La Fondation Ivoirienne pour l’observation et la surveillance des Droits de l’Homme et de la
vie Politique (FIDHOP) vient d’apprendre que suite à un conseil des Ministres qui s’est tenu le jeudi 20 mars 2014, sous la présidence de M. Alassane OUATTARA, l’Etat de Côte d’Ivoire dit «
marquer son accord » pour le transfèrement à la Cour pénale internationale de
M. Charles BLE-GOUDE, présidentfondateur du Cojep et ex-ministre de la Jeunesse dans le dernier gouvernement du Président Laurent GBAGBO. Nul doute que cette décision est une
conséquence du scandale des photos révélé récemment par la presse ivoirienne, où l’on a découvert les détenus BLEGOUDE et Jean-Yves DIBOPIEU dans les pires conditions carcérales digne d’un Etat dictatorial. Devant cette grave décision, la FIDHOP marque sa profonde indignation et interpelle vivement les autorités ivoiriennes quant aux conséquences que cet acte
pourrait engendrer sur la paix et la réconciliation en Côte d’Ivoire. En voici quelques points à méditer avant d’exécuter cette décision :
1. Par cette décision, les autorités actuelles du pays confirment qu’elles savent que les Droits de l’Homme sont bel et bien violés en Côte d’Ivoire sous leur règne, comme le témoignent ces photos
dégradantes et inhumaines de ces derniers jours ;
2. Par cette décision, le gouvernement ivoirien prouve que, contrairement aux discours démagogiques qu’il a souvent tenus, les institutions ivoiriennes demeurent inopérantes, voire inexistantes, trois ans après la guerre de 2010 ; sauf quand il s’agit d’exercer une justice des vainqueurs ou une politique de rattrapage ethnique ;
3. Si cette décision de transférer M. BLE-GOUDE à La Haye venait à être mise à exécution, ce serait dire définitivement adieu à la paix et à la réconciliation en Côte d’Ivoire ! Car, après la
vague de « livraisons » des pro-Gbagbo à la CPI, viendrait, inévitablement, le tour des rebelles, Frci et dozo pro-Ouattara. Au regard des dangers qui guettent de nouveau le pays, LA FIDHOP conseille vivement aux autorités de revenir plutôt sur cette décision, de libérer tous les prisonniers
politiques qui se meurent dans les prisons et de garantir les meilleures conditions pour le retour de tous les exilés en Côte d’Ivoire. Dans le cas contraire, que le régime s’apprête à assumer toutes les conséquences liées à sa décision. ■
Fait à Parma, ITALIE, le 21 Mars
2014
Dr BOGA S. GERVAIS
Président-Fondateur de la FIDHOP