La question d’une candidature du Pdci à la présidentielle 2015 a été réglée par le 11e congrès du vieux parti. Mais on ne savait pas de façon précise, l’identité de la personnalité qui va avoir l’investiture de l’ex-parti unique. C’est désormais fait.


il aurait bien voulu continuer d’entretenir le suspense, de
répondre par énigme, de ruser avec ceux qui veulent connaître son opinion sur le futur candidat du Pdci à la prochaine présidentielle. il aurait bien voulu procéder comme
pour le 11è congrès qu’il a fini par maîtriser au prix de mises
en scènes et de ruses dignes d’un vieux crocodile de la politique.  Seulement, cette fois-ci, les choses sont différentes
pour Henri Konan Bédié. il ne s’agit pas d’un simple congrès
d’un parti politique, mais de la présidentielle dont la manoeuvre commande stratégie et intelligence
pratique. en plus, en face, bien qu’inéligible au sens
de la Constitution, le chef de l’etat sortant, alassane Dramane
ouattara a déjà déclaré sa candidature. Donc (certainement
par stratégie), Henri Konan Bédié s’est enfin décidé,
selon de très nombreuses sources, à dire que
c’est lui qui va représenter le vieux parti à la présidentielle de 2015.
 

deux faitS catalyseurs
Selon des proches du natif de Daoukro, deux faits politiques
sur le continent ont créé le déclic chez n’zuéba. il s’agit de
la candidature à sa propre succession du président du
Zimbabwe, robert mugabe, l’un des chefs d’etat les plus
âgés du continent. mais aussi, il y a l’élection du président algérien, abdelaziz Bouteflika. a en croire nos sources, Bédié a fait un commentaire sur la limite d’âge qui avait laissé déjà
clairement présager qu’il sera candidat. il aurait indiqué à
haute voix, que la question d’âge ne doit pas constituer un
obstacle pour servir son pays. et il a été conforté dans
son idée par les deux candidatures citées plus haut. en d’autres termes, selon les proches, si aucun un événement non prévu ne vient changer leurs plans, c’est Henri Konan
Bédié, président du Pdci luimême qui sera face à alassane
Dramane ouattara, président du rassemblement des républicains (rDr), chef de l’etat sortant. Pour ses
proches, cette candidature se justifie pour plusieurs raisons.
leS fondementS de la candidature de Bédié
Plusieurs personnes dans l’entourage de n’zuéba pensent
que les présidentielles du Zimbabwe et d’algérie lui ont
servi de prétexte et que depuis longtemps, particulièrement
après avoir forcé pour être président du Pdci, Bédié avait
son idée pour la présidentielle, pour au moins trois raisons.
La première est culturelle. Dans la tradition akan, un chef
ne voit pas son successeur monter sur le trône. C’est dire
donc que si l’on se situe dans cette tradition, du vivant de
Bédié, les militants du PDCi et les ivoiriens ne lui connaitront
pas de successeur au Pdci. et pour ses proches, c’est de
loin, ce facteur qui aurait été déterminant pour décider l’ancien chef de l’etat. D’ailleurs, il y a une jurisprudence
en Côte d’ivoire. Selon un cacique du vieux parti,
Bédié qui était le successeur constitutionnel de Houphouët
n’est monté sur le trône qu’après la mort de ce dernier.
La deuxième raison est personnelle. Henri Konan Bédié, chef de l’etat, renversé en décembre 1999, a une revanche
personnelle à prendre. L’enfant de Daoukro qui a
gagné les élections en 1995 n’est pas allé au terme de son
mandat de cinq ans à cause d’un coup d’etat qui l’a même
contraint à l’exil. un prétendant à l’héritage de feu Houphouët, redoutable adversaire de 1993 à 2010, alassane
Dramane ouattara, devenu son allié depuis la dernière
présidentielle, avait promis de frapper son pouvoir «moribond » d’alors et ça n’a pas manqué. Donc il ne sera pas dit que le digne fils de Daoukro a perdu le pouvoir comme ça et n’a pas pu prendre sa revanche
en revenant au pouvoir. La troisième raison est politique.
Sur ce plan, Bédié a fait ce qu’il fallait. au sein de son
parti, le Pdci, il a manoeuvré ferme pour maîtriser le système. au 11è congrès du vieux parti en octobre 2013, il a
réussi le tour de magie de se rendre éligible alors qu’il était
forclos, atteint depuis 4 ans par la limite d’âge selon les
textes. Ceux-ci ont été exceptionnellement amendés pour
être adaptés à la condition de n’zuéba. C’est au Pdci qu’il a
donc obtenu son premier passeport. et conformément aux
résolutions du congrès d’avoir un candidat à la présidentielle
pour le Pdci, Bédié est dans son droit.
Par ailleurs, au niveau de l’alliance des Houphouétistes, il a
joué sa partition. Pendant longtemps, il a fait comme s’il
est pour une candidature unique. et en se décidant
enfin, Bédié peut aussi dire qu’il répond à l’appel des militants, un peu comme les scènes auxquelles on a assisté
avant le dernier congrès du Pdci où il a été «obligé» de
dire «oui» à tous les secrétaires généraux de section.
Dans le même régistre, on se souvient d’une sortie récente
du député méambly qui a mis en place une organisation
pour le plébiscite de Bédié et il était entouré de personnes
très proches de ce dernier. Sans compter les nombreuses
personnalités qui l’ont sollicité jusqu’ici et à qui il avait répondu d’une façon ou d’une autre. Bref, l’important est que
le président du Pdci se décide enfin malgré les obstacles qui
se dressent déjà devant lui.

