Belle surprise que celle faite par certains électeurs français
aux agents dépouilleurs des bulletins de vote lors du denier tour des élections municipales françaises qui s’est tenu le 30 mars 2014. En effet, dans de nombreux bulletins de vote de la
région parisienne, plusieurs dizaines de bulletins estampillés «Libérez Gbagbo », ont été ainsi découverts à la surprise des agents du ministère de l’intérieur. Nos sources indiquent que le phénomène a été également observé dans d’autres régions de la France, surtout dans les zones de forte concentration de citoyens français d’origine africaine, à Marseille, Lyon et Nantes notamment. Aucun mouvement n’a, à ce jour revendiqué une telle action mais les soupçons sont tournés vers le Mouvement des africains de France (MAF) de l’écrivaine franco-camerounaise, Calixte Béyala ainsi que des groupements patriotiques ivoiriens qui battent depuis trois ans, le pavé, en France et partout en Europe, pour la libération du président Laurent Gbagbo, incarcéré à la Haye. Bien évidemment, les bulletins en question ont été déclarés nuls, mais ils sont, au décryptage, vecteurs d’un message important adressé aux dirigeants français actuels, le président François Hollande en tête. Une invitation à réparer une injustice commise en Côte d’Ivoire par le régime Sarkozy qui a fait arrêter, jeter en prison avant de le transférerà la cour pénale internationale (CPI), le président Laurent Gbagbo. Une façon pour ces électeurs de protester contre la politique africaine de la France, telle que menée par l’administration Hollande en laquelle ils avaient placé beaucoup d’espoirs à la chute du pouvoir Sarkozy. Un
vote-sanction qui, au final, a coûté cher au parti socialiste français (PS) à ce scrutin quand on sait que les français d’origine africaine, votent traditionnellement, pour la plupart, à gauche.
Si le parti logé à la rue Solferino cherchait encore les raisons de sa grosse déculottée aux récentes municipales, il en sait désormais un peu plus, avec notamment ce mouvement d’humeur des partisans du président Laurent Gbagbo qui vient s’ajouter au mécontentement général des populations françaises d’origine, liquéfiées par une fiscalité
assommante, un chômage record et une insécurité montante dans presque tout le pays. Gênés aux entournures par le fait, les médias français n’ont jusque-là, aucunement fait cas de ces bulletins de vote barrés de la mention « libérez Gbagbo ! » N’empêche, glisse la source parisienne, l’information est sue aussi bien de la présidence française que du Quai d’Orsay. Cela, par les soins du ministère de l’Intérieur qui a vite fait de remonter ce fait pour le moins insolite qui montre bien l’ingéniosité des partisans de l’ex-chef d’Etat ivoirien dans leur
lutte pour faire triompher la cause
de leur champion.
Aujourd’hui / du Lundi 07 Avril 2014