«Ce qu'il faut savoir, c'est que le système judiciaire anglo-saxon est différent du système français.
En droit d'influence française, qui est appliqué en Côte d'Ivoire, la partie qui conteste une décision rendue par une instance inférieure n'a pas besoin de requérir l'avis de
cette dernière pour faire appel de la décision. Le droit d'exercer l'appel et les modalités d'appel découlent
exclusivement de la loi. A la Cpi, ce droit est conditionné par l'avis de l'instance qui a rendu la décision.
Elle peut accepter ou refuser de façon discrétionnaire la demande de faire appel de sa propre décision. En
l'espèce du dossier du président Laurent Gbagbo, c'est la Chambre préliminaire I qui a rendu la décision
de confirmation de charges qui doit accepter ou rejeter la demande d'appel formulée par le président
Laurent Gbagbo. Généralement, quand cette Chambre n'a rien à se reprocher, elle autorise, avec confiance, l'appel. En refusant au président Laurent Gbagbo le droit de
faire appel de sa décision, la Chambre préliminaire I exprime ses craintes de voir sa décision remise en cause en appel. C'est donc un manque de confiance en elle-même
et un manque de courage de soumettre à la censure du juge supérieur, sa décision. En d'autres termes, cette Chambre
doute de sa propre décision qu'elle a rendue. Une fois encore, la Cpi vient de démontrer le caractère hautement
politique du procès du président Laurent Gbagbo. C'est pourquoi, nous ne cessons de dire qu'il appartient au peuple de Côte d'Ivoire, qui subit cette instrumentalisation du droit à des fins de politique intérieure à la Côte d'Ivoire, de
dire : « non, ça suffit !». Il n'est pas du ressort de la Cpi d'interférer de façon ouverte dans le débat politique
de la Côte d'Ivoire comme elle le fait. Nous devons prendre
conscience que le sort du président Laurent Gbagbo se trouve dans les mains du peuple de Côte d'Ivoire et
des Africains. C'est seulement notre détermination et notre mobilisation à dire « non » à cette injustice et à
cette oppression qui vont assurer le retour glorieux du président Laurent Gbagbo parmi nous. Pour cela, nous
devons croire en nous-mêmes !»
Koné Katinan,
porte-parole de Gbagbo