comment Se rendre éligiBle au regard du code électoral?
Comment compte-t-il se rendre éligible quand on sait qu’il
est frappé par la limite d’âge ?
telle est la question que tout le  monde se pose y compris certains de ses proches. on le sait, au terme de l’article
35 de la Constitution ivoirienne, le candidat à l’élection
présidentielle doit avoir au moins 40 ans et au plus 75
ans. or le président du Pdci a aujourd’hui 80 ans bien sonnés. il va sans dire qu’il n’est
pas éligible.

mais nZuéba n’est pas né de la dernière pluie. il a sa petite
idée. il empruntera la voie que ouattara choisira pour se rendre éligible, indiquel’un des proches

du président du Pdci : «tout le monde sait très bien que le président ouattara et le président Bédié ne sont pas éligibles au terme de l’article 35 de la Constitution.

tout le monde sait également que c’est le président Gbagbo
qui a fait d’eux des candidats exceptionnels en 2010 en
usant de l’article 48 de la Constitution. Si ouattara modifie
la Constitution pour être candidat, il le fera au profit des
deux. en d’autres termes, s’il modifie les closes sur la nationalité, il le fera aussi pour les closes portant sur la question de la limitation de l’âge. en tout état de cause, il n’y a pas de raison que ouattara soit candidat et que Bédié ne le
soit pas». on le voit, Bédié tient ouattara de sorte qu’il ne se fait aucun souci en ce qui concerne son éligibilité. D’ailleurs, dans son entourage immédiat, on n’exclut pas que ouattara choisisse le passage en force. C’est-à-dire, être candidat
sans avoir à modifier les articles de la Constitution qui lui
barrent la voie à la candidature à la présidentielle ivoirienne.
Si le chef de l’etat, garant de la loi, choisit cette voie somme
toute suicidaire, il trouvera Bédié sur le trajet.
Cependant, Bédié n’est pas du genre à faire les choses à moitié. il n’ignore pas que le temps de passer la main arrive
sans faire de bruit.

DiBy daupHin de Bédié Comme tout bon chef, Bédié a
déjà pensé à son successeur. Selon ses proches, son choix
s’est porté sur Charles Koffi Diby, l’actuel ministre des affaires étrangères. L’héritier d’Houphouët reconnaît de
nombreux atouts à l’ancien directeur général du trésor et
ancien ministre de l’economie et des finances. Le premier
est que pour lui, Diby est suffisamment autonome financièrement pour avoir géré pendant plus de cinq ans les
finances du pays et pour avoir travaillé dans les régies. Le
deuxième est que l’actuel ministre des affaires étrangères
maîtrise l’administration. Pour Bédié, il manquait à Diby
d’être connu par la communauté internationale. et son
poste actuel lui permet de
combler ce déficit .