La France par le biais de son laquais local qu’elle n’a du reste jamais cessé d’embrassé sur la bouche d’un vrai baisé extasié a transféré maladroitement le président Laurent GBAGBO à la Haye, depuis novembre 2011 en passant par le camp de torture de Korhogo aux mains d’un geôlier lui-même sous mandat d’arrêt onusien.  Et depuis lors, le monde entier assiste à sa parodie de procès faite de report en report pour sa mise en liberté ne serait-ce que provisoire,  comme si on voulait donner un coup de pouce à quelqu’un qui a du mal à maintenir un navire à flot. Que cache ce marathon juridico-politique ? Peut-on juger le président GBAGBO sans prendre en compte les intérêts français? 

        N’est-ce pas la France, qui a porté la guerre en Côte d’ivoire du bout des bras jusqu’à l’arrestation (saluez Kandia puissante ministre de l’éducation nationale d’Alassane parlant de l’arrestation des notes de ma part)  du président Laurent GBAGBO le 11 avril 2011 à sa résidence officielle d’Abidjan-Cocody?  Pour le besoin de la cause de l’éternel oiseau de mauvais augure, on transforme une résidence présidentielle en bunker, à l’instar de celui que l’Allemagne nazi a connu pour ainsi   justifier, deux semaines de bombardements sans répit devant des populations occidentales, saoulées par une rare  condescendance  européocentriste.

         Vraisemblablement, la France, maintient le président GBAGBO à la HAYE le temps d’obtenir de ce dernier quelque chose. Mais laquelle ? violente question.  Sur le plan juridique,  aucune preuve de culpabilité ne l’éclabousse pour prolonger injustement son séjour carcéral.  Il est aux prises en réalité avec les soi-disant maitres de la Côte d’ivoire, d’après leur agenda secret selon lequel aucune vie humaine, encore moins celle des africains n’a de prix  face à leur voracité. Le Général de Gaule lui-même ne disait-il pas et je cite : « la France n’a pas d’ami mais des intérêts ». Même si  après Mitterrand en a fait son crédo. En effet, son maintien prolongé en prison s’inscrit dans cette logique impérialiste qui continue de déstabiliser de paisibles citoyens africains en général et ivoiriens en particulier.  En effet on peut tenter de dire que le « cas GBAGBO » s’apparente à un puzzle dont il est lui-même le maître. Le droit n’a-t-il pas débordé de son lit pour ainsi inonder le champ politique, là où il est de notoriété publique qu’il excelle?

         En clair, du temps de sa présidence, ce dernier a posé des actes qui s’avéraient être aux antipodes de la gestion d’un rentier Etat africain. Gbagbo vient révolutionner les choses en rétablissant  la dignité plus que perdu d’un classique Chef d’Etat africain, bien idiot à la limite, fêtard, sans aucun programme de gouvernement, encore moins un cohérent projet de société.  Tout doit se décider depuis la métropole en termes de gestion de l’Etat, c’est là que le « je ne suis pas un sous-préfet » prend tout son sens. La diversification  des partenaires commerciaux,  la  distribution effective des dividendes des ressources de l’Etat aux authentiques ayants-droit  devient un banal délit. La France est d’autant plus consciente que nous pouvons nous tirer de cette misère avec les ressources humaines de qualité que notre pays regorge. La gestion de la crise post-électorale par nos cadres en est un éloquent dessin.  Ils savent en définitive que les vraies solutions de notre émancipation c’est GBAGBO qui les détient, c’est tout le sens du crime de lèse-majesté dont on l’affuble. Aussi cette haine viscérale contre Gbagbo s’explique-t-elle par un instinct de survie, si tant est que les rapports entre la France et nous  sont éminemment manichéens. N’est-il pas évident qu’Ils sont riches parce que nous sommes pauvres?  Bernard DOZA disait à cet effet que la pauvreté africaine est fabriquée depuis l’Elysée. N’y a-t-il  pas qu’une seule place  pour le capitaine dans un navire? Or si Gbagbo est aux commandes, ils seront obligés d’en descendre. Dans ce cas de figure, ils imposent un atavisme belliciste. « L’homme est un loup pour l’homme ». Thomas Hobbes ne connait-il pas mieux ses parents? L’exemple portugais épouvante tellement la France qu’elle est obligée de demeurer sur les épaules de l’Afrique pour rester « grande et puissante ». Elle n’est finalement qu’une puissance africaine.   La boutade  de Bastide, anthropologue est illustrative. Il dit: « le Portugal  a conquis le monde moins par la croix et le glaive que par le sexe ». En effet quand le Portugal collait la paix au Brésil, Mozambique, Angola …, il n’a plus été assez  prospère pour gérer ses vieux moments de veaux gras, dans la gestion de ses affaires intérieures. La  pauvreté leur rend constamment visite au point où ils demandent du secours à l’Angola, Brésil pays émergent... Ils sont parents, en fait  le métissage  a piégé la nation acculturante portugaise, dès lors, elle devient différente. Pleinement consciente des déboires de sa cousine latine qui s’est laissée paradoxalement dominer au fur et à mesure qu’elle envahissait les territoires d’outre-mer, la France redoute ses capacités en ses propres forces en abandonnant ses colonies ; d’où les raisons véritables  de cette Gbagbophobie  viscérale de la France officielle.

         Enfin ce puzzle dont Gbagbo est le maitre d’ouvrage ne peut être défait que lorsqu’il acceptera de coopérer avec la France en vendant son âme. Cette circonstance rappelle étrangement Samora Machel (ex-président mozambicain)  disant dans le maquis que «  si les blancs commencent à bien parler de moi ne me confiez plus vos secrets, ça voudra dire que j’ai trahi la lutte ». Le cas de l’ex-président de l’Afrique du sud, Nelson Mandela , époux aujourd’hui de la veuve Machel,  nobélisé n’est-il pas assez  illustratif ? Le président Laurent Gbagbo,  lui-même, n’a-t-il pas décelé une zone d’ombre dans l’histoire de Madinba à savoir le deal qu’il a passé pour sortir de la prison de Robben Highland ?

          Il est à retenir que les reports intempestifs, ne serait-ce qu’une liberté provisoire du président Gbagbo, répondent de toute évidence  à un souci de « coopération » avec la France, d’où de « reniement de soi » envisagé par Paris. Or voilà ce que lui-même disait à ce sujet : « Un homme ne se renie pas. Un homme qui est un homme, assumant totalement sa détermination dans l’action, doit agir ; et il agit selon ce qu’il a décidé.  Moi, je n’ai rien d’autre que l’honneur. Et je m’efforce de vivre et de lutter sans haine. Je m’efforce de vivre et de combattre sans nuire. C’est pourquoi je marche, je marche et je marcherai toujours ! », dixit Laurent GBAGBO . Or c’est un tel homme qui n’est pas prêt à se renier que la France ne cesse de d’importuner et de tenter en miroitant que c’est elle la « grande » France qui détient les clés de la Haye.

 moacinter