
C’est un retour des plus sombres qui s’annonce ce samedi à l’aéroport d’Abidjan. Ce ne sont pas les pas d'un officier supérieur regagnant sa terre natale que les Ivoiriens s'apprêtent à accueillir, mais la dépouille froide du Colonel Gouanou. Décédé en exil au Ghana voisin, loin des siens et de la terre qu'il a servie, sa mort sonne comme un réquisitoire implacable contre le régime d'Alassane Ouattara.
Derrière ce drame humain se cache une réalité politique cynique. Le pouvoir en place utilise l’exil forcé comme une arme de neutralisation politique, préférant voir les figures militaires et les opposants s’éteindre à l’étranger plutôt que d’ouvrir la voie à une décrispation démocratique.
Combien de fils et de filles de la Côte d'Ivoire devront encore subir cette peine de mort blanche avant que le sommet de l'État n'entende les appels à une véritable réconciliation ? Laisser un officier mourir loin de sa patrie est une tache indélébile sur le tableau d'une gouvernance qui prône la paix en façade mais maintient l'exclusion en pratique.
Alors que sa famille et ses proches s'apprêtent à pleurer leur disparu ce samedi, le retour de ce cercueil pose une question politique brûlante : quel message le RHDP envoie-t-il à la nation en maintenant ses cadres et ses soldats hors des frontières ?
Le rapatriement du corps du Colonel Gouanou ne doit pas être une simple formalité administrative. Il doit devenir le point de départ d'une prise de conscience nationale et d'un combat politique majeur : pour que plus jamais l'exil ne soit l'ultime condamnation des serviteurs de la République.
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