Niamkey Koffi, idéologue attitré du Pdci, Professeur titulaire au département de philosophie de l’université Félix Houphouët-Boigny en Côte d'Ivoire, secrétaire exécutif chargé de la formation et de l’école politique du Pdci, aborde ici, dans cette interview réalisée via Internet, avec franchise, des questions sensibles relatives à la candidature unique au Rhdp, l’alliance avec le Fpi, le retour du Pdci au pouvoir…

Soir-Info : 25 députés, dont ceux du Pdci, battent tambour en ce moment pour une candidature unique au sein du Rhdp, autour du président Alassane Ouattara. Quelle lecture faites-vous de cette démarche?

Niamkey Koffi : Il y a eu déjà un député qui s’est proposé comme directeur de campagne du Président HKB (Henri Konan Bédié). Nous sommes à la saison des floraisons des supporters de candidats présidentiables.

 Le Pdci avait pourtant décidé, au sortir de son XIIè congrès ordinaire, de présenter un candidat, à l’élection présidentielle de 2015. Cette démarche des députés Pdci ne vient-elle pas désavouer l'organe suprême du parti?

N.K : L’éthique politique commande à tout militant digne de ce nom, le respect des décisions de l’organe suprême de son parti. C’est ce que signifie la discipline de parti. Le respect que l’on doit à un responsable politique est fonction du respect que lui témoigne à l’égard  de lui-même et à l’égard de l’instance dont il se réclame.

 Cette « candidature unique » à l’élection présidentielle de 2015, pourrait, selon eux  « éviter une rupture dans la gestion efficace du pays ». Quel commentaire ?

N.K : La candidature unique aurait pu en 2010 éviter la rupture dans la gestion inefficace du pays.

 Pensez-vous que le Pdci a des chances de revenir au pouvoir en présentant un candidat en 2015 ?

N.K : Si le Pdci-rda  ne présente pas de candidature quelle chance aurait-il de revenir au pouvoir ? Si vous ne participez pas à un jeu quelle chance avez-vous de gagner ?

  Un inspecteur du parti, en l’occurrence  Konan Alla Raoul estime que le Pdci pourrait imploser si  la question de la candidature n’est pas bien réglée. Que lui répondez-vous ?

N.K : La question de la candidature n’a pas été éludée par le XIIè Congrès ordinaire. Loin de conduire à l’implosion du parti, la solution adoptée par les congressistes a été accueillie avec enthousiasme par les militants. Vous vous souvenez sans doute de la qualité de l’ambiance provoquée par la résolution  que le Pdci-rda doit avoir un candidat, militant actif à la présidentielle de 2015..

 Certains militants suspectent Bédié, le président du Parti, de vouloir «  inféoder » le Pdci au Rdr. Pensez-vous, aujourd’hui, que le Pdci a encore, dans le Rhdp, des ambitions de reconquérir le pouvoir d’État ?

N.K : Je regrette que vous ayez le courage de vous faire l’écho de ce procès d’intention qui prête une telle forfaiture au Président du Pdci-rda qui a toujours fait la preuve de son respect des principes démocratiques en remettant constamment en jeu son mandat à la tête de son parti. Concernant les ambitions de reconquête du pouvoir, la plate-forme du Rhdp ne constitue en rien un handicap. Bien au contraire, elle est bâtie sur l’idée que chaque partenaire doit faire la preuve et l’épreuve de sa force sur l’échiquier politique national au premier tour de la présidentielle afin de fonder ses prétentions et son poids dans le gouvernement commun en fonction de sa représentativité.

 Le Président du Parti Démocratique de Côte d’Ivoire,  Henri Konan Bédié se dit « favorable » à une candidature unique du Rassemblement des Houphouétistes pour la Démocratie et la Paix (Rhdp, coalition au pouvoir) mais avec des « conditions » à discuter avec son « frère » Alassane Ouattara. Quelle devrait, à vos yeux, être la principale condition ?

N.K : Je ne crois pas que vous ayez bien compris le Président HKB. Il indique que le projet d’une candidature unique n’est pas dans l’absolu une mauvaise chose. Il indique que l’alternance au sein du Rhdp est souhaitable et que cela peut se discuter entre partenaires. Ne vous laissez pas abuser par l’expression « famillialiste » dont il fait usage.

 Le Front populaire ivoirien (Fpi) a appelé « au rassemblement pour  la patrie », invitant votre parti à le rejoindre dans son combat.  Où en êtes-vous dans la mise en œuvre de cette plate-forme. Une alliance avec le Fpi est-elle envisageable, voire possible ?

N.K : Le Président HKB a répondu à cette question en notant qu’aucune requête dans ce sens n’a été officiellement formulée par le Fpi. Mais le XIIè Congrès a souligné que pour rassembler tous les Ivoiriens, il n’y a pas de parias et que toutes les alliances sont possibles. Notre partenaire principal dans le Rhdp est  lui-même en dialogue direct avec le Fpi.

  Le Pdci aura-t-il son propre candidat en 2015, comme l’a réclamé le congrès ?

N.K : Décidément cette question devient une véritable obsession ! Le congrès est souverain et lors de l’installation du Secrétariat Exécutif,  le 12 novembre 2013, le Président du Pdci-rda, nous a instruits de travailler à la mise en œuvre des résolutions et décisions issues du XIIè Congrès ordinaire. La principale est la préparation de la Convention de désignation du Candidat du Parti pour la présidentielle de 2015.

  Si le Pdci devrait s’aligner, au premier tour derrière le chef de l’État, Alassane Ouattara, un congrès extraordinaire serait nécessaire ou alors Bédié pourrait, d’autorité décider ?

N.K : Cette question ne se pose pas.

  Etes-vous d’avis avec certains militants du Rhdp qui estiment qu’une candidature unique s’impose à ce groupement politique ?

 N.K : Le Rhdp est une alliance de partis qui ont chacun leurs militants. Il n’y a donc pas de militants Rhdp.

  L'Union pour la Démocratie et la Paix en Côte d'Ivoire (Udpci, membre du Rhdp), à l'issue de son 2ème congrès ordinaire, tenu à Yamoussoukro, récemment, a choisi « Alassane Ouattara comme son candidat pour les présidentielles de 2015 », Pensez-vous que les puzzles d’une candidature unique se mettent en place autour de Ouattara ? 

N.K : L’Udpci est un parti autonome. Et nous respectons son indépendance dans ses décisions.

 Réalisée par Armand B. DEPEYLA

Source 

L'inter