SOURCE l notre Voie du vendredi 5 septembre 2014

Il faut le dire tout net. la crise qui oppose, au front populaire ivoirien (fpi), certains membres du secrétariat général au président du parti, Pascal affi n’guessan, n’a pas pris fin avec la médiation conduite par l’ancien gouverneur de la Banque
centrale des etats de l’afrique de l’ouest (Bceao),
henri Philippe dacoury-tabley. loin s’en faut. une
preuve supplémentaire en a été donnée, samedi dernier,
à l’occasion du comité central ordinaire du parti à la
rose. d’autant plus que les débats, jusque-là houleux,
ont laissé place à des affrontements physiques.
ceux qui avaient donc espéré une accalmie suite au
compromis arraché par la médiation aux deux parties
devront se raviser. et prendre la mesure de la fracture,
pour agir en conséquence. en attendant, on est bien
obligé de se demander à qui profite le cafouillage actuel
au fpi. Qui a intérêt à un pourrissement de la situation
interne au parti du président laurent gbagbo ? Pour répondre
à ces questions, il faut jeter un bref coup d’oeil sur les différents protagonistes de la crise. en effet, suite à la décision de réaménagement du secrétariat général du fpi du 4 juillet dernier, il s’est créé spontanément deux
groupes. d’un côté, les auteurs d’une pétition dont a
été saisi le comité de contrôle aux fins d’invalider
la décision du président du parti et, de l’autre, la direction
incarnée par le président affi. mais, très rapidement,
de nouveaux acteurs, notamment sur les réseaux sociaux,
se sont fait connaître. avant de passer le relais aux
journaux bleus, qui, à l’exception notable de «notre
voie» et dans une moindre mesure «le courrier d’abidjan
», s’y sont mis. il n’en fallait pas plus pour que, dans
les bases, chacun y aille à son rythme. le président affi
étant la cible toute choisie. d’autant plus que, argument
imparable, «les journaux ont dit». sur les réseaux sociaux, des «gbagboïstes» autoproclamés à qui personne ne
connaît le moindre parcours militant au sein du parti bleu
et blanc s’en donnent à coeur joie. débitant à souhait mensonges sur mensonges. affirmations gratuites à la pelle
et rumeurs de tout genre. a quelle fin ? Personne ne sait.
mais peu importe. Pourvu que cela serve la cause.
c’est-à-dire l’affaiblissement du président du parti. et,
pourquoi pas, son départ. au profit de qui ? là aussi, personne n’en parle.  la question qu’on peut se
poser dès lors est de savoir si ces fabricants de rumeurs
croient vraiment rendre service aux cadres du fpi qui
p e u v e n t l é g i t imeme n t
contester les choix du président du parti sans pour autant
mettre sa tête à prix . croient-ils sincèrement que,
même s’ils obtenaient le départ du président affi de la
tête du fpi en dehors de toute règle démocratique et
de toute élégance comme ils le font actuellement, cela serait
sans conséquence sur le parti ? et, par ricochet, sur le
combat pour la libération du président laurent gbagbo ?
Bien évidemment, la réponse est non. c’est pour
quoi il serait peut-être temps que chacun se ressaisisse.
Que la politique, c’est-à-dire la confrontation saine des
idées et des projets, prenne le pas sur les invectives et
les accusations fantaisistes. ceux qui contestent les
choix du président affi ont le droit de s’exprimer. mais
qu’ils admettent aussi que ceux qui sont d’accord avec
lui ont, eux aussi, le droit de le dire et d’argumenter. les
anathèmes et les raccourcis n’ont pas droit de cité. le fpi
est un parti politique qui, heureusement, a la chance
de compter parmi ses militants, du sommet à la base,
des femmes et des hommes de valeur. Qui aiment leur
pays. et qui sont profondément attachés au président
laurent gbagbo. et dieu seul sait qu’ils sont très nombreux
parmi ceux qui soutiennent ouvertement ou en
privé le président du parti. ce n’est donc pas en les
traitant de tous les noms, en les poussant à sortir du parti
que l’on rendrait service à la cause de la libération du leader
historique de la gauche démocratique ivoirienne.
engagés dans le combat pour l’enracinement de la
démocratie en côte d’ivoire et en afrique, tous les militants
du fpi doivent se convaincre qu’ils ont besoin
les uns des autres. de tout le monde. Parce que, fatalement,
la division ne peut jamais profiter au parti et au
peuple ivoirien. il n’y a qu’à  voir aujourd’hui le Pdci. depuis
1993, et la mort du président houphouet, par une
mauvaise gestion de ses contradictions internes, ce
parti a perdu des bastions importants autrefois imprenables.
c’est notamment le cas des régions du nord et
de l’ouest où le vieux parti a été complètement effacé par
le rdr et l’udpci. certains, obnubilés par leurs propres
ambitions, rétorqueront qu’un tel ou un tel ne représente
rien. mêmes s’ils sont convaincus du contraire.
c’est pourquoi les uns et les autres doivent savoir raison
garder et attendre patiemment le congrès pour exposer
leur projet aux militants. ces derniers, en véritables
propriétaires, sauront leur faire droit, s’ils pensent que
ce sont eux qui ont raison. sinon le spectacle qu’il est
donné aux ivoiriens de voir depuis quelques semaines
n’honore personne. même pas le président gbagbo
pour qui l’on dit se battre .