« En changeant de nationalité après avoir assuré le pouvoir d’Etat, c’est de la dignité qu’on perd », a poursuivi le président burkinabè.

« En changeant de nationalité après avoir assuré le pouvoir d’Etat, c’est de la dignité qu’on perd », a poursuivi le président burkinabè.

Le président Burkinabè Roch Kaboré a jugé, ce  jeudi 7 avril, « dommage » que la Côte d’Ivoire ait naturalisé l’ex-chef d’Etat, Blaise Compaoré. Il estime que cette action vise à le « protéger » d’un mandat d’arrêt international.

 

« Ça me choque, quand on a été pendant 27 ans président d’un pays, il faut assumer ses responsabilités devant son peuple. C’est dommage que ce soit cette couverture qu’on ait trouvé pour protéger » M. Compaoré, a affirmé M. Kaboré sur les ondes de la Radio France internationale (RFI).

Blaise Compaoré est visé depuis décembre 2015 par un mandat d’arrêt international pour son implication présumée dans la mort de l’ancien chef d’Etat Thomas Sankara, tué en 1987 lors d’un putsch.

« S’il avait l’occasion de s’expliquer, de pouvoir dire à son peuple ce qui s’est passé, pourquoi pas ? Peut-être que le peuple lui pardonnerait l’ensemble de ses actions », a estimé Roch Kaboré.

En exil en Côte d’Ivoire depuis la chute de son régime le 31 octobre 2014, l’ex-président Blaise Compaoré « a obtenu la nationalité ivoirienne ».

« En changeant de nationalité après avoir assuré le pouvoir d’Etat, c’est de la dignité qu’on perd », a poursuivi le président burkinabè.

Burkina : le président Kaboré dénonce le déploiement de soldats français sur son sol.

Burkina : le président Kaboré dénonce le déploiement de soldats français sur son sol.

Dans une déclaration faite à la presse dimanche à Bobo-Dioulasso, le président Kaboré a dit que son pays ne se sent pas concerné par le déploiement de gendarmes français sur le sol burkinabé, dénonçant au passage la méthode utilisée par Paris. Après l'attaque terroriste perpétrée sur la station balnéaire de Grand- Bassam en Côte d'Ivoire, le ministre français de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, avait annoncé que des éléments du Groupe d'intervention de la gendarmerie nationale (GIGN) seront déployés sous peu à Ouagadougou, capitale du Burkina Faso, pour faire face à toute "crise de terrorisme" en Afrique de l'Ouest. Cette décision mise en œuvre sans prendre langue avec Ouaga a soulevé l'ire du président Kaboré qui dit trouvé injuste et solitaire, la méthode utilisée par Paris.

"Concernant le déploiement du GIGN, nous avons eu cette information comme vous sur France Inter. Nous avons considéré que nous ne nous sentons pas concernés. Le minimum dans cette matière, c'est d'informer les plus hautes autorités du pays et de voir s'il y a la possibilité ou non de le faire", a déclaré M. Kaboré lors d'un point de presse à Bobo-Dioulasso, deuxième ville du pays, à l'occasion de ses 100 jours de pouvoir. "Toute information que nous apprenons par la radio n'engage que ceux qui font leurs déclarations et ne nous engage pas, puisque de façon officielle, nous n'avons pas été saisis sur ce déploiement", a expliqué le président burkinabè.

Pour rappel en janvier dernier, Ouagadougou avait été le théâtre d'une attaque djihadiste contre un restaurant et un hôtel, qui avait fait 30 morts.

 

 

Etoudiblog/ Camersenat.info