Pour Bancongo, l’alternance est une question de «mangécratie».

Pour Bancongo, l’alternance est une question de «mangécratie».

Ça, ce n’est pas une offre politique». Si, face à son

allié du rHdP, le PdCI fait preuve d’atermoiements pour

exiger ce qu’il dit être un droit acquis à travers ‘’l’accord de

daoukro’’, les cadres du rdr, en revanche, ne s’embarrassent

pas de langue de bois pour exprimer l’agacement

que provoquent chez eux les prétentions du vieux parti à

positionner l’un de ses cadres pour la future présidentielle.

Cissé Bacongo, ex-ministre et conseiller d’alassane Ouattara,

s’en est pris violemment au PdCI lors d’un meeting

animé à adjamé. Il s’exaspère que le PdCI qui partage tout

avec le rdr veuille se comporter comme un orphelin. Il

martèle ironiquement : « alors qu’on est assis ensemble, on

mange ensemble, toi-même tu manges plus que moi, tu es

devenu clair, tu es devenu rond, tu brilles, parce que tu

n’as aucune charge. On te donne seulement et tu

manges. tu n’arrives même pas à respirer correctement.

Maintenant tu dis, alors qu’on mange : ‘’lève-toi’’».

Cissé Bacongo ne peut comprendre cette incongruité

de l’alliémangeur : «pourquoi je vais me lever ?

Ça veut dire que tu veux manger seul ?», interroge-

t-il. la vidéo des propos de l’ancien ministre fait le buzz

sur la toile, indigne les militants du PdCI, mais elle est

accueillie avec joie par ceux du rdr.

le ton était déjà donné par alassane Ouattara lors de son

discours traditionnel à la nation à l’occasion de la fête de

l’indépendance. répondant indirectement à Bédié qui

s’était clairement exprimé sur la question de l’alternance depuis

la France en promettant d’imposer une candidature du

PdCI au rHdP avant de se rétracter à sa descente d’avion

à abidjan, alassane Ouattara avait dit que «tout le monde

peut se présenter en 2020».

Mais le propos de Bacongo a ceci de parler directement à

l’allié qui s’attable avec le rdr et feint d’avoir faim quand le

peuple crie famine. des informations persistantes, jamais

démenties, font état d’un deal financier qui aurait existé entre

Bédié et Ouattara afin que le premier acceptât de se sacrifier

en 2010, allant même jusqu’à ‘’renoncer à sa

deuxième place’’ au premier tour de l’élection présidentielle.

Il s’est certes mollement et tardivement plaint de

fraudes en indexant faussement le camp Gbagbo. Mais

ce premier accord aurait plus motivé le second qui a accouché

de l’appel de daoukro.

quand donc Bacongo lève le ton face à ‘’l’ingratitude’’ du

PdCI qui, après avoir mangé avec gourmandise à la table

des convives, sans avoir participé ‘’aux charges’’, il sait

très bien où il met l’index.

Bédié et le PdCI ont des ministres dans le gouvernement

Ouattara, des directeurs centraux et jouissent des privilèges

à tous les paliers de l’etat. et pourtant, en dehors

d’avoir renoncé à ses droits élémentaires de reconquête

du pouvoir et de s’être rangé, dans tous les débats politiques,

du côté du rdr, pour déstabiliser au  mieux le pouvoir

Gbagbo, qu’a fait le PdCI qui mérite que le rdr s’en effraie

? qui paie le coût en termes d’image politique de la

rébellion dont le régime rHdP tire sa fière existence ?

Cissé Bacongo en a vraiment marre. Surtout que «quand à adjamé,

dans les différents sous-quartiers, les gens disent qu’ils

n’ont pas d’eau, ils ont des peurs, des angoisses, au lieu

de nous dire d’abord que tu entends ces cris des jeunes et

des femmes et que tu vas apporter telles solutions, tu dis :

«il faut quitter là, moi je vais m’asseoir» ». tu veux te mettre

là pour faire quoi ?

Cissé Bacongo et le rdr attendentla réponse.