jeudi 19 juin 2014

mohamed balla Kéita est le fils de feu balla Kéïta, ancien ministre d’Houphouet-boignyassassiné au burkina Faso en 2002. Dans
un message posté sur Facebook, en début de semaine, il dénonce une situation d’injustice liée à l’expropriation de la maison familiale.

«Bonsoir Chers frères et soeurs. Bonsoir à nos aînés,
bonsoir à tout le monde. Je viens humblement exposer
un problème sérieux qui mine la société ivoirienne. ma
mère est décédée hier. La mort est un décret de Dieu.
nous sommes tous destinés à quitter cette terre. et, pour
ça, en tant que croyant, en tant que musulman, j’ai accepté
le décès de ma mère. mais je viens à vous parce
qu’il y a un problème qui s’est passé que je veux exposer.
Je veux que quelque chose soit fait, il faut que ça soit su.
Parce que beaucoup de familles sont victimes de ces
mêmes injustices. Je m’appelle mohamed Balla Kéita et
ma mère s’appelle Diabaté Korotoum. elle était agent à
l’ocm, elle a travaillé pour l’etat toute sa vie, elle est à la
retraite. elle avait une maison à Cocody au vall doyen 2.
et, pendant son séjour aux etats-Unis avec moi, on reçoit
un coup de fil qu’un détachement militaire vient, il vide
les résidents de la maison et ils prennent contrôle des lieux
avec une dame à leur tête du nom de mariam Diomandé.
Cette dame dit qu’elle est avec un certain colonel ibrahim
Diomandé et que la maison lui appartient. Donc les
résidents à qui ma mère avait confié la maison ont eu peur,
ils ont quitté les lieux, ils sont allés se réfugier chez les voisins. C’est un petit quartier, on se connaît tous dans le
quartier, on a tous grandi ensemble. et j’ai reçu plusieurs
coups de fils, mais vraiment il y a un détachement de frci
qui est dans le quartier, ils ont pris la maison de ma mère. et
donc, étant ici, on essaie de voir comment on pouvait résoudre ce problème à l’amiable et dans le calme. et donc
nous avons contacté un avocat, me Afléchi, pour qui on a
dépensé plus de 6 millions de fcfa. et chaque fois il faut
donner de l’argent, il faut donner 400 mille fcfa. et on n’a
pas arrêté de donner l’argent à cet avocat mais qui, absolument, n’a rien fait de l’histoire. nous sommes allés
jusqu’à la Cour suprême et la Cour suprême a décidé que
la maison appartient légalement à ma mère. et pendant
neuf mois où nous étions en train de lutter pour que des
gens qui ont occupé un domicile illégalement le quittent, la
résidente de la maison s’est permis de prendre les effets
personnels de ma mère et les a jetés dans la rue, dans le
quartier, devant tous les voisins. nous avons donc décidé
que la maman aille là-bas. Puisqu’on demandait
à mon frère oumar Berté, qui est en Côte d’ivoire, d’avoir
des procurations. Donc la pauvre dame va en Côte
d’ivoire, nous sommes obligés de la loger dans une résidence. La résidence rose Hermine où elle reste plusieurs
mois. et elle ne peut même pas aller dans la résidence
et chaque fois que ma mère m’appelait, elle me disait:
«mon fils, j’ai mes habits dans la maison, j’ai mes bijoux,
j’ai mes dossiers, j’ai tous mes papiers dans la
maison. Comment est-ce que je peux venir dans un etat de
droit et quelqu’un occupe mon domicile ?» Je lui ai dit :
«maman, allons-y doucement  et on va essayer de trouver
une solution, c’est sûr que les autorités feront quelques
chose. et donc, pendant 9 mois, nous sommes restés là
à lutter, lutter, lutter et rien ne s’est passé. finalement, il y a
environ une semaine, dans cette lutte-là, ma mère est
tombée dans le coma. elle a été emmenée à la Polyclinique
des ii- Plateaux et elle est restée dans cet état-là et
elle est décédée. et le pire, c’est que, depuis mon jeune
âge, ma mère me disait : «mon fils, si je meurs, il y a
mon linceul qui est dans la maison. moi, je veux qu’on
m’enterre avec mon linceul». et donc ma petite soeur était
à Abidjan. Je lui ai dit : «Petite soeur, il faut prendre le linceul de la maman parce que c’était son dernier voeu». impossible de rentrer dans le domicile pour prendre le linceul
de ma maman. vraiment, chers frères et soeurs
ivoiriens, ce message est adressé aux autorités. C’est
ma mère, elle est partie, c’est la volonté de Dieu. mais rétablissez- la dans ses droits. La dame qui occupe les lieux
peut partir, elle doit partir, elle doit quitter les lieux immédiatement. Cette maison ne lui appartient pas, elle a de faux papiers qui ont été établis par un agent de la Sicogi. nous avons toutes les preuves et nous pouvons les donner.
Donc je demande aux autorités ivoiriennes de prendre
leurs responsabilités et de rétablir ma défunte mère dans
ses droits et de rétablir ce droit à toutes les autres familles
qui souffrent de ces injustices sociales. Un etat de
droit fonctionne en protégeant les biens publics, les
propriétés des gens. C’est comme cela que fonctionnent
les pays développés. il faut protéger la propriété privée
d’abord pour créer un certain ordre dans la société. Je ne
vais pas baisser les bras. ma mère n’est pas morte pour
rien, cette justice-là sera faite. La justice doit être rendue,
le droit doit être lu et la dame, mariam Diomandé,
doit quitter la résidence de ma mère qui a été enterrée.
elle n’a plus le droit de résider dans cette résidence dès
lors qu’il a été établi clairement par la Cour suprême de
Côte d’ivoire que cette maison ne lui appartient pas. Je
viens en paix, je viens dans le calme. vraiment, essayez de
résoudre ce problème dans les plus brefs délais. merci, je
n’essaie pas d’offenser qui que ce soit. Je ne viens pas
pour être hautain. mais la perte d’une mère est quelque
chose de lourd. et, en tant que son fils, il faut que je dise
quelque chose parce que cette injustice-là ne peut pas
continuer. Je demande aux autorités ivoiriennes de rétablir
ma défunte mère dans ses droits et de laisser son
âme reposer en paix. merci. 

SOURCE notre Voie  du jeudi 19 juin 2014