Mamadou Koulibaly a donné une leçon de démocratie à Affi

Mamadou Koulibaly a donné une leçon de démocratie à Affi

la visite que le président de lideR, Mamadou Koulibaly, a rendue au président Gbagbo la semaine dernière, a suscité inutilement de la polémique chez nombre de citoyens ivoiriens. et pourtant… !

 

Le fondateur de LIDEr, le professeur Mamadou Koulibaly, ancien président de l’Assemblée nationale de l’ère Gbagbo, a rendu visite, le lundi 22 janvier dernier, à son ancien camarade du FPI, le président Laurent Gbagbo incarcéré à La Haye. Il était accompagné de son épouse. Cette visite fraternelle a suscité diverses réactions dans la population.

 

Pour certains qui sont restés fidèles au président Gbagbo et à son combat, il n’est pas saint que Mamadou Koulibaly rende visite au président Gbagbo après qu’il aurait dé- claré que «Gbagbo a perdu les élections» et qu’il «méritait d’être à la CPi». Ceux-là ne comprennent pas que le président Gbagbo ait accepté de recevoir le président Koulibaly qui l’a abandonné au moment où il avait le plus besoin de lui, en termes de soutien. Pour d’autres qui ont manifestement trahi le président Gbagbo et son combat et qui suivent Affi N’Guessan, Laurent Gbagbo n’aurait pas dû recevoir le professeur Mamadou Koulibaly qui, selon eux, lui aurait fait plus de tort, alors qu’il refuse de recevoir l’exclu du FPI. Et pourtant, dans un cas comme dans l’autre, le fait que le président Gbagbo ait accepté de recevoir le professeur Mamadou là où il refuse de recevoir Affi N’Guessan peut se comprendre aisément.

 

En ce qui concerne les premiers, leur réaction est celle de tous ceux qui avaient placé tant d’espoir en Mamadou Koulibaly et qui à l’arrivée a déçu. On peut donc les comprendre. Cependant, ils doivent comprendre que le fait que le président Gbagbo ait accepté de le recevoir est une prime à l’honnêteté intellectuelle, à la franchise, au sens élevé de la compréhension de la dé- mocratie et au courage du professeur Mamadou Koulibaly. En fait, ne militent dans le même parti politique que ceux qui ont les mêmes convictions politiques ; qui partagent les mêmes idéaux ; qui ont en commun un projet de société duquel dé- coule leur programme de gouvernement.

 

