Comme il fallait s’y attendre, le régime Ouattara a empêché, dans la nuit d’hier, Michel
Gbagbo de s’envoler pour Paris (France) où il devrait répondre, le lundi 17 février
prochain, à la convocation de la juge d’instructionprès le Tribunal de Grande instance de Paris,
Sabine Kheris. Le fils aîné du président Gbagbo, qui avait déjà enregistré ses bagages
sur le vol d’Air France, a été arrêté par des agents de la direction de la surveillance
du territoire (Dst) qui l’ont conduit dans leurs locaux à Cocody. C’est donc à bord
d’un véhicule de la Dst que Michel Gbagbo a quitté l’aéroport d’Abidjan Port-Bouët
vers un lieu de détention. Quand nous mettions hier sous presse, il était encore
aux mains de la Dst. Dans un communiqué rendu public hier au journal de 20h
de la télévision nationale, le procureur général Aly Yéo, soutient que Michel Gbagbo
doit comparaître bientôt devant la cour d’assises d’Abidjan pour des « crimes commis à l’occasion de la
crise postélectorale ». Alors, poursuit le parquet général, un déplacement de Michel
Gbagbo hors du territoire national « risque de compromettre la bonne tenue decette session ».
Pour Me Rodrigue Dadjé, avocat de Michel Gbagbo, qui était hier à l’aéroport
avec son client, « Michel n’est frappé d’aucune mes u r e d’interdiction de sortir du territoire .Il s’agit donc d’un abus ». Selon une source judiciaire proche du Tribunal d’Abidjan-Plateau, que nous
avons jointe plus tard, le procureur général n’a pas compétence pour prendre une ordonnance d’interdiction de sortir du territoire. C’est au juge d’instruction et à la chambre d’accusation
que cela revient. « S’ils ne l’ont pas fait depuis la mise en liberté provisoire de Michel
Gbagbo, c’est qu’ils ne jugent pas cela utile », a précisé la source qui a requis
l’anonymat. Michel Gbagbo a été convoqué par la juge d’instruction
Sabine Khéris pour être entendu dans le cadre de la plainte qu’il a déposée le 14
novembre 2011 devant les juridictions françaises pour « enlèvement, séquestration,
traitements inhumains et dégradants », à l’encontre de Guillaume Soro ainsi que
d’autres ex-chefs rebelles (Morou Ouattara, Hervé Touré dit Vétcho, Chérif
Ousmane, Zoumana Ouattara,Issiaka Wattara ditWattao, Losseni Fofana dit
Loss, Dramane Traoré, OusmaneCoulibaly, GaoussouKoné dit Dja Gao et Martin
Fofié Kouakou).
notrevoie / N°4643 des samedi 15 & dimanche 16 février 2014
Didier Depry et
Anicet Zio