la direction de l’Orientation et des Examens (Dorex) : exiger le paiement d’une somme de 6000 FCFA

la direction de l’Orientation et des Examens (Dorex) : exiger le paiement d’une somme de 6000 FCFA

On n’a sûrement pas encore tout vu en Côte d’Ivoire sous la gouvernance d’Alassane Ouattara ! Mais, on aura quand même vu

beaucoup, beaucoup trop d’ailleurs ! On aura surtout

constaté comment les actuels tenants du pouvoir font preuve

d’imagination pour se sucrer sur le dos des Ivoiriens. Et

l’école, prise en otage par ses ogres n’échappe pas à leur

boulimie.

la Voie Originale annonçait dans sa livraison du samedi

19 & dimanche 20 août dernier comment les réclamations

post-affectations en 6ème et en Seconde donnaient lieu à un

commerce juteux auquel se livre le ministère de l’Education

nationale, en dépit de la gratuité de l’école décidée par

le chef de l’Etat (Enfin, c’est ce qu’il avait promis à ceux qui

voulaient croire en lui !). Nous évoquions notamment le paiement

d’une somme de 2000 FCFA représentant les frais

devant accompagner la demande de réaffectation d’un

élève en classe de 6ème ou de Seconde dans un établissement

à sa convenance.

Il y a que à côté de cette démarche,une autre plus ancienne

offre la possibilité aux élèves ‘’mal orientés’’ de s’inscrire

dans l’école de leur choix : la permutation. Par le passé,

il suffisait à l’autorité ministérielle, sur la base de l’accord

convenu entre deux élèves,d’entériner la réaffectation de

l’un dans l’établissement d’accueil de l’autre et vice-versa.

Cette opération était alors entièrement gratuite. Aujourd’hui,

elle est payante et les frais s’élèvent à 4000 FCFA. A la

charge des requérants. Il s’agit là encore d’une autre

forme d’escroquerie dont on peut se rendre compte au vu

des nombreuses affiches portant la mention ‘’Permutation’’

apposés sur des pans entiers de mur des différents centres

de réclamations qui, on le rappelle, fermeront leurs portes le

26 août prochain.

Au niveau de l’Enseignement supérieur, on semble avoir

bien compris la méthode. La trouvaille de la direction de

l’Orientation et des Examens (Dorex) : exiger le paiement

d’une somme de 6000 FCFA pour le retrait des diplômes,

du BTS notamment ! Ce qui n’est pas sans susciter

quelques commentaires.

Même à raisonner par l’absurde,il est difficile de croire

qu’un Etat puisse ‘’confisquer’’ le parchemin d’un étudiant

sous prétexte que ce dernier «n’a pas payé». Le diplôme

sanctionne un cycle d’études et ne saurait être l’objet d’un

tel chantage. Certes, nous ne disposons pas des chiffres

exacts des admis au BTS mais

en nous fondant sur les nombreuses grandes écoles qui existent en Côte d’Ivoire, on devine aisément que les sommes engrangées par les hommes de Ly Ramata, la ministre de l’Enseignement supérieur,

se chiffrent à plusieurs millions de francs. De quoi

faire pâlir de jalousie les régies financières de l’Etat qui peinent

à atteindre leurs objectifs.

«Pendant que le gouvernement nous met la pression,

dans certaines administrations,les gens s’en mettent

plein les poches par des circuits financiers qui échappent

à tout contrôle», nous a confié un agent des Impôts.

Autant le dire, le jeu auquel se livrent ceux qui ont en gestion

l’école ivoirienne est tout simplement scandaleux et honteux

pour un pays qui aspire à l’émergence et à l’avènement

d’un «Ivoirien nouveau». Rien,si ce n’est leur désir de se

remplir les poches, ne justifie de tels agissements. Ce comportement

n’est pas seulement caractéristique de leur pauvreté, il traduit la misère morale de ceux qui nous dirigent.

Cissé Bacongo l’a dit et redit avec force conviction :

«On est assis, on mange». Et l’école, malheureusement, fait

les frais de ses insatiables. Samedi dernier, au cours d’un

rassemblement des femmes de son parti à Treichville, Kandia

Camara, la ministre de l’Education nationale, était

heureuse d’annoncer que le prochain congrès du RDR serait

le lieu de faire le bilan de la gestion du pouvoir d’Etat

par cette formation politique au pouvoir depuis 2011. Il serait

peut-être grand temps aussi pour elle de faire le bilan

de sa propre action à la tête

de ce ministère qui va à la dérive. Les taux exponentiels de

réussite aux examens enregistrés chaque année et dont elle

se glorifie ne sont que de la poudre de perlimpinpin. La

vérité, toute la vérité, est dans le non-dit. Hélas !