Il y a une dizaine de jours, un soldat de la Garde présidentielle a mis fin à ses jours, de manière tragique, à la base navale de Locodjro. Un suicide de plus qui interpelle la hiérarchie des Forces républicaines de Côte d’Ivoire. 


Un autre drame au sein de la grande muette ! Selon nos informations, un soldat, membre de la sécurité présidentielle, s’est donné la mort, avec son arme, le 10 octobre dernier, à la base navale de Locodjro. Il s’agit du soldat de première classe Moustapha Bamba, de la Force spéciale du Groupe de sécurité présidentielle, commandé par Cherif Ousmane. Arrivé tôt le matin à la base de Locodjro, comme cela est de coutume, il rentre dans le dortoir pour se changer. Après avoir porté son uniforme, il prend place sur son lit puis met son arme de type kalachnikov dans le sens vertical, le bout du canon pointé vers sa tête. 
 
Ses frères d’armes qui sont dans le dortoir ne se doutent de rien. C’est quand le coup part, qu’ils se rendent à l’évidence. Mais l’irréparable s’était déjà produit. Moustapha Bamba tombe raid, la tête réduite en bouillie par l’arme d’assaut. Les collègues de l’infortuné soldat alertent le chef d’unité qui informe aussitôt la hiérarchie des Forces républicaines de Côte d’Ivoire (Frci) et, très vite, le commandant des forces terrestres, le général Gaoussou Soumahoro, accompagné de gendarmes-enquêteurs, se déporte à la base navale de Locodjoro. 

Les gendarmes, qui poursuivent encore leurs enquêtes, devraient sans doute se rendre à Dabou où se trouve la famille du soldat qui s’est donné la mort, pour comprendre davantage les mobiles de ce suicide. Mais, toujours selon nos informations, ce suicide n’est pas le premier du genre au Gspr. Bien avant le soldat de première classe, un autre élément de cette unité, Lassina Diallo, s’était lui aussi donné la mort, presque dans des conditions similaires, même si nos sources ne précisent pas le lieu de ce drame. Seule l’enquête des gendarmes pourra dire avec précision ce qui a conduit à ces drames. 
 
Avant le Gspr et ses deux soldats qui se sont donné la mort, c’est la gendarmerie qui a vu un de ses éléments se suicider de manière tout aussi dramatique. Le 2 septembre dernier, au domicile du ministre de l’Intégration africaine, Ally Coulibaly, le Mdl Arthure Ouattara, membre de la garde de l’ancien ambassadeur de Côte d’Ivoire, s’était donné la mort avec son arme de type AK47. L’enquête diligentée par le procureur militaire, Ange Kessi Kouamé, avait conclu à un suicide. Les nouveaux drames, dans l’armée, devraient amener les enquêteurs à élargir leur champ d’investigation. 

Source : Nord-Sud |   Mardi 22 Octobre 2013