la chaîne de télévision française tv5 monde a fait récemment
une série de reportages dans la région de duékoué et dans le mont péko, ancien fief du mercenaire burkinabé ouédraogo
amadé rémi dit amadé ouérémi actuellement en détention
à la prison de dimbokro.le moins qu’on puisse écrire,
c’est que cette chaîne internationale a crevé l’abcès, en
mettant sur la place publique ce que le régime ouattara a
toujours nié ou caché, à savoir l’impunité dont jouissent les
chasseurs traditionnels «dozos » et l’injustice faite aux
autochtones au profit des Burkinabé dans le mont péko.

la journaliste ilham taoufiqi, envoyée spéciale de tv
monde en côte d’ivoire, à l’occasion de la visite du président
français françois hollande,a mis son séjour à profit pour se rendre à duékoué et dans le mont péko. a duékoué,elle a retrouvé la même veuve qu’elle avait interrogée en 2011 en pleine crise. cette année-là, la dame avait été interrogée par un juge d’instruction du tribunal de première instance de daloa, sur ce qui s’était réellement passé. « Je leur ai tout expliqué. Ils nous ont promis de donner suite à l’enquête qu’ils menaient.
Trois ans après, il n’y a toujours rien. Les choses n’ont
pas bougé depuis votre dernier passage, » a confié la dame, dont l’époux avait été froidement abattu. les proouattara impliqués dans les graves violations des droits de l’homme et dans les pires atrocités dans la région de duékoué n’ont jamais été entendus, ni inquiétés. « Bien au contraire, certains d’entre eux ont été promus et le commandant des FRCI à cette époque a été muté, » a conclu la journaliste dans son élément filmé. elle a également constaté que les « dozos »continuent de régner en maîtres absolus et en toute impunité à duékoué.

surpris par la journaliste entrain de faire subir un interrogatoire
à un supposé voleur, le chef des « dozos » a balbutié dans un français approximatif face à la question de savoir ce que font la police et la gendarmerie: « Nous, on fait des patrouilles la nuit à leur place.Bon, ils peuvent rester au bureau la nuit, puisque nous, on fait des patrouilles, » a-t-il répondu.la journaliste a constaté sur le terrain que des barrages sont dressés et que les paisibles planteurs sont rackettés, de gré ou de force.certains paient cinq cents (500) à mille (1000) francs par barrage à longueur de journée.Là encore, interrogés sur ce racket, les « dozos » n’ont
pu donner de raisons ou de justifications convaincantes.
ilham taoufiqi s’est rendue dans l’ex-fief d’amadé ouérémi.
son premier constat, les nombreux barrages de contrôle sur le tronçon tenus par les forces pro-ouattara. «Avant d’entrer dans la zone, il faut une autorisation du préfet ou du commandant de brigade de gendarmerie », lui indique un militaire sous une paillote à un barrage. dans la forêt classée,d’où ont été déguerpis
des autochtones, elle trouvera des Burkinabé estimés à plus
de vingt quatre mille (24 000),confortablement installés. «
Nous, les autochtones, on nous a chassés. Mais aujourd’hui,
nos frères burkinabé travaillent dans nos plantations
et récoltent nos produits », témoigne un planteur. «Chaque véhicule (NDLR : des Kia) qui sort de la zone avec du cacao ou du café paie quarante mille francs (40 000 F)aux FRCI avant de passer », a constaté l’envoyée spéciale de tv5 monde sur le terrain.

de retour en france, la jeune dame était sur le plateau de tv5 monde afrique le mercredi 30 juillet dernier pour apporter
d’autres éléments à son reportage. a l’en croire, un militaire parmi ceux avec qui elle s’est entretenue pendant son reportage, aurait été interpellé plus tard pour atteinte à la sureté de l’etat. « Je ne pense pas que la raison évoquée soit vraie. Je pense plutôt que son arrestation a quelque chose à voir avec le reportage », estelle
convaincue.comme la journaliste l’a noté, l’impunité et l’injustice
cohabitent dans l’ouest de la côte d’ivoire, comme partout
ailleurs. la récente tournée du ministre d’etat, hamed Bakayoko,
dans la région, a été inutile!
AUTRE PRESSE
05/08/2014