Un collectif de plusieurs associations de jeunesse a condamné, samedi,à Bouaké (Centre-Nord), le mandat d’arrêt international lancé par la justice burkinabè contre le Président de l’Assemblée nationale ivoirienne, Guillaume Kigbafori Soro, jugeant cet acte de « provocation inutile ». « Nous lançons un ultimatum de 72 heures aux autorités du Brukina pour retirer ce mandat d’arrêt qui vient d’être lancé contre Guillaume Soro » a déclaré à APA, le porte-parole de ce collectif, Pegabila Silué. « Au-delà de ce délai de 72 heures, si nous n’obtenons pas de satisfaction,alors nous allons organiser à partir de mercredi prochain, plusieurs séries de sit-in devant le consulat du Burkina Faso à Bouaké pour protester

contre cette provocation inutile » a-t-il menacé.

 

 La justice burkinabè a lancé un mandat d’arrêt international contre Guillaume Soro, le Président de l’Assemblée Nationale ivoirienne, pour sa supposée implication dans le coup d’Etat manqué de septembre dernier au Burkina Faso.

Ce mandat a été lancé par la justice militaire burkinabè en charge du dossier, «dans le cadre de l’enquête sur le putsch perpétré le 16 septembre 2015 par le général Gilbert Diendéré et des soldats de l’ex-Régiment de sécurité présidentielle (RSP) ». Les chefs d’accusation contre Soro n’ont pas encore été dévoilés.

C’est le deuxième mandat d’arrêt international adressé aux autorités ivoiriennes,en l’espace de deux mois. 

 

En effet, début décembre, un mandat avait été lancé contre l’ancien président Blaise Compaoré (qui vit en Côte

d’Ivoire depuis sa chute en fin octobre 2014), dans l’affaire Thomas Sankara. « Acte hostile envers la Côte d’Ivoire

», selon les proches de Soro L'entourage du président de l'Assemblée nationale ivoirienne Guillaume Soro a estimé vendredi que la délivrance d'un mandat d'arrêt à son encontre par la justice du Burkina Faso "serait un acte hostile", tout en soulignant ne pas avoir été informé de l’existence de ce mandat."Si ce mandat était avéré, ce serait un acte hostile contre la Côte d'Ivoire et il ne resterait pas sans réponse",a affirmé à l'AFP Moussa

Touré, un conseiller de M. Soro.

 

 "Nous avons été informés via les réseaux sociaux qu'un mandat d'arrêt contre le président de l'Assemblée nationale ivoirienne aurait été envoyé. La notification par les réseaux sociaux n'a pas de valeur juridique", a-t-il ironisé. Qualifiant le mandat "d’improbable", il a ajouté qu'il n'avait pas "connaissance que le président de l'Assemblée ivoirienne ait été inculpé (...) inculpation qui aurait donné lieu à un mandat".

     Selon une source judiciaire burkinabè, "un

mandat d'arrêt international a été lancé contre M. Soro dans le cadre de l'enquête sur le putsch (raté) et les écoutes téléphoniques", d'une conversation attribuée à Djibrill Bassolé, ex-ministre des Affaires étrangères burkinabè (sous le régime du président déchu Blaise Compaoré), et à M. Soro et diffusée dans la presse en novembre. Guillaume Soro et Djibrill Bassolé , ce dernier, qui fut un homme clé du régime Compaoré tombé en 2014, est actuellement emprisonné - ont tous deux nié depuis avoir eu cette conversation, dénonçant une"manipulation". Dans l'enregistrement d'une quinzaine de minutes, les deux interlocuteurs envisagent la possibilité de soutenir le putsch (alors en cours) mené par le général Gilbert Diendéré, ancien bras droit de Compaoré et chef de Régiment de sécurité présidentielle (RSP),l’unité putschiste.   

 

En décembre, le commissaire du gouvernement (procureur militaire) du Burkina, le lieutenant-colonel Norbert Koudougou, avait indiqué que les enregistrements avaient été versés au dossier, soulignant qu'"un expert"serait chargé d'authentifier ou de discréditer ces écoutes. Début décembre, lors d’une interview à la radio privée Savane FM de Ouagadougou, le Premier ministre

en exercice Isaac Zida avait affirmé que les écoutes téléphoniques étaient "authentiques". Le 16 septembre,des soldats du RSP avaient pris en otage le président Michel Kafando et le gouvernement avant de proclamer le coup d’État le lendemain. 

La mobilisation des citoyens et de l'armée loyaliste avait

conduit à l'échec du putsch une semaine plus tard. M. Bassolé a été interpellé à son domicile le 29 septembre. Il a été notamment inculpé de "haute trahison","attentat à la sûreté de l’Etat" et "collusion avec des forces étrangères pour déstabiliser la sécurité intérieure". 

 

M. Soro,qui a également fait l'objet en décembre d'un mandat d'amener français dans le cadre de la plainte d'un fils de l'ancien président Gbagbo, s'était défendu midécembre devant l'Assemblée nationale affirmant que ces écoutes étaient des "chimères" et qu'il était "victime d'une des pires campagnes de dénigrement et

de calomnie".

Guillaume Soré et Djibrill Bassolé, actuellement

emprisonné et qui fut un homme clé du régime Compaoré

tombé en 2014, ont tous deux nié depuis avoir eu cette conversation, dénonçant une "manipulation" .Dans l'enregistrement d'une quinzaine de minutes, les deux interlocuteurs envisagent la possibilité de soutenir le putsch (alors en cours) mené par le général Gilbert Diendéré, ancien bras droit de Compaoré et chef de Régiment de sécurité présidentielle (RSP), l’unité putschiste.

 

 

Les deux interlocuteurs évoquent aussi la possibilité de "frapper" dans le nord du Burkina pour faire "paniquer" l'armée régulière qui se préparait à donner l'assaut contre la base du RSP. En décembre, le commissaire du gouvernement (procureur militaire) du Burkina,le lieutenant-colonel Norbert Koudougou,avait indiqué que les enregistrements avaient été versés au dossier,

soulignant qu'"un expert" serait chargé d'authentifier ou de discréditer ces écoutes. Début décembre, lors d’une interviewà la radio privée Savane FM de Ouagadougou, le Premier ministre en exercice Isaac Zida avait affirmé que lesécoutes téléphoniques étaient "authentiques".

Le 16 septembre, des soldats du RSP avaient pris en otage le président Michel Kafando et le gouvernement avant de proclamer le coup d’État le lendemain. La mobilisation des citoyens et de l'armée loyaliste avait conduit à l'échec du putsch une semaine plus tard. M. Bassolé a été interpellé à son domicile le 29 septembre. Il a été notamment inculpé de "haute trahison","attentat à la sûreté de l’Etat" et "collusion avec des forces étrangères pour déstabiliser la sécurité intérieure". M. Soro,

qui a également fait l'objet en décembre d'un mandat d'amener français dans le cadre de la plainte d'un fils de l'ancien président Gbagbo, s'était défendu midécembre devant l'Assemblée nationale affirmant que ces écoutes étaient des "chimères" et qu'il était "victime d'une des pires campagnes de dénigrement et de calomnie". "La spirale, l'emballement et l'affolement médiatique sans précédent contre ma personne méritent des clarifications après le passage de cette tempête inouïe", avait-t-il dit aux députés.

 

S.B.

So