Samedi 2 janvier 2016, à Rockville  (dans la région deWashington, DC),une soixantaine d’Ivoiriens (souverainistes, militants

et sympathisants du Front populaire ivoirien) se sont rencontrés à l’occasion de la visite aux USA de Laurent Akoun, président délégué du parti. Organisée par la Fédération FPI-USA, la rencontre débuta à 15h50 par le mot de bienvenue de Phil Nomel qui parlait au nom de Secré Kouakou,représentant du FPI aux

États-Unis d’Amérique. Ce fut ensuite au tour de Laurent

Akoun de prendre la parole.L’invité spécial commença par

présenter ses voeux de nouvel an à l’assemblée. Il souhaita,

entre autres, que nous soyons unis, vigilants, intègres et fidèles

à nos convictions dans la poursuite de la lutte pour la liberté

et la souveraineté de notre pays.

Après la présentation des voeux,ce fut l’exposé proprement dit,

axé sur trois points:

1) Qu’estce que le FPI, quels sont ses objectifs,quels moyens a-t-il choisis pour la conquête du pouvoir et quelles sont ses valeurs?

 

 2) quelle est la situationen Côte d’Ivoire aujourd’hui? 

3) Quelles sont les perspectives d’avenir?

S’agissant du premier point, le conférencier fit remarquer

que le FPI est une organisation privée d’intérêt public

désireuse de conquérir (ou de reconquérir) le pouvoir d’État

par les urnes et de l‘exercer pour le bien de tous les Ivoiriens,

qu’il porte un projet ou une vision, à savoir fonder une

nation africaine (prenant ce qu’il y a de meilleur dans les

traditions ou cultures africaines),

démocratique (prise des décisions autour et dans un

débat contradictoire), socialiste (la solidarité et le partage font

partie des valeurs qui guident le parti) et souveraine (ceux et

celles qui y militent sont opposés à toute forme de domination

à l’intérieur comme à l’extérieur de la Côte d’Ivoire).

La situation actuelle fut le second axe d’intervention du camarade

Akoun.

Pour l’ancien secrétaire général adjoint du FPI, les Ivoiriens vivent aujourd’hui sous une dictature qui systématiquement arrête, emprisonne et réprime tous ceux

qui pensent autrement que le régime.

Ainsi donc, 382 prisonniers politiques, civils et militaires,

croupissent-ils encore en prison pendant qu’on est sans

nouvelles de 228 autres, nous a appris le conférencier qui estime

que la dictature est le propre de ceux qui ont peur de la

contradiction. Conséquence: le pays a beaucoup reculé non

seulement en matière de production artistique mais aussi en

termes de développement.

Or,sans développement, il ne peut y avoir de croissance, a ajouté

Laurent Akoun pour qui la croissance à deux chiffres dont

on nous rebat les oreilles n’est qu’un leurre, tout comme le

slogan “vivre-ensemble” est une vraie escroquerie intellectuelle

dans la mesure où le RDR “veut vivre chez les autres

sans eux”.

L’invité spécial se prononça, en dernier lieu, sur le rôle que le

FPI pourrait jouer dans les mois à venir.

D’abord, Laurent Akoun reconnut que le parti a pu commettre

des erreurs entre 2000 et 2010 (arrogance et enrichissement illicite de certains camarades,non prise au sérieux de certaines

alertes par les responsablesdu parti, manque de

solidarité entre militants, etc.).

Il laissa ensuite entendre que le FPI ira aux élections si les

conditions suivantes sont réunies:

libération de tous les prisonniers politiques, révision du

découpage électoral et de la composition de la commission

électorale indépendante, sécurisation des électeurs et des candidats sur l’ensemble du territoire national.

Enfin, il défendit l’idée que la réconciliation ne peut avoir lieu que si le RHDP, la coalition au pouvoir,renonce à la violence, à l’exclusion et à la pensée unique.

L’exposé prit fin à 17h08. La séance des questions-réponses pouvaitalors commencer. Une personne demanda s’il était opportun de continuer à utiliser l’expression “le serpent n’est

pas mort”. Akoun répondit que,dans l’entendement du FPI, le

serpent symbolise la pensée unique et que le comportement

des membres du RHDP prouve bien que cette pensée unique est

loin d’avoir rendu l’âme. Un autre participant proposa que le

parti soit rebaptisé “Les Refondateurs” car, selon lui, l’appellation

“Front populaire ivoirien” ferait peur à certaines

personnes. Il y eut aussi cette question: le FPI peut-il se réconcilier avec ceux qui ont accompagné et légitimé Dramane

Ouattara lors de la présidentielle du 25 octobre 2015 dont

tout le monde savait qu’elle était truquée et gagnée

d’avance? Pour Akoun, le Congrès de Mama (29-30 avril

2015) ayant fait de Laurent Gbagbo l’unique président du

FPI après la gestion solitaire du parti par l’ex-président et réaffirmé qu’il est hors de question d’oublier les camarades injustement incarcérés/exilés et de se soumettre à la France, c’est sur cette base que les militants du FPI examineront la question du retour dans la famille FPI de ceux qui considèrent que la libération de Laurent Gbagbo passe par une négociation et une collaboration avec la France et avec ceux qu’elle a installés à la tête de notre pays.

Le président délégué du FPI termina son propos en informant

l’assistance qu’il a apporté les statuts, règlements et

code électoral du parti. C’est cette information qui clôtura la

riche et joyeuse rencontre du 2 janvier 2016 qui restera gravée

dans les mémoires non seulement en raison de la qualité des

échanges mais également parce que chacun aura été frappé et

séduit par le franc-parler, la simplicité, l’humilité et l’immense

culture du camarade Laurent Akoun.

Il était 19h15 quand nous nous déportâmes

chez l’ancien ambassadeur Pascal Dago Kokora pour des

agapes fraternelles.

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