C’ est fait. La Direction des Examens et Concours (DECO) du ministère de l’Education nationale a proclamé, le mardi 3 juillet 2018, les résultats du Brevet d’Etude du Premier Cycle (BEPC) : selon le ministère le taux de réussite a atteint 60,14 % contre 60,08% en 2017 et 59,11% en 2016. Ce résultat a été donné par la directrice de la DECO, Nimaga Mariam Dosso, qui a soutenu que «ce taux d’admission de 64,14% est le ré- sultat de l’instauration de la politique de dialogue entre les acteurs du secteur, fruits de la politique de proximité qui ont commencé à se faire sentir dans nos régions ».

 

Satisfaite, elle a donc félicité « les enseignants, les parents d’élèves et tous ceux dont les efforts viennent d’être récompensés par le succès», Dès la proclamation de ce résultat, le Syndicat de la Recherche et de l’Enseignement supérieur (SYRES), a vigoureusement réagi dans une dé- claration dont La Voie Originale a obtenu copie. Selon le syndicat du Supé- rieur, en lieu et place de résultat d’une prétendue « politique de dialogue», les informations font dire que «c’est une décision émanant de la DeCO qui a balayé du revers de la main les délibérations des jurys pour mettre sur pied un autre type de jury en vue de bonifier les résultats». Et le syndicat de préciser : «en outre des candidats refusés se retrouvent admis après cette manigance qui porte la moyenne d’admission à 8,50/20». Pour le SYRES, «cette attitude frise le mépris et le sabotage du travail des enseignants membres des jurys initiaux, l’encouragement à la fraude et au laxisme, et le rabaissement du niveau intellectuel de la Nation»

 

(voir dé- claration du SYRES en encadré). Sous le titre «Résultats des examens de fin d’année : Vers des BEPCI truqués, les enseignants en colère», nous faisions état, le lundi 2 juillet 2018, de ce que selon les dé- libérations des jurys, les résultats du BEPC 2018 seraient catastrophiques et que, avec la moyenne de repêchage baissée à 9, le taux national d’admission tournerait autour de 35 à 40% contre. Face à cette situation, Ouattara et son régime, par ces temps de négociations pour un 3ème mandat présidentiel, tiendraient à « démontrer que depuis qu’ils sont là, l’ecole ivoirienne est en nette progression chaque année». Pour cet objectif, pour porter coûte que coûte le taux d’admission au BEPC à 60% et plus, la moyenne d’admission serait rabaissée à 08,50 voire 08,00 (La Voie Originale du 2 juillet 2018, page 12). La dé- claration du SYRES officialise ces informations. Pour la survie politique de Ouattara, Kandia Camara Kamissoko, sa ministre de l’Education nationale, a distribué des BEPC politiques sans valeur acadé- mique aux enfants de Côte d’Ivoire. En termes chiffrés, ces BEPC politiques sont disséminés parmi 226 619 admis sur 376 819 candidats examinés dans 677 centres de composition. En termes de genres, 103 029 filles sont admises (45,46%), contre 123 590 gar- çons (54,44%). Mais quel cré- dit accorder à de tels chiffres ?

Affaire à suivre.