A partir du moment où on ne partage plus ces principes politiques, on doit se séparer dans la paix, la tranquillité et sans animosité. Et quand les choses se passent de la sorte, les camarades d’hier ne deviennent pas des ennemis après. Mais de simples adversaires qui peuvent se rencontrer pour parler de l’avenir du pays, et même se retrouver dans le cadre d’une alliance politique. C’est le cas du professeur Mamadou Koulibaly. A un moment donné de l’histoire du FPI, il a estimé qu’il fallait changer de ligne politique. Il a même voulu changer le nom du parti. Il a mené le débat à l’intérieur du parti pour tenter de faire triompher sa nouvelle vision. Mais il a été mis en minorité. Il a accepté sa défaite démocratiquement et a pris ses distances avec le parti pour aller créer son propre parti politique. C’est cela l’honnêteté intellectuelle ; c’est cela la franchise ; c’est cela avoir le sens élevé de la pratique de la démocratie. On peut regretter qu’il soit parti à un moment où le pré- sident Gbagbo avait vraiment besoin de son soutien. Mais au moins, lui a eu le courage de partir et de créer son propre parti. C’est pourquoi le président Sangaré n’a éprouvé aucune gêne à se retrouver dans une même alliance avec le président de LIDEr pendant la lutte contre le référendum sur la constitution fourre-tout de Ouattara. Le président Laurent Gbagbo n’avait donc aucune raison de refuser de recevoir un leader politique national, qui plus est, est un ancien camarade et un ancien collaborateur et non des moindres. Ne perdons jamais de vue que le président Gbagbo a déjà reçu au moins deux fois KKB qui était pourtant dans la ‘’république du Golf’’ et qui était à la tête de la fameuse marche sur la rTI. Ceci n’est malheureusement pas le cas pour Affi N’Guessan. A la limite, les partisans d’Affi devraient avoir la lucidité de lui demander pourquoi le président Gbagbo refuse de le recevoir, lui qui se dit président d’un parti dont le célèbre prisonnier de La Haye est le fondateur, alors qu’il reçoit quasiment tout le monde, y compris Mamadou Koulibaly et ses plus fervents adversaires politiques. Il faut qu’ils aient le courage de lui poser la question. Il y a certainement des informations qu’il leur cache. Pour ce que nous savons, c’est que pour Affi N’Guessan, le transfèrement du pré- sident Gbagbo à La Haye lui ouvrait grandement le chemin du bonheur. Celui d’être son successeur à la tête du FPI et peut-être même à la tête de l’Etat. Une ambition peut-être légitime mais mal fi- celée. Car pour lui, il fallait tout de suite effacer Gbagbo de l’esprit des Ivoiriens en le ‘’tuant’’ politiquement. Affi pensait même que Gbagbo allait mourir physiquement à la CPI. Et qu’il fallait tout de suite bâtir son règne sur sa dépouille mortelle. En d’autres termes, il fallait tourner la page Gbagbo pour ouvrir sa page à lui. C’est à cela que Abou Drahamane Sangaré et les fervents partisans de Gbagbo, Akoun Laurent, Douati Alphonse, Koné Boubacar, Marie-Odette Lorougnon et bien d’autres ont dit non. Ils estiment pour leur part qu’il n’est pas politiquement sain et même humain d’abandonner en prison quelqu’un qui se bat pour le peuple ; d’abandonner en prison quelqu’un qui se bat pour la liberté des Ivoiriens et la souveraineté de la Côte d’Ivoire ; qu’il n’est ni politiquement sain, ni humainement bon d’abandonner un camarade qui plus est son chef dans l’enfer de la prison dans laquelle il a été injustement jeté pour la cause commune. Affi N’Guessan a porté le débat à l’intérieur du parti, notamment au Comité central pour tenter de faire triompher ses idées. Ce qui est normal. Ce qui n’est pas normal, c’est quand il refuse d’admettre sa défaite. Il a d’abord perdu le débat oralement. Il a ensuite organisé une élection autour de ce débat au Comité central et il a perdu de nouveau. On s’attendait donc à ce qu’il s’aligne sur la position de la majorité comme l’exige la pratique démocratique, ou qu’il aille tranquillement créer son propre parti politique, comme l’a fait en son temps Mamadou Koulibaly. Que non ! Il a plutôt dé- cidé de prendre le FPI en otage en s’appuyant sur la machine du pouvoir. Il a traîné en justice le parti dont il était le président et a traité Sangaré et ses anciens camarades de tous les noms. Il a même traité le président Gbagbo de falsificateur de documents administratifs. Plus grave, il a fait emprisonner certains de ses anciens camarades comme s’il n’allait plus jamais les revoir dans la vie. Ce sont toutes ces raisons qui ont motivé sa radiation du FPI au Congrès extraordinaire de Mama. Malgré cela, il s’agrippe au logo et à l’emblème du parti. Affi N’Guessan pratique la politique de la terre brûlée. Pour lui, le FPI doit lui revenir au détriment de son fondateur que le Congrès extraordinaire de Mama a pourtant reconduit à la tête du parti. Il reste donc dans sa logique consistant à ‘’tuer’’ politiquement le président Gbagbo. C’est méchant ; c’est diabolique. Pourquoi s’étonner donc que le président Gbagbo ne reçoive pas un tel homme ? A quel titre le recevrait-il d’ailleurs? Du moins en quelle qualité Affi N’Guessan a-t-il formulé sa demande d’audience ? La question est d’importance. Si c’est en qualité de président du FPI, alors Affi peut être certain que le président Gbagbo ne le recevra jamais. Car pour lui depuis le Congrès extraordinaire de Mama, il n’est plus membre du FPI. Parce que ce Congrès extraordinaire a élu Laurent Gbagbo président du FPI. Cela n’est pas diffi- cile à comprendre. En revanche si c’est en qualité de simple citoyen ivoirien voulant aller saluer un ancien camarade de parti, alors sa demande pourrait avoir la chance d’être examinée. Mais là aussi, il faudrait bien connaître de ses réelles intentions. On ne sait jamais !