«Malheureusement, bon nombre de tes enfants qui prennent ton nom, mais n’ont pas ton esprit, préfèrent la guerre à la paix, la mort à la vie, le mensonge à la vérité, l’aumône au travail». Ces propos sont un extrait de l’homélie de Mgr Marcellin Kouadio, Evêque de Yamoussoukro lors de la messe organisée à l’occasion du 20ème anniversaire du décès du président Houphouët.
Le président Obama, pour sa part, disait, hier, dans son allocution-hommage au président Mandela, que nombre de chefs d’Etat vouent une profonde admiration au président Mandela alors qu’ils n’ont pas le comportement de celui-ci. Et que ces chefs d’Etat maintiennent leurs opposants en prison et refusent même de discuter avec eux.
Ces deux grandes personnalités, l’un, homme de Dieu et l’autre chef d’Etat, ne croient pas si bien dire en ce qui concerne notamment les tenants du pouvoir d’Etat en Côte d’Ivoire. C’est à longueur de journée que Ouattara crie sur les toits qu’il est le disciple d’Houphouet. Il a même récemment déclaré à Bouaké inscrire son action dans la continuité de celle du père-fondateur de la Côte d’Ivoire indépendante. Le même Ouattara disait également, hier, toute son admiration pour Mandela qu’il a qualifié «d’homme de réconciliation et de paix».
Et pourtant les actions que pose Ouattara et sa conception du pouvoir sont aux antipodes de la philosophie des présidents Houphouët et Mandela.
C’est le lieu de rappeler que c’est bien Ouattara qui est le vrai père de la rébellion dont parle Mgr Marcellin Kouadio. Une rébellion qui a pris fin par la guerre postélectorale qui aurait fait 3000 morts. Cette rébellion qui a fait des milliers de victimes a défiguré la Côte d’Ivoire bâtie par Houphouët et l’a fait reculer de plus de 30 ans. Aujourd’hui, l’économie de la Côte d’Ivoire jadis prospère est en état de déliquescence très avancé. Et comme s’il se plaisait dans cette situation de délabrement, Ouattara refuse la voie de la négociation que lui propose le Fpi pour réconcilier les Ivoiriens et remettre le pays sur la voie du développement. Dernièrement à Bouaké où il était en précampagne sous couvert de visite d’Etat, le chef de l’Etat ivoirien a rejeté du revers de la main les états généraux de la République que lui propose le président du Fpi Pascal Affi NGuessan pour faire le deuil de la guerre et remettre le pays sur les rails. Il a indiqué que négocier avec l’opposition est une perte de temps. Lui, dit-il, préfère le travail. Comme si on pouvait travailler tranquillement dans un pays coupé en deux blocs qui se regardent en chiens de faïence et où les lois de la République sont foulées aux pieds par des dozos et autres ex-combattants Frci qui créent en permanence un climat d’insécurité chronique dans tout le pays.
A la place de Ouattara, Houphouët dont il se réclame, ou Mandela qu’il admire, aurait sauté sur l’occasion pour discuter avec l’opposition.

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