THIERRY TANOH, LE MINISTRE PROVOCATEUR

THIERRY TANOH, LE MINISTRE PROVOCATEUR

Le 21 octobre 2016, au cours d’une conférence de presse, au siège de la représentation à Abidjan de la Banque mondiale, le nouveau directeur des Opérations,Pierre Laporte, recommande au gouvernement ivoirien de réajuster le prix de l’électricité pour «l’année prochaine»(c’est-à-dire 2017), dans le but de maintenir l’efficacité et la fiabilité du secteur de l’électricitéde la Côte d’Ivoire.

Les consommateurs s’attendaientdonc à une décision du

gouvernement dans ce sens (prompt à réagir quand il s’agit

de récupérer de l’argent).

Quand, le mercredi 21 décembre 2016, seulement deux

mois après, au cours d’une cérémonie de restitution d’une

mission d’immersion et d’informations dans le secteur de

l’électricité dans la sous-région,Adama Tounkara, alors

ministre du Pétrole et de l’Energie, remet en cause l’annonce

de la Banque mondiale.

«il n’y aura pas d’augmentation de prix sur les factures

d’électricité. il n’y aura pas également d’augmentation tarifaire,au titre de l’année 2017.si une telle décision doit être prise, c’est au niveau du chef de l’etat, à travers le premierministre…».

En d’autres termes, l’expert qu’il est ne trouvait pas «justifiée» une quelconque hausse du prix de

l’électricité. Echaudé par une décision similaire qui avait

provoqué des émeutes sur le territoire national dont Bouaké

a été le centre névralgique. Il a même pris soin de préciser

que «l’objectif du gouvernement n’est pas de susciter la

grogne des populations, bien au contraire...».

THIERRY TANOH, LE MINISTRE PROVOCATEUR

«Quand dans un village, tout le monde marche sur la tête, il

faut aussi marcher sur la tête»,

enseigne la sagesse. Le nouveau ministre du Pétrole, de

l’Energie et du Développement des énergies renouvelables,

Thierry Tanoh, alors dans les lambris dorés de la Présidence

de la République, n’a certainement pas senti la vague de chaleur qui a envahi le ministère du Pétrole et de

l’Energie d’alors. Le voilà qui annonce une augmentation de

3% sur les tarifs d’électricité dès le 1er juillet 2017. Est-ce

parce qu’il vient de la Banque mondiale (il a été vice-président de la SFI) qu’il s’est cru obligé d’aller dans le sens de Pierre Laporte ?

Toujours est-il qu’il a mis en mal la continuité de l’action gouvernementale.Thierry Tanoh pense avoir épargné les consommateurs majoritaires de dépenses additionnelles

en ciblant les industriels (abonnés haute tension). Pourtant, et c’est connu, toute augmentation du prix de l’électricité des industriels a des répercussions directes sur les prix des produits mis à la vente. Dans un cas comme dans l’autre, les

consommateurs vont dépenser plus que d’habitude. D’où

la mise en garde sévère du président de la Fédération autonome des consommateurs actifs de Côte d’Ivoire

(Fac-ci),

Marius Comoé : «pour éviter au pays tout entier de retomber

dans les événements de juillet 2016, relatifs aux remous

sociaux qui avaient secoué certaines grandes villes du

pays (Bouaké, Yamoussoukro,Daloa...) en guise de protestation contre la double facturation,jugée excessive; il nous plait en notre qualité de leader du mouvement consommateur en Côte d’ivoire, de mettre en garde le ministre thierry tanoh et l’ensemble des membres

du gouvernement contre tout harcèlement du pouvoir

d’achat du consommateur ivoirien d’électricité, dans un

contexte économique très difficile pour ce dernier. alors, renoncer au projet d’augmentation du prix de

l’électricité actuel en Côte d’ivoire, c’est garantir la paix

sociale et préserver les acquis ». Et d’interpeler le gouvernement : «pour nous, toute révision du prix à la hausse du Kw/h de l’électricité à l’état actuel des choses, pourrait mettre en mal la paix sociale,nécessaire au fonctionnement harmonieux de notre économie;

dans un contexte où les ménages n’ont de cesse de

râler en scrutant scrupuleusement leurs factures». Avant de

décider, sentencieux : «Disons-le tout net, cette autre pilule

au goût trop amer ne sera

pas avalée»

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