Le secrétaire national de la Jfpi, tendance Sangaré, va passer sa première nuit à la prison de Dimbokro (centre-est) où il est arrivé ce vendredi soir sous le coup de 19 heures. Arrêté le mardi 7 juillet 2015 au quartier Selmer de Yopougon, en même temps que des amis et des inconnus, il a été détenu pendant 72 heures à la préfecture de police du Plateau. La procédure d’inculpation qui a eu lieu ce jour aux environs de 11 heures n’aura duré que quelques minutes. Pas besoin de s’interroger sur les chefs d’inculpation. Ils sont les mêmes que ceux collés à Dano Djédjé. La litanie de trouble à l’ordre public qui sonne désormais comme un refrain. Pourtant lors de son interrogatoire, Dahi a eu à répondre à des questions liées à la conférence de presse bilan des jeunes de la coalition de l’opposition, conférence au cours de laquelle des jeunes de l’opposition furent arrêtés. En quoi une conférence de presse qui a une valeur informative est-elle constitutive de faits de trouble à l’ordre public ? Seule la justice sous Ouattara peut en trouver les arguments justificatifs. Ceci est d’autant plus surprenant que le président de la République, chef suprême de la magistrature n’a pas trouvé d’inconvénient à l’organisation d’une conférence de presse. « Si des gens veulent organiser une conférence de presse, ils doivent pouvoir le faire », disait le chef de l’Etat face à des journalistes récemment.



Au cours du semblant de débat qui a eu lieu ce matin au parquet, l’avocat Dako Zahui n’a pas mâché ses mots pour dénoncer l’intrusion de la politique dans le temple de Thémis. « Vous utilisez le droit pour servir la cause du politique, c’est inadmissible ! », a-t-il craché au juge d’instruction qui n’a eu d’autres mots que de dire que lorsqu’on est dans l’action on n’a plus peur.

Au parquet où il est arrivé à 11 h, il a été jeté dans une salle de quelques mètres carrés contenant près de 80 prévenus, y compris des drogués et des bandits de tout acabit. Toute la preuve du mépris des opposants, traités comme des gens quelconques, sans droit et sans dignité. Toute la laideur de la déshumanisation.
C’est à 14 h 20 exactement que Dahi a été placé à bord d’un véhicule civil, cagoule sur la tête, pour son voyage d’isolement à la prison historique de Dimbokro.
Notons que ses compagnons d’infortune ont été libérés. Le parquet a conclu à un dossier vide et Didier Kosséré, Kouéyou, Odjé et Elodie Kassy sont rentrés chez eux après trois nuits passées à la préfecture de police pour ‘’délit de compagnie incommodante’’.

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