Le président du Cap Unir pour la démocratie et le développement (Cap-UDD), Gervais Coulibaly, était le parrain de la cérémonie d'hommage qu'a initiée, le samedi 15 février au Baron de Yopougon, la Coalition de la jeunesse patriotique pour la paix et la réconciliation (CJPPR) dirigée par Zady Djédjé.

Le parrain de cette manifestation dont le thème était ''2 octobre 2002-11 avril 2011, 09 ans de résistance. Quel avenir ?'', a annoncé aux jeunes patriotes qui ont envahi la salle du Baron, qu'il s'impliquera désormais personnellement dans les démarches pour la mise en liberté de Charles Blé Goudé, le président du Congrès panafricain pour la justice et l'égalité des peuples (COJEP). « Je ne me suis pas mêlé de l'affaire de Blé Goudé depuis le début parce que j'étais occupé à bloquer les coups que je recevais. Zady Djédjé est venu me voir et on a parlé. Je prends l'engagement de mener les démarches avec vous pour que Blé Goudé soit libéré. J'irai partout pour poser le problème de Blé Goudé », a-t-il déclaré devant une foule hystérique.
À l'entendre, rien n'est impossible en politique. C'est pourquoi il a souligné que même si la justice tient le dossier de Charles Blé Goudé en main, elle a aussi une mission visant « à rassembler les Ivoiriens, à s'assurer de la cohésion et de la paix ». « La justice n'est pas bête et carrée. Elle tient aussi compte des aspects politiques. Nous allons aller vers le ministre de la Justice en tant qu'homme politique pour parler de Charles Blé Goudé qui est aussi un homme politique. Il faut trouver une solution politique », a déclaré Gervais Coulibaly. Il a expliqué que sa manière de procéder a donné des résultats probants, ajoutant que « ceux qui savent, savent ». Considéré comme « un vendu » au sein de l'opposition ivoirienne, le président du Cap-UDD a invité les jeunes à toujours utiliser le dialogue pour régler les problèmes comme leur a appris Laurent Gbagbo. Et M. Coulibaly de répondre à ses détracteurs. « Ne vous occupez pas de ceux qui sont assis derrière leurs ordinateurs. Moi, j'ai des résultats. Des enfants sont retournés à l'école parce que j'ai parlé et leurs parents sont sortis de prison. Ceux que Laurent Gbagbo a pris dans la rue, on les connaît et puis on nous connaît. Laissez-moi tranquille, ce que je fais a des résultats », a-t-il déclaré, avant de saluer le courage de Zady Djédjé.
L'ancien porte-parole de Laurent Gbagbo s'est aussi attaqué à certains compagnons de lutte. A l'écouter, des partisans de l'ancien président ne sont pas contents de la mise en liberté en cascade des prisonniers politiques. « Dans la même famille, quand on libère les prisonniers, ça arrange des gens mais ça n'arrange pas d'autres personnes. Moi, je vais demander qu'on les libère pian ! », a-t-il asséné, fustigeant « ceux qui se sont érigés en procureur de la morale en Côte d'Ivoire ».

La question des élections de 2015
Les élections générales de 2015 constituent un problème pour Gervais Coulibaly, dans la mesure où rien n'est encore mis en œuvre pour permettre aux Ivoiriens d'aller à des élections crédibles, transparentes, équitables et justes. « Il faut qu'on fasse des élections dans des conditions correctes, où à la fin, personne ne meurt. Si c'est pour nous tuer, Alassane Ouattara, il faut rester au pouvoir. On ne veut plus courir pour aller en exil. Si on ne peut pas organiser des élections justes, libres, équitables et transparentes, je vous en prie, n'allons pas aux élections », a-t-il exhorté le régime d'Abidjan et l'ensemble des Ivoiriens. Avant de révéler que le président du Front populaire ivoirien (FPI), Pascal Affi N'guessan, l'a contacté pour réfléchir ensemble sur la situation du pays. Pour lui, les injures ne paient pas en cette période de réconciliation. « Dans les civilisations modernes, on n'insulte pas. Quand tu insultes, tu crispes la situation et tu fais que les gens souffrent. Nous, on veut que Ouattara nous donne Simone Gbagbo, Blé Goudé », a critiqué Gervais Coulibaly.
Pour sa part, le président de la CJPPR, Zady Djédjé, a demandé la libération de son « guide » Charles Blé Goudé. Non sans critiquer ses « aînés » du FPI qui sont sortis de prison. « Quand vous sortez de prison, ayez le courage de dire merci à Gervais Coulibaly et à ceux qui ont discuté, qui ont souri avec le pouvoir pour que vous sortiez », a-t-il martelé, ajoutant : « je demande pardon, poliment, au pouvoir de libérer Blé Goudé. Nous allons préparer le terrain ensemble. Nous, on travaille pour que les prisonniers sortent, après ils vont venir les célébrer ». Il s'en est pris au parti de Laurent Gbagbo, notant qu'il aurait dû défendre Blé Goudé quand l'ONU et la France l'accusaient d'avoir armé les jeunes. « Préparez le terrain parce que très bientôt, le général de la rue va sortir. Allez aussi demander pardon à votre niveau parce que l'heure de la réconciliation et de la paix a sonné. On doit rassembler tous les patriotes, on doit se mettre ensemble », a lancé Zady Djédjé aux jeunes.
Joël Poté, cet autre lieutenant de Blé Goudé, a salué la démarche du FPI et encouragé Affi N'guessan dans sa logique. En outre, il a expliqué que « c'est parce que Blé Goudé est en prison que la réconciliation traîne ». Non sans appeler Affi N'guessan à tout mettre en œuvre pour « rassembler l'opposition comme Laurent Gbagbo nous l'a appris ». Serge Arnaud Dégré, le président du courant JFPI nouvelle vision, a salué l'initiative de Zady Djédjé.


Source
L'inter