«Je donne instruction au ministre de la Défense de mettre tout en œuvre pour que les Frci non immatriculés quittent les casernes totalement au plus tard le 30 juin prochain. J’ai déjà recruté trop de militaires. L’armée est saturée. C’est pareil à la Fonction publique. J’ai recruté plus de 2.000 individus à la Douane… Il n’y a plus de place. Inscrivez-vous à l’Addr… ». C’est sur ce ton martial que le chef de l’Etat, Alassane Ouattara, a parlé de ses miliciens à qui il n’a pas encore trouvé d’emploi après son accession au pouvoir à laquelle ceux-ci ont contribué. 2 mois après cette injonction faite à Tiassalé, lors de sa visite d’Etat, comment se traduit l’ultimatum sur le terrain à l’Ouest de la Côte d’Ivoire ? A moins de 7 jours de son expiration ? Le moins qu’on puisse dire, c’est que les «Frci non immatriculés» dont Ouattara parle sont dans une logique de «Nous pas bouger» à l’Ouest de la Côte d’Ivoire.
En effet, qu’ils soient sous la forme de dozos ou Frci, on les trouve encore partout armés tant dans les villes que sur les routes ou les pistes entre les villages. N’hésitant pas à rançonner les populations et les automobilistes. C’est le cas de la région du Cavally. Ici, entre Guiglo, chef-lieu de région, et Zagné, chef-lieu d’une jeune sous-préfecture, dont l’axe est long d’une quarantaine de kilomètres, on dénombre au moins 3 barrages de ces faux militaires tolérés par le pouvoir. Leur premier barrage est situé au nez et à la barde des autorités administratives de Guiglo, à 3 km de la ville, précisément dans le village de Katy. Ils cogèrent ce barrage avec des hommes en tenue de policier. A Bloléquin, chef-lieu de département, toujours dans le Cavally, le scénario est similaire. A l’entrée de la ville, des Frci occupent un ancien corridor de sécurité à proximité de la rivière Gonhi. Sur l’axe de Toulépleu, ils sont en cohabitation avec des gendarmes dans le village de Goya. Là, les motos-taxis et les taxis-brousses sont à leur merci. Cette cohabitation avec les forces régulières dans les corridors se constate pareillement aux trois entrées de la vile de Duékoué. Tout comme à Man, capitale de la région du Tonkpi. La particularité, c’est qu’ici, des Frci, parfois en amulettes, gardent des édifices, tels que les supermarchés. Sur l’axe Man-Biankouma, ces faux militaires, qui se paient sur les routes et les pistes villageoises, ne sont pas absents. Il en est de même pour la région de Daloa. Où les forces régulières attendent la régularisation de la situation promise par Ouattara. «On attend de voir. Le temps qu’on leur a donné n’est pas encore arrivé», explique un policier sous le couvert de l’anonymat.
A Bangolo, précisément dans le village de Ziondrou, les miliciens pro-Ouattara sont visiblement présents. Rançonnant, eux aussi, automobilistes et transporteurs à leurs passages.
Du côté de la région de la Marahoué, les choses ont une coloration plus particulière. Parce qu’à la tombée de la nuit, ce sont les dozos qui quadrillent la ville de Bouaflé, fusil en bandoulière. Arrêtant les automobilistes à leur corridor de fortune dressé sur la route menant à Abidjan. Comme cela a été le cas dans la nuit du lundi à mardi dernier, autour de minuit, quand notre équipe de reportage franchissait ce lieu.

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