Cependant, le secteur du vivrier est en quête d’un nouveau souffle. Les marchés font face à des difficultés d’approvisionnement qui entrainent la hausse du prix des denrées alimentaires. Il est 8h30 ce jeudi 5 novembre 2020 au marché de Bonoua. Dame Kadjo y est pour s’approvisionner en produits vivriers. Dans ses emplettes, elle constate la hausse du prix des denrées alimentaires.

 

Quelques jours après la présidentielle qui a engendré des tensions dans la ville du Sud-Comoé, certains produits tels que la tomate, le piment, les aubergines, l’attieké sont plus chers que d’ordinaire « J’ai acheté une tomate à 100 Francs ce matin, pour la banane, la viande et l’attieké c’est pire. Je pense que si ça continue on ne pourra plus rien acheter. Je suis contente d’avoir fait quelques réserves un peu plus tôt », explique la mère de famille rencontrée dans le marché. Dans plusieurs villes, le constat est le même. A Daoukro, ville située au centre de la Côte d’Ivoire, certains producteurs disent faire face à la difficulté d’écoulement de leur produit. Pour cause, les barrages érigés de part et d’autres au sein de leur localité, empêchent la circulation de leur production jusqu’au différents marchés d’approvisionnement.

 

« Cela fait quelques jours que mes produits sont prêts à être livrés, mais la situation que nous vivons nous empêche d’alimenter correctement les marchés. Difficile de relier les villages à la ville avec les barrières installées un peu partout. Forcement cela entraine la cherté des produits sur le marché, même si cela est indépendant de notre volonté. On espère que tout rentre très vite en ordre » a fait comprendre dame Ouattara, productrice de produits vivriers à Daoukro jointe par téléphone. Les consommateurs directs ne sont pas les seuls victimes de cette situation. A la gare municipale de Koumassi, dame Traoré Ramatou tient un restaurant. Elle aussi souffre de cette situation. « Depuis fin septembre, le marché n’est plus comme avant. Mais, ces derniers jours, c’est pire. J’ai cuisiné une sauce avant-hier. Je suis obligée de la jeter aux ordures. Je n’ai que deux à trois clients par jour depuis le 27 octobre alors qu’avant, je pouvais servir 30 à 40 plats. Que les gens pensent à nous.

 

Il faut que tout ça finisse, on souffre », fait savoir la commerçante qui explique ne pas pouvoir couvrir ses charges fixes pour ce mois. Bien qu’il n’existe aucune restriction officielle quant à la circulation des biens et des personnes, la peur et le risque d’insécurité restent les principaux facteurs qui alimentent cette situation difficile pour le secteur du vivrier et de l’alimentation.