Pour l’élection présidentielle de 2015, le National Democratic Institute (NDI), souhaite « la composition de la Cei réorganisée ». C'est-à-dire, constituer une Cei impartiale
et efficace englobant toutes les parties prenantes désireuses de nommer des
membres, et s’appuyant sur un processus de prise de décision transparent. L’Ong
américaine a fait cette recommandation, samedi dernier, à l’hôtel Tiama à
Abidjan- Plateau. C’était à l’occasion d’un petit déjeuner d’échanges réunissant
la classe politique ivoirienne, la société civile et les confessions religieuses.
Le NDI voudrait que la nouvelle Cei soit constituée de la société civile (les associations
professionnelles, les organismes religieux), les partis politiques (suivant une formule qui assure
l’équilibre entre le pouvoir et l’opposition) et des agences gouvernementales concernées pour appuyer les opérations électorales.
« Cette nouvelle structure devrait représenter une amélioration par rapport à l’actuelle et nécessitera un amendement de la loi de 2001 relative à la commission électorale », a fait remarquer
Dr Christopher Fomunyoh, Directeur Afrique du NDI. Qui soutient que la création dans
les délais, d’un mécanisme impartial et efficace de gestion de ses élections, susceptible
d’être compris et soutenu par les candidats, et auquel le public peut se fier, constitue un défi que la
Côte d’Ivoire doit relever de façon immédiate et urgente.

Pour ce qui est de la composition actuelle de la Cei, il préconise comme solution,
de limiter le nombre de ses membres habilités à voteret faire en sorte que
les autres membres aient le droit de participer aux débats, sans droit de vote. Et
que, les critères de sélection des membres de cette structure soient basés sur l’honnêteté,
l’intégrité, la connaissance des questions électorales et l’expérience.
Mais, également que le président de cette institution soit choisi sur la base d’un
large consensus des partis politiques et de la société civile, et surtout, que le nombre
des membres issus du gouvernement et du parti au pouvoir ne constitue pas
une majorité écrasante afin de maintenir l’équilibre. L’établissement rapide et la
finalisation d’un fichier électoral fiable avant le prochain scrutin présidentiel
pour permettre aux électeurs de vérifier les listes et de les rectifier sont
recommandés par le NDI. Pour ce qui est de la situation sécuritaire, le NDI
exige que, des mesures soient prises afin que tous les partis politiques exercent
leurs activités sur l’ensemble du territoire ivoirien. Que les comptes
bancaires et les biens des personnes innocentes soient restitués et celles accusées
de crime financiers poursuivis.

Toujours, sur ce plan sécuritaire, l’Ong américaine demande aux autorités ivoiriennes de
tout mettre en oeuvre pour que les forces irrégulières ne soient pas opérationnelles
dans le pays, avant,et pendant l’élection présidentielle de 2015. Pour Kristen Grauer, représentant
l’Ambassadeur des Etats-Unis en Côte d’Ivoire,2015 est une étape importante.
Car, une élection crédible et pacifique, montrera à l’Afrique et au monde entier,
que la Côte d’Ivoire a tourné la page des conflits. Elle a encouragé les partis
politiques et la société civile à travailler sur la réforme de la Cei.
Les recommandations du NDI font suite au rapport qu’une délégation
de haut niveau a produit suite à la mission qu’elle a effectuée en Côte
d’Ivoire en décembre 2013 et qui lui a permis de rencontrer
toutes les couches sociopolitiques ivoiriennes.Mission qui était conduite
par Joe Clark, ancien Premier ministre canadien ; Brian Atwood, ancien Administrateur
de l’Usaid et plusieurs autres membres venus d’Afrique, d’Europe,
et d’Amérique du nord.

Vincent Deh