En mission internationale en Côte d'Ivoire, le président de la Fédération internationale des ligues des droits de l'Homme (FIDH) n'aurait pas été reçu par les autorités alors qu'il en avait fait la demande.

Accompagnés des responsables des organisations membres du FIDH en Côte d'Ivoire, le Mouvement ivoirien des droits humains (MIDH) et la Ligue ivoirienne des droits de l'Homme (LIDHO), Patrick Baudouin dénonce cette attitude des autorités ivoiriennes et précise qu'elle ne fait pas bon signe.

"Les demandes ont été faites au moins à deux ministères qui allaient nous recevoir, l'Interieur et la Justice. Par ailleurs vous savez que quand le président est en déplacement, il y a plusieurs personnalités du gouvernement avec lui. Et là on devait être reçus pourquoi ne l'ai-t-on pas," a declaré le président.

L'avocat français constitué partie civile en Côte d'Ivoire auprès 200 victimes de la crise post-électorale estime que le refus des autorités est lié premièrement à un rapport remis en 2014 qui était critique sur l'évolution du processus judiciaire.

Patrick Baudouin pense par ailleurs que l'autre raison est la gêne que peut sentir les autorités politiques à venir lui dire qu'elles vont clôturer les instructions le 30 juin.

Alors qu'il soupconne les autorités ivoiriennes d'être suffisamment avisées pour penser qu'il va contester assez virulemment une telle prise de position qui n'est pas justifiable.

"Est-ce que c'est une façon d'échapper un peu à la discussion avec nous. J'avoue que ce n'est pas bon signe. Ça nous paraît pas bon signe," a-t-il martelé.

"Je ne suis pas convaincu que cela soit suffisant parce que, il faut le dire j'ai toujours eu la pression dans ce pays. Je suis venu ici la troisième fois en trois ans d'une écoute par rapport à beaucoup d'autres pays dans lesquels j'ai été emmené à me rendre en Afrique. Jusque là on avait cette écoute pourquoi aujourd'hui," a poursuivi Me Baudouin.

L'avocat français a révélé au cours de cette rencontre avec la presse qu'il partage l'opinion de la CPI qui réclame à juger Simone Gbagbo, en considérant que les conditions ne sont pas aujourd'hui réunies pour qu'on ait suffisamment d'assurance d'un procès équitable.

"On espérait avec l'évolution du travail de la Cellule d'enquête et d'instruction et de ces procédures sur les crimes de sang, la Côte d'Ivoire parviendrait à convaincre du contraire. Mais ce n'est pas le cas aujourd'hui. On est plus tôt en régression qu'on avance," a déploré le président du FIDH.

Durant son séjour Maître Patrick Baudouin a été reçu par l'Union européenne, l'ONUCI et l'ambassade de France

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