Pour sa quatrième sortie depuis le début de l’année, Bertin Konan Kouadio (KKB) était le lundi 13 janvier 2014 à Kpogrobré dans la famille de Charles Blé Goudé. KKB a dit être venu en ces lieux pour souhaiter la bonne année à la famille de celui qui est pour lui un ‘’ami et un frère’’ même si idéologiquement ils sont opposés. «Je suis venu le cœur blanc», a-t-il ajouté pour soutenir que ce voyage n’avait d’autres desseins que la compassion nécessaire par ces temps de douleur. « Je suis venu vous dire de ne pas perdre le goût à la vie. Gardez espoir ! Ne vous sentez pas marginalisés. Ce qui est important, c’est la vie. Ne gardez aucune rancune. Restez comme vous êtes. Restez dignes dans la douleur comme dans la souffrance », a conseillé KKB à ses interlocuteurs d’un après-midi. Après avoir donné des assurances sur la situation de Blé Goudé, le député du Pdci a surtout parlé de réconciliation arguant que le temps de la politique viendra. Sur ce sujet précis, il a souhaité une justice pour tous si tant est l’option des autorités ivoirienne dans leur perception de la réconciliation. A défaut, KKB a prôné le pardon pour tous afin de repartir sur des bases nouvelles. ‘’Comment dans une nation un bété peut-il être heureux si un baoulé est malheureux. Le bonheur du Sénoufo doit être partagé par le bété et vice versa’’, a-t-il commenté. Les parents de Blé Goudé ont apprécié la démarche de l’hôte et lui ont traduit leur gratitude pour sa sollicitude et sa compassion à l’égard de leur fils, Charles Blé Goudé arrêté et détenu depuis le mois de janvier 2013. «C’est pendant la souffrance que se révèlent les vrais amis. Que Dieu bénisse KKB et qu’il le comble. Lui qui fait du partage le principe de son existence. C’est un geste louable et courageux qui a tout son sens. Ici nous souffrons à l’idée que nous ne savons pas où se trouve Blé Goudé, notre fils. Mais plus grave nous ne savons pas où se trouvent ses amis. Peu nous importe les biens matériels de KKb. Le seul fait qu’il soit venu nous dire que notre fils est vivant, c’est déjà largement suffisant et réconfortant. Quand tu es en pleurs, celui qui vient pleurer avec toi est celui qui est ton véritable partenaire, ton vrai frère. Tu viens au moment où par peur d’être stigmatisés, les uns renient leur ami et frère», a dit le vieux Zogoh sous les ovations de l’assistance. Le député de Port-Bouët qui était accompagné de son collègue Kramo Kouassi de Bocanda est allé les bras chargés. Sous la bienveillance du frère ainé Dédi Gnépoh, vivres et argent (200 mille FCFA au total) ont été remis aux parents du prisonnier qui attend toujours d’être situé sur son sort.

Publié le jeudi 16 janvier 2014  |  L’intelligent d’Abidjan