Le chef de l’Etat attend le rendez-vous de 2020 avec beaucoup d’incertitudes.

Le chef de l’Etat attend le rendez-vous de 2020 avec beaucoup d’incertitudes.

L e chef de l’Etat ivoirien Alassane Ouattara est candidat à sa propre succession pour un troisième mandat présidentiel. Mais il ne trouve pas pour l’heure, les mots appropriés pour partager cette ambition avec ses alliés du Rassemblement des houphouétistes pour la démocratie et la paix (Rhdp) que sont Bédié, Mabri et Soro. Parce que ces derniers rêvent à haute voix d’être khalife à la place du khalife en 2020.

 

D’où le tourment dans lequel se trouve le numéro 1 ivoirien, qui se grille les méninges à échafauder un plan, sans failles de neutralisation de ses adversaires déclarés. Selon l’information rendue publique par Echos confidentiels le jeudi 8 mars 2018, «Isolé dans sa tour d'ivoire, le chef de l’État entend se mettre en travers de tous ceux susceptibles d'entraver son maintien au pouvoir. A moins de deux ans de la présidentielle, Alassane Ouattara est déterminé à maintenir sa mouvance au pouvoir en rompant l'entente établie depuis 2010 avec le Parti démocratique de Côte d'Ivoire (Pdci) d'Henri Konan Bédié dit "HKB". Les deux formations s'étaient pourtant entendues pour que le candidat au scrutin de 2020 soit issu du Pdci».

 

Vous avez bien lu, Alassane Ouattara n’est pas prêt à céder le fauteuil au Pdci-Rda en application de l’accord secret passé avec son «aîné Bédié» à Daoukro en septembre 2014. Au contraire, il travaille non seulement à écarter Bédié de la course au fauteuil pré- sidentiel, mais également à briser son serment le moment venu pour que disparaisse à jamais le fameux accord de Daoukro. «Ce divorce devrait être acté dans les prochains mois.

 

En privé, il est déjà consommé, "HKB" multipliant les critiques envers la dérive hégémonique du chef de l'Etat. Cette scission, par conséquent, l'éclatement de la coalition du Rassemblement des Houphouétistes pour la démocratie et la paix (Rhdp), qui réunit les partisans de Ouattara et de Bédié, semble d'autant plus inévitable que le patron du Pdci n'a pas l'intention de passer son tour contrairement à 2015. Mieux, l'exprésident chassé du pouvoir en 1999 envisage de se présenter luimême pour deux raisons : prendre sa revanche sur l'histoire». C’est selon Echos confidentiels qui citent La Lettre du Continent (LC N° 772) du 07/03/2018. Et le confrère va plus loin, en lien avec la volonté de Bédié de se présenter en 2020, pour le compte du Pdci-Rda en application de l’accord secret de Daoukro. Selon Echos Confidentiels, Bédié est chaud «parce qu'aucun cadre du Pdci - Jean-Louis Billon, Daniel Kablan Duncan, Jeannot Ahoussou Kouadio, Charles Diby Koffi, Gnamien Ngoran, etc.- n'est, selon lui, à la hauteur de l'enjeu». On le voit, pour Bédié, le jeu en vaut la chandelle. Mieux vaudrait pour le Pdci-Rda un vieux briscard sur la ligne du départ, un vieux singe pour montrer à Alassane Ouattara comment l’on fait des grimaces et des pieds de nez à un allié politique qui ne tient pas parole.

 

Ouattara le sachant, hésite à dévoiler tout son jeu et à jouer cartes sur table. Pour l’heure, il observe son allié désabusé qui peaufine sa stratégie. A en croire les révélations de Echos confidentiels, sa volonté de rempiler ou non pour un troisième mandat «sera fonction du positionnement du "Bouddha de Daoukro", l'idée étant de faire obstacle à son allié. Pour l'instant, Ouattara mise toujours sur Amadou Gon Coulibaly, un Premier ministre en quête désespérée de charisme». Le confrère de terminer son papier par ce qu’il a appelé «Les énigmes Soro-Gbagbo».

 

A ce sujet, le confrère en ligne note ceci : «Outre le refroidissement de ses relations avec HKB, Alassane Ouattara s'est mis à dos tous les autres acteurs qui lui ont ouvert les portes du pouvoir dans le cadre d'alliances politiques ou stratégiques, Albert Toikeusse Mabri, le patron de l'Udpci, et Guillaume Soro en tête. Le président de l'Assemblée nationale considère toujours comme une déclaration de guerre l'arrestation de son directeur du protocole, Souleymane Kamaraté, en octobre, à Abidjan. Plusieurs de ses collaborateurs - dont l'ex-ministre Affoussy Bamba-Lamine - ne peuvent quitter le territoire. Désormais placé sous la protection d'HKB, Soro, qui déroule son propre agenda, s'est irréversiblement détaché du couple présidentiel». «Ce contexte pourrait s'alourdir pour le chef de l'Etat si Laurent Gbagbo bénéficiait d'un non-lieu au terme de son procès par la Cour pénale internationale (Cpi). Un scénario de moins en moins improbable». Avertit le Site internet d’investigation. Décidément, la politique c’est comme le cholestérol, il y en a de bon comme il y en a de mauvais !