Le passage d’alassane ouattara à la primature ivoirienne dans les années 90, a été marqué par le bradage du patrimoine de l’Etat ivoirien. notamment, à travers des contrats juteux passés entre le Port autonome d’abidjan, la Sodeci, la Cie, et des entreprises françaises telles que Bouygues et Bolloré. ainsi le monopole de la distribution d’eau courante a été attribué à la Société de distribution d’eau en Côte d’ivoire (Sodeci) et celui de l’électricité à la Compagnie ivoirienne d’électricité (Cie). Et depuis, c’est la souffrance pour le peuple de Côte d’ivoire.

 

La Sodeci, détenue majoritairement par le français Bouygues, à qui revient le monopole de l’activité de la distribution d’eau courante, est liée à l’Etat ivoirien par un contrat d’affermage signé en 1997 et renouvelé en 2007.

un monopole atypique qui fait de l’Etat ivoirien le propriétaire du secteur de l’eau chargé de réaliser les investissements lourds pour les infrastructures, tandis que la Sodeci lui soumet ses études et exploite les infrastructures. un monopole qui se traduit en coupures quotidiennes pour les populations de la capitale économique ivoirienne et sa banlieue.

Coupures inTEmpestives d‘Eau... dans les quartiers chics de Cocody-Palmeraie et de la riviera, tout comme dans la banlieue de Bingerville, il ne se passe de semaine sans que les populations subissent des coupures d’eau, avec les désagréments et frustrations que cela comporte. Les droits du consommateur sont pour le plus souvent relégués au second plan. acculés par un monopole mercantile, les populations résistent en faisant des réserves d’eau. mais quand l’interruption d’eau vient à perdurer, la capitale économique ivoirienne fait un énorme bond dans le passé. un spectacle encore persistant dans les zones rurales s’ouvre à tous. Bidon de 20 litres où bassine d’eau sur la tête, ou encore seau d’eau en main, les abidjanais et les Bingervillois découvrent les dures réalités de la vie rurale qu’ils croyaient avoir dépassé. Heureusement pour les Bingervillois que dans la cité en construction, l’on peut trouver des puits creusés pour approvisionner les chantiers en cours dans la banlieue en plein développement.

 

 «Quand tu as une panne audelà de ton compteur d’eau et que tu appelles la Sodeci, elle met du temps à venir. et quand elle arrive après une bonne heure, c’est pour te priver tout simplement d’eau, parce que la Sodeci, au dire de ses agents, ne fait pas de plomberie. et si tu insistes, l’agent te présente une facture pro-forma qui avoisine l’abonnement.

Mais, comment une société qui par son essence fait de la plomberie, mais à cause d’un monopole, refuse de faire son travail ? Si la Sodeci ne fait pas de la plomberie, elle fait quoi alors ? Si c’est pour vendre de l’eau, il faut laisser ça aux Ivoiriens», dénonce un des consommateurs écœurés par l’attitude des agents de cette société qui ne sait que délivrer des factures. Les abidjanais sont loin d’être au bout de leurs peines, car pour l’heure, la remise en cause du monopole n’est pas à l’ordre du jour, comme l’expliquait le directeur général de la Sodeci, Basile Ebah, lors du cinquantième anniversaire de la société : «Prenons le cas d’Abidjan : on a des clients qui ont des branchements, on a des usines. les réseaux d’eau potable sont déjà posés dans les quartiers.

Va-ton demander à un opérateur d’exploiter un quartier et à son concurrent d’en exploiter un autre, sachant que toute l’eau qui alimente les maisons vient du même endroit ?

 

Ça risque d’être un peu compliqué». ...

