La veille de la Tabaski a été une journée sanglante à Buyo. Des Dozos armés ont semé le désarroi parmi les populations autochtones, tuant trois personnes et blessant plusieurs autres. Selon des informations recueillies sur place, tout est parti d'un différend entre un planteur burkinabé et un jeune Bété que le premier accusait d'avoir violé les limites de sa plantation. Le vieux Dalo GOBA, du village de Gribouo dans le département de Buyo, partage les limites de son champ avec un Burkinabé. Dans la matinée du lundi 14 Octobre, le fils du vieux Goba se rend dans la plantation de son père pour y cueillir quelques cabosses mûres. En plein travail, il est interpellé par le Burkinabé. Accusant le jeune homme d'avoir débordé la limite, il lui intime l'ordre de lui rendre toutes les cabosses qu'il a cueillies. Le jeune Bété réplique pour dire qu'il est bel et bien dans le champ de son père. Et que si le Burkinabé conteste, qu'ils se rendent ensemble au village pour chercher des témoins. Chose que ce dernier refuse. Par la suite, dans les échanges il aurait tenté d'assommer le jeune homme qui réussit à fuir pour se retrouver au village. Pendant qu'il informe son père et la notabilité de ce qu'il venait de vivre au champ, une trentaine de Dozos armés jusqu'aux dents font irruption sur les lieux. Surpris de la présence de ce ''bataillon'', le vieux DALO GOBA, qui ne comprenait pas leur présence et reconnu comme le père du présumé voleur de cabosses, est abattu avec son fils à coups de fusil par les Dozos. C'est la débandade dans le village. Comme pour dire qu'ils n'ont pas encore atteint leur objectif, les Dozos vont abattre à coups de hache un autre jeune du nom de ZOLEBA GOULITEY, avant de poignarder à coups de couteaux trois autres autochtones qui sont dans un état comateux à l'hôpital général de Buyo. A l'heure où nous recueillions cette information, le préfet, le sous-préfet, le commandant de brigade de Buyo, et le Député Bodo Pézito Honoré, accourus sur les lieux du crime, ont trouvé une ''armée'' qui menaçait de brûler le village de Gribouo. 


Publié le mercredi 16 octobre 2013  |  L’Inter