Côte d’Ivoire/Giga marche du 28 septembre - CNC: « Pas d’élections avec Youssouf Bakayoko à la tête de la CEI ». Des milliers de manifestants bloqués à Yopougon.

Côte d’Ivoire/Giga marche du 28 septembre - CNC: « Pas d’élections avec Youssouf Bakayoko à la tête de la CEI ». Des milliers de manifestants bloqués à Yopougon.

 

Pour la majorité des ivoiriens, Youssouf Bakayoko est l’homme par qui la crise postélectorale est arrivée en 2010, allant publier en solitaire de faux résultats donnant Alassane Ouattara vainqueur à l’élection présidentielle, depuis l’hôtel du Golf alors QG de campagne de Ouattara.

Hier lundi 28 septembre 2015 à la marche de l’opposition réunie au sein de la Coalition nationale du changement (CNC), Mamadou Koulibaly président de LIDER, a indiqué que la CNC n'ira pas aux élections avec Youssouf Bakayoko à la tête de la Commission électorale indépendante (CEI) : "La loi dit que le président de la commission électorale est élu pour six ans non renouvelables. Bakayoko a fait six ans c’est terminé il ne peut pas être renouvelé. Ouattara en le faisant viole et la loi et la constitution, Bakayoko devrait démissionner et nous n’accepterons pas d’aller aux élections avec Bakayoko à la commission électorale" a déclaré le président de LIDER devant des centaines de milliers de manifestants (1 million au décompte final, chiffre non contredit ni par RFI, ni par France24 dans leurs reportages sur la marche du 28 septembre).

Ce chiffre aurait été plus élevé si plusieurs milliers de militants de l’opposition n’avaient par été bloqués par les forces de l’ordre à Yopougon, la plus grande banlieue d’Abidjan, pour les empêcher de rejoindre Cocody, point de départ de la manifestation.

 

Devant la Radio télévision d’Etat (RTI), Kouadio Konan Bertin dit KKB, l’un des porte-paroles du jour, a fustigé une télévision aux ordres du régime, et dirigée de façon ethnique car la majorité des dirigeants de la chaîne sont originaires du Nord.

« La RTI, c’est djoulabougou (ethnie du chef de l’Etat) », dira-t-il.

 

Il a également désigné Yousouf Bakayoko comme l’auteur des fraudes à l’élection présidentielle de 2010 : « Bedié t'as désigné que tu lui as volé ses 600.000 voix », a-t-il indiqué au micro de plusieurs journalistes venus couvrir la marche.

 

A l’arrivée au siège de la CEI, les manifestants survoltés criaient et scandaient « Bakayoko démission ».

Là encore prenant la parole, KKB a de nouveau fustigé le président de la CEI et exigé sa démission : « Youssouf Bakayoko doit démissionner de son poste, pour le respect de la Côte d'Ivoire. Youssouf Bakayoko, tu es partisan du PDCI et tu as été désigné par Konan Bedié. Alors comment tu as pu être le président de la CEI, alors qu'on a volé 600.000 voix à Bedié lors des élections. ..? », s’est-il interrogé.

Puis KKB de poursuivre : « Si tu as pu faire ça à Bedié, que feras tu à Banny et, à Essy Amara... Tu as causé la mort de 3000 ivoiriens, ta conscience doit d'interpeller... ».

Mamadou Koulibaly prenant la parole a mis en garde Alassane Ouattara : « Malgré ton parcours à Washington, tu te comportes comme mon oncle au village qui n'a jamais fréquenté. Tu piétines la constitution, alors qu'elle ne t’autorise pas à être ni président de parti, ni président de la Côte d'Ivoire. Par ailleurs tu utilises les moyens de l'Etat pour battre campagne », a déclaré le président de Lider sous les acclamations du public, dont le nombre continuait de grossir.

 

Quand à Laurent Akoun, président par intérim du FPI, il a annoncé dans un tonnerre d’applaudissement que le Président Laurent Gbagbo soutenait les candidatures de Konan Banny, Mamadou Koulibaly, KKB, et Essy Amara.

 

En guise de fin de manifestation, c’est l’hymne national qui fut chanté.

 

Eric Lassal

Envoyé spécial