Le 16 avril 2004 disparaissait à Abidjan le journaliste d'investigation Franco-Canadien Guy André Kieffer . Comme dans un scenario bien monté tous les regards accusateurs se tournèrent immédiatement vers le Régime du président Gbagbo, soupçonné d'avoir fait taire pour toujours, un témoin gênant qui depuis quelques années enquêtait sur les malversations dans la filière Cacao. Mais comme le relève si bien le Journaliste ivoirien Philippe Brou dans un article (Nouveau Courrier n°407 ) 

“... il est bon de se souvenir que, de tous ses fameux articles publiés sous pseudonyme dans la presse ivoirienne, celui qui a créé un vrai gros « buzz » international mettait en cause... Anthony Ward, le patron de la société Armajaro, notamment spécialisée dans le négoce de cacao, et dont le directeur Afrique est depuis quelques années Loïc Folloroux, le fils de Dominique Ouattara. “

L'article de Guy-André Kieffer mentionné plus haut par Philippe Brou, bien que mettant en cause certaines personnalités de l'ancien régime ivoirien, était plus un plaidoyer contre Armajaro et Cie, coupables d'avoir pour des raisons économiques, financés la déstabilisation d'un des pays les plus stables d' Afrique.

Cette affaire pendant sept années resta donc sans suite, jusqu'en décembre 2011, lorsqu'on apprit à travers les journaux que le juge chargé de l'affaire Patrick Ramaël se serait rendu en Côte d'Ivoire afin d'examiner de nouvelles pistes . Le 04 Janvier 2012, Gérard Koné du Nouveau Courrier publiait le témoignage d'un des présumés assassins qui racontait avec force et détails l'enlèvement, puis l'assassinat du journaliste franco-canadien. L'on apprit alors, par exemple qu'il aurait été enlevé, puis étranglé par cinq personnes avant d'être enterré à quelques kilomètres d'Abidjan. Le lendemain "le nouveau Courrier" dénonçait les menaces de mort reçues par les journalistes de sa rédaction toute la journée du 04 janvier 2012 suite à la publication du témoignage d'un des présumés assassins. Le 06 janvier 2012 l'AFP annonçait la découverte des supposés restes de Guy André Kieffer . Il faut noter des incohérences reprises par la presse française (probablement induite en erreur par la dépêche de l'AFP) sur le lieu de découverte de ces ossements. En effet, l 'assassin affirme avoir (avec ses complices) enterré le corps du journaliste à Sikensi (40 kms d'Abidjan ) alors que l'AFP affirme que les ossements ont été retrouvés à Issia (400 kms d'Abidjan), localité d'origine de deux proches du Président Gbagbo (qui ont longtemps été soupçonnés dans cette affaire, sans preuve objective). 

Le 07 janvier 2012, le nouveau courrier remettait en cause , les conditions de découverte de ces ossements, racontées par la presse internationale , et révélait que le Juge Patrick Ramaël serait venu à Abidjan, en réalité suite aux révélations de son informateur et présumé assassin, qui serait rentré en contact avec les autorités françaises, grâce à un homme des services secrets français installé en Côte d'ivoire Jean-Yves Garnault . Ce même Jean-Yves Garnault qui aurait par la suite menacé les journalistes du "Nouveau Courrier" après la publication de la confession de l'un des présumés assassins . 

Un autre Journal ivoirien NOTRE VOIE dans un article se saisit de l'affaire et dénonce plusieurs incongruités dans la façon dont le Juge Patrick Ramaël aurait conduit cette affaire.

Après avoir ignoré les indications sur la localisation du Cadavre données par l’un des présumés assassins que les journalistes du NOUVEAU COURRIER avaient surnommé « gorge profonde », et malgré le fait que la majeur partie des habitants de Yakro interrogés soit par les journalistes du NOUVEAU COURRIER que par ceux du journal NOTRE VOIE affirmaient mordicus que le cadavre déterré n’était pas celui d’un homme de race blanche, car tout le village avait participé à son enterrement, le juge Ramael s’entêta à effectuer les test d’ADN sur les restes de ce cadavre. Test qui résulteront par la suite négatifs. Pourquoi donc avoir exhumé ce cadavre sur le témoignage d’UN seul témoin, et n’avoir pas exhumé le cadavre indiqué par l’un des présumés assassins ?
Ils existent des preuves qui montrent que le juge Ramael fut mis en contact avec Gorge Profonde à travers l'agent des services de renseignement français Jean-Yves Garnault Alors, pourquoi officiellement « gorge profonde » n'a jamais été interrogé, et pourquoi ses indications furent-elles ignorées ?

Une autre bizarrerie que nous avons découverte le 31 janvier 2012 à l'occasion de l'ouverture de poursuites disciplinaires contre Le Juge Ramael de la part du Garde des sceaux Michel Mercier, est que l'avocat du Juge Ramael Me Alexis Gublin est aussi l'avocat de la famille Kieffer . N'est ce pas là un cas flagrant de conflit d’intérêts.

Dans la nuit du 27 au 28 mars 2012, Adama Koné alias «Gorge Profonde» était assassiné dans un camp de réfugiés ivoiriens au Ghana. 

ACC- Côte d'Ivoire