ET dE CouranT Le monopole dans la fourniture de biens et services de grande consommation, n’est pas le seul fait de la Sodeci. La Compagnie ivoirienne d’électricité (Cie) est un autre géant qui s’est construit sur le dos des ivoiriens. La société n’a pas changé de fusil d’épaule, malgré les dernières manifestations d’humeur contre ses agissements mercantiles. Le discours de libéralisation de la distribution de l’électricité annoncée le 1er mai 2016 par alassane ouattara devant les travailleurs pour faire retomber la colère du peuple contre l’augmentation du tarif de l’électricité, n’était qu’un leurre. «Nous avons décidé : il faut mettre fin au monopole de la Cie et de la Sodeci», avait dé- claré alassane ouattara lors des célébrations de la fête du Travail à abidjan.

 

«Je lance un appel à tous ceux qui souhaitent venir investir dans ces secteurs de le faire pour que nous ayons une saine compétition qui permettra de maîtriser les prix et de baisser le coût de l’électricité», avait ajouté le chef de l’Etat. il est clair que ce discours est loin de coller à la réalité. Car il ne peut y avoir une concurrence dans le secteur de la distribution de l’électricité en Côte d’ivoire, tant que la transmission est monopolisée par la Cie. Si ouattara veut vraiment briser ce monopole, il faut privatiser et ré- cupérer la transmission des mains de la société. Cette transmission devra être redistribuée à plusieurs entreprises et la Côte d’ivoire scindée en plusieurs zones d’exploitation. Chaque entreprise devra ainsi détenir une zone de transport prédéfinie et réglementée par l’Etat.

 

La libéralisation de la distribution de l’électricité, qui souhaitons-le, devra se faire au profit du consommateur ivoirien, permettra d’améliorer les conditions de vie des populations. mais pour le moment, cette perspective relève du domaine du rêve. Pour ce qui est du quotidien, les consommateurs sont confrontés aux factures d’électricité de plus en plus élevées, malgré la mise en service du géant de Soubré, le nouveau barrage de 275 mégawatts, la plus importante du pays. Les disjoncteurs de 5 ampères n’existent plus. Ceux qui sont encore en service, ont été pour la plupart basculés sans raison apparente à 10 ampères et sans en informer le consommateur, toujours avec pour but de faire rentrer de l’argent dans les caisses de la compagnie. Etre basculé, c’est payer une facture qu’on n’a pas consommé et dont la facturation a été faite à la hauteur des 10 ampères, tout en ayant 5 ampères au compteur. Cette hausse de la facture d’électricité serait justifiée, si encore la qualité du service était satisfaisante. L’éclairage rural est réservé à certain quartiers, mais payé par tous.

 

Quant à la redevance télé, elle ne correspond plus à rien, la rTi étant de plus en plus délaissée par la majorité des ivoiriens, au profit des chaînes câblées. L’entretien du réseau reste encore à désirer. Les ivoiriens sont de plus en plus sujets à des coupures intempestives d’électricité. une autre forme de délestage qui parfois dure toute une journée. il est très fâcheux de rentrer chez soi après une dure journée de travail et de se retrouver sans eau et dans l’obscurité totale, en ces temps de ‘’microbes’’ qui ont “infecté“ tout le pays. d’autre fois, c’est noël chez le fournisseur d’électricité qui s’adonne à des jeux de lumière. des variations de tensions qui ne manquent pas d’endommager les appareils déjà en fin de vie. Si ce n’est pas les jeux de lumière, c’est la tension du courant qui est faible. Et ce sont toujours les appareils (réfrigérateurs, congélateurs, télé, climatiseurs etc.) qui prennent un coup, sans que des dommages soient payés aux consommateurs. «le pays construit les barrages et transporte le courant jusque dans les localités grâce aux taxes des contribuables. Quand un citoyen a besoin de l’électricité et s’il est éloigné de la ligne de haute tension, il doit payer des millions pour faire venir l’électricité chez lui. Pour avoir un compteur, il doit encore payer. et quand il a finalement posé son compteur et qu’il commence à consommer l’électricité, il doit payer chaque fois. Si quelqu’un d’autre se branche sur un de ces poteaux électriques pour avoir du courant, il paye, mais encore à la Cie. Il faut que cela cesse sinon nous allons manifester pour nous faire entendre. et on sait comment ça finit», avertit un consommateur.