Dj Léo est compté aujourd’hui parmi les artistes prometteurs de la jeune génération de faiseurs de couper-décaler. Il tourne sans répit. Il s’est imposé avec ses différents singles et mène son petit bonhomme de chemin. Comment entrevoit-t-il sa jeune carrière ? Quels sont ses projets ? Le concepteur du ‘’Toubabou dance’’ s’explique.

• Tu sembles avoir choisi Grand-Bassam comme lieu de residence…
- Toute ma famille se trouve à Bassam. J’ y suis né et j’y ai grandi. Cette ville a été témoin des débuts de ma carrière artistique par la danse. Donc, c’est l’endroit idéal pour m’inspirer grâce à la bénédiction des populations.
• On t’a retrouvé dans la rumba avec le single ‘’Taper poto’’, y a-t-il une explication ?
- Je précise avant toute chose que c’est ma propre composition musicale. Je l’ai enregistrée dans le studio de Patché où j’ai été sollicité pour un featuring. En attentant l’artiste avec qui je devais chanter, j’ai composé ce titre sur un beat proposé par l’arrangeur.
• Qu’est-ce qui te lie particulièrement aux jeunes boucantiers ?
- C’est une longue histoire parce que mon premier single en duo avec Ivan Trésor a été produit par un boucantier. Par la suite, j’ai commencé à chanter les noms comme Dino Malachie, qui a acquis une notoriété grâce à ce genre de singles. J’ai sorti ‘’Reggae des spots’’, ‘’ Semez la panique ‘’, ‘’ Adjigui dôni’’, ‘’Jet Lee’’… qui ont connu du succès. C’est à partir de là que tous ces ‘’éléments ‘’ sont tous prêts à me soutenir à toutes les occasions.
• Que penses-tu des jeunes boucantiers assimilés à des brouteurs ?
- (Il hausse le ton). Le couper-décaler est venu avec le “boucan” au temps de feu Douk Saga et la Jet 7. Donc, je ne peux pas dire que ce sont des brouteurs qui me donnent de l’argent au cours de mes prestations. Car je ne sais pas vraiment ce que chacun fait pour avoir son argent. Particulièrement, je les appelle les boucantiers parce que c’est eux qui soutiennent le mouvement aujourd’hui. Sinon, nous allons avoir les moyens où pour sortir nos œuvres ?. Donc, c’est grâce à ces jeunes que je suis ce que je suis.
• Que te rapportent tes multiples featurings ?
- Au début dans le souci de me faire connaître, je faisais la course aux artistes pour chanter dans leurs œuvres. Aujourd’hui, ce marathon est fini. A part certains amis du milieu, j’exige un cachet dans la proportion qui me convient avant de chanter. Et tout dépend de ce que tu attends de moi comme inspiration.
• Peut-on connaître ta position vis-à-vis des différents clashs ?
- Vous savez, chacun de nous a sa manière de conduire sa carrière. Certains artistes estiment que les clashs peuvent leur donner de la cote auprès des mélomanes. Moi, je n’ai pas besoin de ce genre d’attitude pour évoluer. Je compte sur mon talent pour avancer dans ma carrière. Je n’ai pas fait de clash pour être là où je suis. Donc, je continue de m’améliorer dans mon travail pour atteindre le meilleur, car c’est l’arrivée qui compte.
• Qui sont tes amis dans le milieu couper-décaler ?
- A part les arrangeurs, Elvis Ségon, Champi Kilo, Patché, je n’ai pas d’amis artistes. Il y a trop de méchancetés gratuites et d’hypocrisie dans le milieu. C’est pourquoi je reste sur mes gardes.

• Quel est ton regard sur le couper-décaler dix ans après ?
- Dix ans après, le couper-décaler est en train de se noyer. Les artistes ne veulent plus travailler pour trouver de belles compositions. Chacun crée un concept qui n’a pas de sens. Les chanteurs cachent leurs faiblesses derrière les acrobaties de leurs danseurs. Les artistes aiment le spectacle et oublient de chanter. On retrouve plein de roucascasses (les blocages) et de bruit dans les chansons. Y a vraiment un sérieux problème dans le mouvement. Les artistes n’ont plus de chansons qui peuvent durer dans le temps. C’est même vraiment dommage pour certains leaders du couper-décaler, qui sont tombés aussi dans cette facilité. Et ça tue le mouvement pendant que les Nigérians sont en train de gagner du terrain.
• Les arrangeurs n’ont-ils pas aussi leur part de responsabilité ?
- Ah si, les arrangeurs ont leur part de responsabilité. Mais ce sont les artistes qui les induisent en erreur. Car, l’artiste vient déjà avec une idée de musique qu’il souhaite développer. Le couper-décaler est une bonne musique, que les chanteurs exploitent mal. Les artistes doivent amener nos arrangeurs à leur proposer quelque chose de bon pour les mélomanes.
• Quels sont tes projets ?
- Je prépare des collaborations musicales avec Flavour, Davido et je travaille sur mon prochain concert.
Source Top Visages
29/05/2014