L’administration forestière ivoirienne vit un paradoxe. Pendant que l’on dénonce à cors et à cris la déforestation qui a amenuisé de 16 millions hectares à l’indépendance à moins de 3 millions hectares
de forêts à ce jour, le gouvernement ivoirien ne se préoccupe guère du sort de 987 élèves officiers et sous-officiers des eaux et forêts formés pendant deux, quatre et six années dans des écoles de formation en foresterie ! excédés de vivre une situation sans visibilité, ces jeunes gens ont laissé éclater leur colère,
le samedi 5 avril dernier, au cours d’une assemblée générale extraordinaire à l’institut sacré coeur d’Adjamé(isca). «Jusqu’à ce jour, nous n’avons aucune information sur l’évolution du traitement de notre problème
d’insertion. Aussi, toutes les tentatives directes et indirectes pour rencontrer le Premier ministre afin d’avoir
des informations sont restées vaines. L’espoir qui est né après l’intervention du Premier ministre, le 5 septembre 2013,à l’immeuble Sciam au Plateau et la suspension de la formation en foresterie au niveau
de l’institut national de formation professionnelle agricole(Infpa) a disparu. Surtout, lorsque nous constatons
plus loin la fin de la formation de nos frères ex-combattants qui s’apprêtent, sans passer le concours de recrutement, à aller en stage pour 6 mois pratiques à l’office ivoirien des parcs et réserves(Oipr) et à la
Sodefor, des structures sous tutelles respectivement du ministère de l’Environnement et du développement durable et du ministère des Eaux et forêts,censés nous employer.C’est une grave injustice de la
part de nos gouvernants ! », adénoncé l’élève officier ouattara Ziepleu Lacina, porte-parole du collectif des officiers et sous-officiers des eaux et forêts.

Son collègue, Dago franck fait observer qu’ils ont bénéficié d’une formation militaire de maniement des armes
qui les rend opérationnels en toute situation. « Pour nous, si cette situation n’est pas réglée, elle pourrait mettre dans la nature 987 élèves formés aux métiers des eaux et forêts avec tout le risque que cela
comporte vu que ce métier n’est pas libéral car incluant un volet militaire non négligeable », met en garde l’élève officier des eaux et forêts.
Les jeunes gens entendent faire des marches ponctuées par des sit-in jusqu’à obtention de gain
de cause. Depuis 2010, le concours d’intégration de ces élèves à la fonction publique a été suspendu. Provoquant la mise en chômage de ces derniers, à leur corps défendant. L’administration des eaux et
forêts était le seul corps paramilitaire en Côte d’ivoire astreint à un concours d’intégration.
Didier Kéi
l notre voie du mardi 15 avril 2014