Dans quelques jours, le régime Ouattara entamera
avec l’année 2015, sa dernière année de mandat, en attendant la présidentielle prévue en octobre de
la même année. Le chef de l’Etat qui ne cache pas son ambition de rempiler, est déjà à pied d’oeuvre pour s’assurer
un second mandat. Toutes les occasions sont ainsi bonnes, pour Alassane Ouattara, de faire campagne.
La dernière sortie en date, reste la cérémonie d’inauguration du 3ème pont d’Abidjan, appelé « Pont Henri Konan Bédié », tenue le 16 décembre dernier. Saoulé par tant d’honneur à lui fait ce jour-là, le président du PDCI, on s’en souvient, s’est
érigé en avocat du chef de l’Etat pour annoncer que le pont Riviera-Marcory, vaut à lui seul, deux mandats
présidentiels. Des propos salués chaleureusement
par une foule d’Adorateurs, en délires, car depuis que
certaines grosses têtes du PDCI, que sont les Essy Amara, Charles Konan Banny et autres Kouadio Konan Bertin
dit KKB, sont sorties du bois pour afficher leurs ambitions de briguer le poste de président de la République,
l’inquiétude avait commencé à gagner les rangs des partisans du chef de l’Etat qui réalisaient ainsi que les
choses seraient plus difficiles que prévu. Déterminé à s’offrir un second mandat, le chef de l’Etat multiplie les
manoeuvres pour réduire au silence,
les adversaires déclarés ou potentiels, censés lui faire de l’ombre. C’est ce qui explique, la traque opérée depuis
quelques jours, par le régime, dans l’entourage du premier ministre Charles Konan Banny. Cela dans la pure tradition « houphouétienne »,qui consiste à casser les ailes ou garder
au frais, les candidats gênants.Des manoeuvres d’intimidation qui, espère-t-on, dans les allées du palais
présidentiel, finiront par avoir raison de l’engagement d’un Charles Konan Banny, dont la candidature, même en
tant qu’indépendant, ne manquera pas de faire mal à l’appel de Daoukro. Visiblement préparé à cela, Banny se
dit déterminé à aller jusqu’au bout de l’aventure, quoique cela lui coûte. Une posture partagée par le ministre
Essy Amara et le jeune député, Kouadio Konan Bertin dit KKB, qui n’imaginent pas un scrutin présidentiel
sans l’alignement d’un candidat PDCI
pur-sang. Mais les « irréductibles » du vieux parti, ne sont pas les seuls à
avoir décidé de se dresser contre le
régime en cette année 2015. On évoquera,
pêle-mêle, le millier de supplétifs
FRCI, laissés récemment en bordure du chemin, par la hiérarchie militaire, qui ne leur reconnait pas le
statut de soldats engagés régulièrement et de ce fait, ne peuvent bénéficier des fonds décaissées récemment
par le pouvoir, suite au mouvement d’humeur de la soldatesque, observé, le mois dernier, dans les principales
localités du pays. Ce n’est un secret pour personne que les exclus de la manne étatique, se préparent à dire
leur fait au régime qu’ils se vantent d’ailleurs d’avoir contribué à installer. Aussi faudra-t-il compter avec les
transporteurs qui, depuis hier, s’indignent
de la tarification sur le pont HKB, rendue publique par le gouvernement.
Des coûts intenables, selon Touré Adama, leader syndical bien connu dans le milieu du transport ivoirien. Et à l’en croire, il n’est pas exclu que dès la mise en application
du péage, les transporteurs engagent des mouvements de protestation contre cette nouvelle mesure étatique,
qui selon Adama, va appauvrir davantage les transporteurs. Les mauvaises nouvelles ne venant jamais
seules, voilà que les enseignants du supérieur menacent de paralyser les universités publiques au sortir
des fêtes de fin d’année. Cela, soutient- on, dans le milieu, en réponse au mépris souverain affiché jusquelà,
par le pouvoir face aux revendications
pécuniaires des enseignants. Un élan dans lequel s’inscrivent les étudiants et leurs attentes toujours insatisfaites
contrairement à la propagande gouvernementale. Toute
chose qui augure d’une rentrée universitaire
explosive sur les campus de Côte d’Ivoire. Autre péril et non
des moindres, le réarmement moral des troupes, au Front populaire ivoirien (FPI), où l’on est de plus en plus
convaincu qu’il faudra mettre de l’action,
en 2015, pour contraindre Alassane Ouattara à un minimum de démocratie. L’annonce a été faite hier,
par Justin Koua, qui a donné un ultimatum
au régime pour libérer les prisonniers politiques qui se meurent aujourd’hui à la Maca, dans l’indifférence
totale. Faute de quoi, promet le jeune leader, le FPI engagera
des actions de rue, sans calculs ni faiblesse. Et pour préparer l’esprit des militants à cette novelle donne,
les adversaires d’Affi N’guessan, tournent
depuis quelques jours, dans les fédérations pour expliquer la réalité et les enjeux de la crise qui secoue,
depuis quelques semaines, le parti créé par le président Laurent Gbagbo. Une initiative qui serait fort appréciée
de la base. Et comme si les soucis du pouvoir ne suffisaient pas ainsi, les fonctionnaires se préparent activement
à mettre une couche supplémentaire
avec notamment, la revalorisation salariale attendue en
ce mois de janvier 2015, et promise, il y a belle lurette, par le gouvernement Duncan. Au vu de tout ce qui
précède, le moins que l’on puisse dire, c’est que le mois de janvier, s’annoncevisiblement, comme celui de
tous les dangers pour l’administration
Ouattara.

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