Le statu quo observé dans les discussions engagées en vue de la réunification au Front populaire ivoirien (FPI), a fait sortir de son silence, Agnès Monnet, ancienne secrétaire générale de la tendance du parti dirigée par Pascal Affi N’guessan, aujourd'hui Conseillère politique de Laurent Gbagbo.

Agnès Monnet (FPI): "Affi N’Guessan est « vrai-faux » candidat qui louvoyait en misant astucieusement sur le non-retour au pays du Président Laurent GBAGBO"

Le Front populaire ivoirien est scindé en deux depuis 5 ans. D’un côté, la tendance dirigée par l’ancien Premier ministre Pascal Affi N’guessan, se réclamant de la légalité, et de l’autre les idéologues restés proches de Laurent Gbagbo, l’ancien président ivoirien.

Les discussions engagées entre les deux parties depuis février dernier, semblent avoir pris du plomb dans l’aile. Le député de Bongouanou, qui jouit jusqu’à ce jour de la légalité, a claqué la porte des négociations.

Affi N’Guessan dénonce la signature de façon unilatérale d'un accord cadre de collaboration entre « les frondeurs » du FPI et le PDCI-RDA du président Henri Konan Bédié. Une attitude que peine à comprendre son ancienne conseillère Agnès Monnet, devenue Conseillère politique de Gbagbo.

« N’est-ce pas lui-même AFFI qui a émis l’idée d’une alliance non idéologique, et qui a enclenché le rapprochement avec le Président Henri Konan Bédié, Président du PDCI-RDA, lors d’une visite à lui rendue à Daoukro le 9 Janvier 2019 ? », s'étonne-t-elle.

« Les négociations engagées sur instructions du Président Fondateur du FPI, sont censées conduire le Parti à un Congrès Unitaire en vue de sceller à jamais l’union de l’ensemble de ses militants, et de les rassembler autour du Président Laurent Gbagbo, leur leader incontestable et incontesté; qui assume jusqu’au bout, avec audace et sans ambiguïté, son destin et ses choix quoi qu’il lui en coûte », rappelle Agnès Monnet à son ancien patron.

La maire FPI de la ville d'Agou soupçonne en effet Affi N’guessan de ne pas être réellement engagé dans la dynamique de réunification du parti, comme demandé par Laurent Gbagbo.

Sans doute, estime-t-elle, parce que le député de Bongouanou s’est rendu à l’évidence que, depuis la dernière révision constitutionnelle opérée par le pouvoir RHDP en mars 2020 et surtout depuis le 28 mai dernier, toutes ses exigences sont en train de s’écrouler les unes après les autres.

«Pour cette seule raison -et non pour toute autre-, la réconciliation tant souhaitée au sein du Parti ne représente plus aucun intérêt pour lui. En effet, en ayant modifié substantiellement les conditions de liberté de notre leader charismatique, la Cour Pénale Internationale (CPI) vient de mettre à nu tout le flou artistique entretenu par un « vrai-faux » candidat qui louvoyait en misant astucieusement sur le non-retour au pays du Président Laurent GBAGBO, avant l’élection présidentielle d’Octobre 2020 », fait-elle savoir.

« En vérité, il vient d’être rattrapé par sa stratégie pernicieuse dont, nous autres, savons pertinemment qu’elle consiste à ne s’inscrire dans aucune dynamique interne d’unité et de réconciliation que si, et seulement si, cela lui profite personnellement et nourrit ses ambitions présidentielles », a chargé Agnès Monnet.

L’ancienne secrétaire générale du FPI a par ailleurs exprimé son souhait le plus ardent de voir Affi N’guessan revenir à la table des discussions en vue de parvenir à la réunification, seul gage d’un retour au pouvoir du parti.