Candidat à la présidentielle 2010, Alassane Ouattara s’était rangé du côté des journalistes pour dénoncer l’incarcération de leurs confrères Stéphane Guédé, Théophile Kouamouo et Saint Claver Oula, arguant que la loi ivoirienne n’autorise pas l’emprisonnement des journalistes. Aujourd’hui président de la République, Ouattara commet cette même erreur tandis que la loi n’a point changé.

 

 

«La loi de la Côte d’Ivoire n’autorise pas d’emprisonner les journalistes depuis 2004. Quand on vote des lois, il faut les appliquer. Nous demandons donc la libération des journalistes emprisonnés», rappelait le candidat Alassane Ouattara, jeudi 22 juillet 2010 à Vavoua à Laurent Gbagbo alors président de la République.  Alassane Ouattara, candidat du RDR à l’époque, animait un meeting au stade de la ville. Les journalistes dont il exigeait la libération sont Stéphane Guédé, Théophile Kouamouo et Saint Claver Oula, respectivement directeur de publication, directeur de la rédaction et rédacteur en chef du quotidien Le Nouveau Courrier d’Abidjan. Ces derniers ont été mis aux arrêts le 13 juillet de la même année et emprisonnés pour «vol de documents administratifs», «diffusion d’information sur un dossier judiciaire non encore évoqué à l’audience publique» et «révélation d’un document couvert par le secret».

 

Pour leur témoigner son soutien, Alassane Ouattara portait un brassard rouge au bras gauche à l’instar des journalistes, cameramen, photographes et autres hommes de presse et médias qui couvraient sa tournée. Mieux, il a demandé au public de se tenir débout pendant une trentaine de secondes pour marquer soutien aux journalistes incarcérés.

 

 

 

Ouattara président aujourd’hui, six journalistes sont arrêtés pour délit de presse, gardés à vue comme des malfrats et visiblement au bord de la prison. Mais le chef de l’Etat reste muré dans un silence tel une carpe. Ce n’est plus à démontrer. Le pouvoir absolu corrompt absolument.