idée de travailler ensemble est née à l'issue d'une rencontre avec Mamane à et Michel Gohou à Paris (France) à l'émission Plus d'Afrique. C'est à partir de ce moment, on s'est dit qu'il fallait qu'on fasse quelque chose ensemble. Chacun s'est mis au travail dès que nous sommes rentrés au pays pour concrétiser ce qu'on s'était dit à Paris. D'où la création de Gondwana City production ici à Abidjan. Puis s'en est suivi la signature des contrats, et le travail a démarré. Aujourd'hui ma carrière, celle d'Adama Dahico, de Gohou Michel, du jeune Boukary sont gérées par cette structure.

Comment pouvez-vous expliquer ce choix spécifique sur votre personne ?
Ici à Gondwana City, on se dit que nos talents sont complémentaires. Au point où chacun y trouve son goût avec le style de chacun des comédiens regroupés au sein de GCP. On a fait des essais, on a même envoyé des images. Et le choix s'est porté sur moi.

Certains pourraient dire que c'est une trop grande promotion pour vous ?
Effectivement ! Puisque c'est grâce à cette capsule que certains expatriés vivant en Afrique me découvrent. Pour ceux qui me connaissaient déjà, certains se sont félicité de me voir là. J'ai reçu beaucoup de messages d'encouragement. Me disant que je représente dignement l'Afrique et que je porte haut le flambeau de l'Afrique à l'échelle européenne. Tous ces messages me donnent une autre appréciation des responsabilités miennes qui deviennent plus grandes vis à vis de l'Afrique. Et c'est tout à l'honneur du GCP qui a pour but de regrouper tous les meilleurs artistes humoristes d'Afrique pour pouvoir les faire connaître.

Quels sont vos rapports avec les autres comédiens humoristes, tels Adama Dahico, Gohou et autres?
Nous travaillons ici déjà. Eux il n'y a aucun problème entre nous. Par contre au départ, les autres n'avaient pas bien compris le concept. Et je crois que maintenant, les gens commencent à comprendre. Il faut recadrer les choses. Il ne suffit pas d'être vu partout pour dire qu'on est artiste. Mais il faut beaucoup travailler. Me concernant, j'ai passé près de 3 ans dans l’ombre. C'est maintenant que je suis en train de sortir la tête de l'eau pour ne pas rater le train de l'émergence (rires).

Vos rapports avec les jeunes comme Agalawal, Magnifik, Joël et autres?
On a de très bons rapports. Il arrive souvent où ils me consultent pour des conseils. J'assiste très souvent aussi à leurs prestations. Mais le plus, que je ne cesse de leur dire chaque fois que je les vois, c'est de les inviter à travailler à professionnaliser leur travail. J'ai fait ce qu'ils font aujourd'hui, à savoir raconter les blagues, pendant 7 ans à l'ancienne émission ''Dimanche passion'' sur la RTI 1ère chaîne. C'était difficile, parce qu'il fallait créer les blagues chaque dimanche pour faire rire. Je me souviens qu'au départ de cette émission, nous étions plus d'une centaine, et après on s'est retrouvé à deux. Chuken Pat et moi. C'est à l'issue de cette émission qu'on a commencé à avoir des sollicitations. Car il ne faut pas oublier que c'est grâce à Barthélémy Inabo avec son émission qu'on me connaît aujourd'hui.

En tant que ''Prof de foot'', qu'est-ce qui n'a pas marché chez les Eléphants ?
J'ai lu une déclaration d'Emmanuel Adebayor. C'était pertinent. J'estime qu'il faut être objectif parce que quand tu aimes ton enfant tu dois pouvoir lui dire la vérité. Sur papier on est bon, mais on a l'impression que les joueurs ne jouent pas avec le cœur. Nous les artistes, quand on part à l'étranger pour représenter notre pays, même si nos autorités ne savent parfois là où nous sommes, on a le devoir de représenter valablement le pays. Quand il s'agit de défendre le drapeau, il faut mouiller le maillot. On peut perdre un match, mais au regard de l'effort fourni dans ce match perdu, on peut comprendre la défaite. Mais quand on a des performances dans les équipes à l'extérieur, peut-être parce que la-bas, il y a un peu plus d'argent, et que sous le drapeau national, on ne met pas le pied, on ne mouille pas le maillot comme il faut, c'est un peu décevant.

Quelles propositions pouvez-vous faire pour que cette équipe renoue avec la victoire?
Ils n'ont qu'à arrêter leur enfantillage. Il leur faut arrêter les palabres inutiles et les querelles intestines de leadership et autres pour être une équipe soudée. Où il y a le respect et la discipline. Par exemple, à voir jouer les Algériens, on sent que c'est une équipe soudée. On sent que ce sont des gens qui respectent la hiérarchie, le dispositif et les consignes qui leur sont donnés. Ils faut aussi que les dirigeants fassent leur travail. C'est très important de bien faire le travail. J'ai l'impression qu'il y a ''Trop de copinage'' dans notre équipe nationale.

Au-delà de ''Prof de Foot'' sur canal + quels sont vos projets avec Gondwana City production ?
Nous avons un vaste projet qui s'étend à tous les meilleurs humoristes africains. Nous ne voulons pas nous limiter seulement à la Côte d'Ivoire. La preuve, on a des propositions à soumettre à Canal. Mamane est en train de travailler sur ce projet qui mettra sur le même plateau tous les meilleurs humoristes africains. J'ai déjà commencé à consulter tous mes frères ici. Les anciens comme les jeunes qui émergent en ce moment. Et dans quelques jours, chacun doit m'apporter sa vidéo et son texte. Il y aura une commission qui va statuer pour sélectionner ceux qui passeront sur ce plateau. J'ai préféré commencer par la Côte d'Ivoire parce que c'est un carrefour. Et nous voulons tout faire à partir d'ici. Comme ce fut le cas avec le ''Prof de foot'' qui a été tourné à Abidjan. Ça n'a pas été facile mais on s'était imposé de faire cela en Afrique. Et les résultats sont là. C'est vrai qu'il y a des choses à améliorer mais le plus important à atteindre, c'est de regrouper tous les meilleurs artistes sur le même plateau. Et de permettre à nos jeunes de pouvoir s'exprimer sur les grandes antennes et autres chaînes à travers le monde.
Entretien réalisé par Germain DJA K
Source L'inter