Pour ceux qui l’ignoreraient, la méthode Coué tirée du nom des travaux du psychologue et pharmacien français, Emile Coué de la Châtaigneraie (1857-1926) est une sorte de prophétie auto-réalisatrice qui consiste en l’approche positive de la vie. Une démarche qui veut que l’on se comporte comme si ce que l’on souhaite va ou doit se réaliser. L’individu se met psychologiquement dans cette disposition d’idées positives et s’efforce à communiquer cela autour de lui ainsi
qu’à tous ceux auxquels il s’adresse. Un bémol, tout de même, selon nous qui sommes loin
d’être des psychologues ou autres spécialistes en la matière, la réalité des faits finit toujours par s’imposer à celui qui voudrait se réfugier dans la Méthode Coué au nom d’un positivisme à tous égards. C’est sous cet angle qu’on pourrait appréhender l’attitude de la procureure
de la Cour pénale internationale (Cpi), la gambienne Fatou Bensouda, successeur de l’Argentin Luis Moreno-Ocampo. Dont le mandat fut un désastre pour l’image de la Cpi dans les pays sous-développés tels que ceux du continent africain. Fatou Bensouda, qui ne fait visiblement pas mieux que
son prédécesseur en matière d’équité et d’impartialité en ce qui concerne le traitement de quelques dossiers en Afrique, tente de faire croire à tous (observateurs, acteurs et victimes) que sur le dossier lié à la Côte d’Ivoire, elle est positive, fait du beau boulot et donnera satisfaction à toutes les victimes. Mieux, qu’elle donne d’ailleurs satisfaction à tout le monde. Après le transfèrement de l’ex-ministre Charles Blé Goudé à la Cpi, le samedi 22 mars 2014, Bensouda a produit un communiqué dans lequel elle donne libre cours à sa Méthode Coué sur le dossier ivoirien en tenant les propos suivants : « Je veux être très claire. Ce n’est pas la fin de notre travail en Côte d’Ivoire. Nos enquêtes vont se poursuivre en Côte d’Ivoire (...) Nous recueillerons d’autres éléments de preuve, et si la situation se justifie,
nous présenterons d’autres affaires devant les juges de la CPI sans crainte ou sans traitement de faveur quelque soit le bord ou l’appartenance politique des auteurs des crimes ».
Que dire de cette nouvelle sortie de Mme Bensouda ?
Tout simplement qu’il s’agit d’une litanie qui ne datepas d’aujourd’hui. Fatou Bensouda a toujours rabâché les oreilles de millions d’Ivoiriens et d’observateurs africains, européens, américains ou autres, de cette profession de foi sans lendemain. Ou du moins, le cas qui l’a toujours préoccupé, c’est celui des pro-Gbagbo. La mission du parquet de la Cpi, depuis 2011, est visiblement et sans conteste d’anéantir Laurent Gbagbo et son camp qui ont osé s’opposer à la « communauté internationale ». De Luis Moreno-Ocampo à Fatou Bensouda, la mission demeure inchangée. On se souvient qu’en 2011, Ocampo avait soutenu que le bureau du procureur de la Cpi émettrait 6 mandants d’arrêt contre des acteurs
des deux camps (Ouattara et Gbagbo). Jusqu’à ce jour, seuls 3 mandants ont été émis. Ils concernent tous des pro-Gbagbo : le président Laurent Gbagbo, lui-même ; son épouse, Simone Gbagbo et son ministre Charles Blé Goudé. Du côté de l’actuel chef de l’Etat, Alassane Dramane
Ouattara, aucune personne n’a été touchée. Ni lui-même (alors qu’il est un acteur clé de la crise ivoirienne), ni ses proches. Cela se fera-t-il un jour ? Il faut en douter puisque Bensouda,
elle-même, est dubitative sur ce sujet. Elle le dit dans cet extrait de son communiqué indiqué plus haut.
Il ne faut donc pas se leurrer, Bensouda ne traduira ni Alassane Ouattara, ni Soro, encore moins les ex-chefs de guerre devant la Cpi. La situation ne le justifie pas, selon elle. Par contre, la situation qui prévaut est celle de la « mise à mort » des pro-Gbagbo. Et la Cpi, instrument de la « communauté internationale », joue son rôle. Les récentes déclarations d’assurance de Bensouda
ne sont rien d’autres que de la propagande. Ne dit-on pas que les promesses n’engagent que ceux qui y
croient !
notrevoie / du mardi 25 mars 2014