A eux quatre, ils valent 10 milliards de francs CFA. On connaît désormais l'identité des quatre proches de l'ancien président Laurent Gbagbo dont les comptes ont été dégelés par la Suisse depuis le 19 janvier 2014. 

Selon des sources proches du dossier, Philippe Attey, l'ancien directeur général de la Société des transports d'Abidjan (SOTRA) et ministre dans le dernier gouvernement de l'ancien président ivoirien en qualité de ministre de l'Industrie et du développement du secteur privé, a été identifié comme faisant partie des quatre. 

 

Ses comptes avaient été gelés à la faveur de la crise postélectorale parce qu'il était accusé par la communauté internationale et le pouvoir en place d'obstruction au processus de paix et de réconciliation nationale.

On lui reprochait aussi d'avoir participé au dernier gouvernement Laurent Gbagbo et refusé les résultats du deuxième tour de l'élection présidentielle de novembre 2010 proclamés par le président de la Commission électorale indépendante (CEI), Yousouf Bakayoko.
 

Après lui, l'on note sur cette liste, le nom de la franco-ivoirienne Danièle Boni Claverie. La présidente de l'Union républicaine pour la démocratie (URD) avait été sanctionnée pour les mêmes faits. 

 

En effet, elle avait été nommée ministre de la Femme, de la famille et de l'enfant dans le gouvernement dirigé par Gilbert-Marie Aké N'gbo, Premier ministre de Laurent Gbagbo avant sa chute, le 11 avril 2011. Feu Ibrahim Ezzedine, décédé le 21 février 2012, a aussi son nom sur la liste dont copie nous est parvenue. D'origine libanaise, cet entrepreneur, selon la Suisse et les autorités ivoiriennes, «a contribué au financement de l’administration illégitime de M. Laurent Gbagbo».

 

Dans le document en notre possession, le quatrième partisan de l'ancien président ivoirien sur la liste est Alphonse Mangly. L'ex-Directeur général des Douanes, actuellement en exil, est accusé d'avoir refusé «de se placer sous l’autorité du président démocratiquement élu», Alassane Ouattara, et contribué «au financement de l’administration illégitime de M. Laurent Gbagbo». 

 

Faut-il le rappeler, en début de semaine, la Suisse par le biais de son Département fédéral des Affaires étrangères (DFAE), avait annoncé le dégel des avoirs de 4 pro-Gbagbo à hauteur de 21 millions de francs Suisse, soit 10 milliards de francs CFA. Ces comptes gelés depuis janvier 2011 ont finalement été rétrocédés à leurs propriétaires depuis «le 19 janvier 2014», soit 3 ans après. Selon le DFAE, la décision du dégel a été prise le 18 décembre 2013 par le Conseil fédéral Suisse

Il a aussi décidé de ne pas prolonger l'ordonnance du 19 janvier 2011 portant sur le gel des avoirs de ces proches de M. Gbagbo. Cette ordonnance est arrivée à échéance depuis le 11 janvier 2014. Avant cette décision qui en rajoute à la décrispation politique dans le pays, la Suisse avait choisi, dès janvier 2013, d'alléger les mesures prises contre des pontes de l'ancien régime ivoirien.
 

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