L’activité de la noix de cola en Côte d’Ivoire est très ancienne. Elle date de plusieurs années avant la colonisation et est toujours pratiquée essentiellement par les populations du Nord. Mais cette filière qui a connu ses heures de gloire est aujourd’hui en déclin. Et pour cause !

La Côte d’ivoire est le premier pays exportateur de noix de cola avec environ 100.000 tonnes par an. La
production nationale tourne autour de 150.000 tonnes.La noix de cola distribuée sur le marché local avoisine les 50.000 tonnes. avec les nouvelles plantations en phase de maturité, on est en
droit de s’attendre, dans un avenir très proche, à ce que la production annuelle atteigne
facilement les 400.000 tonnes. a côté des plantations exclusivement consacrées à la culture de la
noix de cola, presque toutes les plantations cacaoyères de Côte d’ivoire comportent des pieds de cola dont les noix constituent en grande partie la production nationale.dans les régions des Lagunes, l’agnéby- iassa,
le Sud Comoé l’indénié, le Bas-Sassandra, on dénombre des plantations de cola qui peuvent atteindre 100,
voire 200 ha. a côté de ces grands champs, il faut noter que plusieurs nationaux s’intéressent
à l’activité avec des petites exploitations de 2 à 10 ha, et ce dans toutes les localités.

LES CONTRAINTES DE LA FILIERE

trois saisons régulent l’activité annuelle de la filière cola en Côte d’ivoire. a savoir la
petite saison qui se situe entre avril et mai, la moyenne saison qui se déroule de juillet à septembre
et la grande saison qui va d’octobre à janvier.Le handicap majeur de la filière,c’est qu’il n’y a pas de
prix officiel homologué avant le début de chaque campagne.Les commerçants les plus nantis imposent leurs diktats sur la base de vives spéculations. L’inexistence d’un mécanisme officiel de fixation des prix constitue une perte structurelle pour les producteurs qui, à la longue, pourraient être gagnés par le découragement.Pour l’heure, les prix sont fixés en fonction de la qualité des noix. La noix de cola
blanche et les grosses noix sont les plus chères. Pendant la période de récolte,les prix pratiqués bord
champ varient entre 350 fCfa et 600 fCfa le kilogramme.
Les noix de cola sont ensuite conditionnées et stockées dans les magasins d’anyama et de Bouaké, dans des paniers,pour être exportées, selon la période, à des prix allant de 900 fCfa à 1300 f Cfa le kilogramme.
a ce handicap, il faut ajouter l’absence de matériel végétal amélioré, l’insuffisance des semences et plants, le coût des plantes pépinières,96.000 fCfa/ha, qui n’est pas à la portée de tous les producteurs, les attaques des pieds de colatiers par les parasites, les tracasseries routières qui font dépenser
près de 1 million fCfa aux camionneurs, d’anyama à kumasi, au Ghana. Ces cas font peser de sérieuses menaces sur la durabilité de la production nationale. Quant à la commercialisation,elle est axée essentiellement sur les exportations.il existe une intense activité des grossistes exportateurs
vers les pays de la sous-région où la demande est très forte. Le problème ici, c’est
que la valse des prix ne rassure pas les producteurs.

LE CARACtERE CULTUREL Et THERAPEUTIQUE DE LA NOIX DE COLA

en Côte d’ivoire, au mali, en Guinée, au Burkina faso, au nigeria, au Benin, au niger,
au Sénégal etc., la noix de cola est beaucoup utilisée pour les cérémonies de fiançailles,
de baptême de nouveaux-nés, de résolution de conflits, pour les sacrifices au cours des funérailles,
l’adoration des fétiches etc.La noix de cola est aussi perçue par ces peuples comme
un symbole d’hospitalité,d’amitié, de partage, de solidarité. Pour ce qui est de la pharmacopée
traditionnelle, la noix de cola est beaucoup sollicitée par les tradi-praticiens. entre autres maladies
traitées, l’infection pulmonaire, l’hypotension artér i e l l e , l ’ i n s u f f i s a n c e cardiaque, la toux. dans l’industrie moderne l’utilisation est diverse. notamment en pharmacie moderne pour la fabrication de certains médicaments,dans le textile pour la confection de la teinture, dans la cosmétologie pour la
fabrication des produits cosmétiques,et dans l’alimentation pour la fabrication des
boissons énergétiques .
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